Le défi du réchauffement climatique

La question de l’eau

 

 

Mise à jour 25 septembre 2003  

 

Le  protocole de Kyoto

 

La concentration du gaz carbonique était de 275 parties par million (ppm) avant l’ère industrielle, et est aujourd’hui  de 370. Pour réduire le réchauffement climatique, qui s’ accompagne de phénomènes catastrophiques, le protocole de Kyoto préconise de rester dans une fourchette de concentration du gaz carbonique entre 350 et 450. Cet objectif, selon ces experts, réclamera des efforts « herculéens ». Même une stabilisation à 550 ppm, niveau qui se traduirait par un réchauffement climatique significatif (+ 1,5°C à 4,5°C selon les modèles),  constituerait un défi majeur, et « nous manquons des technologies pour les utiliser ».

 

Au milieu du siècle, il faudra produire de 15 à 30 TW « propres » si l’on veut stabiliser la concentration en CO2 atmosphérique à 550 ou 350 ppm, avancent-ils. Mais pour obtenir 10 TW à partir de la biomasse (les végétaux), il faudrait cultiver 10 % de la surface terrestre, autant que celle occupée par l’agriculture. Ou couvrir  220 000 km 2 de cellules photovoltaïques (piles solaires), contre 3 km2 produits depuis 1982. Ou encore épuiser en 6 à 30 ans les réserves d’uranium. « L’énergie nucléaire la plus prometteuse reste la fusion », assure le groupe d’experts, mais elle n’est pas attendue avant le milieu du siècle.

 

Signé en 1997, le protocole de Kyoto fixe aux pays industrialisés l’objectif de réduire de 5,2 % en 2012 par rapport à 1990 leurs émissions de gaz à effet de serre – dont majoritairement le gaz carbonique, émis par la combustion du pétrole, du gaz et du charbon.  Cet objectif est peu ambitieux : il faudrait les réduire de 50% pour stabiliser la température de l’atmosphère. Les objectifs fixés sont de  -18% pour les Etats-Unis, qui représentent la moitié des émissions des pays de l’OCDE,  -16% pour le Japon, -5 % pour l’Union européenne, -5% pour la France, qui, du fait de son utilisation du nucléaire, émet moins de gaz à effet de serre que les autres pays. L’administration Bush mène une politique assidue pour tenter de détruire le protocole de Kyoto, mais la communauté internationale a confirmé la validité de l’accord en juillet 2001 à Bonn, puis à Marrakech en novembre, et de nouveau à New Delhi (il est vrai sans marquer de progrès) en novembre 2002. L’ Union européenne est un ferme défenseur du protocole de Kyoto, et a obtenu sur ce sujet le soutien du Japon, du Canada, des pays d’Europe de l’Est, et d’une bonne partie des nations « les moins avancées », notamment en Afrique. Les Etats-Unis ont accru de 17% depuis 1990 leurs émissions de gaz carbonique.

 

(informations reprises du Monde daté 3-4  novembre 2002)

 

En avril 2002, les experts estiment que le changement climatique a été sous-estimé, et prédisent une augmentation comprise entre 5,8°C et 6,9 °C vers 2100..

Le Monde diplomatique décembre 2002.

 

Globalement, la France a émis en 2001 moins de gaz à effet de serre qu'en 1990: entre 1990 et 2001, les rejets de l'agriculture ont baissé de 4%, ceux des déchets de 13,9%, ceux de l'industrie de 18,2%, ceux de la production d'énergie de 27,6%. Mais les rejets du bâtiment (habitat et bureaux) ont augmenté de 14%, et ceux des transports de 22%. Or, le bâtiment  et les transports représentent 47 % des émissions nationales. La part des transports dans les émissions totales devrait passer de 22% en 1997 à 40% en 2010.

Une croissance de 2,2% par an induirait, en 2010, une hausse des émissions de gaz à effet de serre de 10%.

Le ministère de l'écologie a donc annoncé trois priorités : le développement des énergies renouvelables, l'amélioration énergétique des bâtiments existants et la maîtrise des émissions du secteur des transports.

Le programme national de lutte contre le changement climatique (PNLCC) a été lancé par Lionel Jospin en janvier 2000, mais celui-ci en a abandonné le volet le plus important : une taxe infligée aux pollueurs en fonction de leurs émissions nocives, afin de les inciter à des économies et à des améliorations techniques. Ce renoncement a été confirmé par l'actuel gouvernement. A la fiscalité, Roselyne Bachelot a indiqué préférer "un plan sur des engagements volontaires", négociés avec les entreprises.

Le Réseau action climat - France (RAC-F) qui regroupe des associations impliquées dans la démarche, estime que "les mesures prises à ce jour ne correspondent toujours qu'à moins de10% des mesures proposées dans le PNLCC".

Le Monde 28 novembre 2002

 

La question de l’eau

 

Lors du sommet de Johannesburg en 2002, les dirigeants du monde se sont engagés à réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre de personnes sans accès à l’eau potable (1,4 milliards aujourd’hui) et aux installations sanitaires correctes (2,4 milliards).

Le troisième Forum mondial de l’eau réuni à Kyoto en mars 2003 n’a malheureusement pas apporté de réponse concrète à la pénurie croissante d’eau. La proposition de Jacques Chirac de créer un observatoire mondial de l’eau, pour surveiller les progrès réalisés vers les objectifs affichés n’a pas été retenue (elle sera réexaminée lors du G8 d’Evian début juin, où l’eau a été placée en tête de l’ordre du jour.

2 millions d’enfants meurent chaque année, faute de pouvoir se laver ou boire de l’eau propre.

Un débat oppose les tenants d’une approche de marché, privilégiant la rentabilité, et ceux qui défendent un droit à l’eau gratuite pour les plus pauvres.

(La Tribune 24/3, Le Monde 26/3)

 

En France :

Le mauvais état des canalisations aggrave le gaspillage de l’eau. Les pertes représenteraient entre 15 et 40 % des quantités acheminées. Le réseau long de quelque  850 000 km, commence à être vétuste et le renouvellement d’une partie de l’infrastructure devient nécessaire. Le coût de la rénovation est estimé entre 1 et 2 milliards d’euros par an.

Roselyne Bachelot annonce un débat public à l’automne. (septembre 2003)