Le
protocole de Kyoto
La
concentration du gaz carbonique était de 275 parties par million (ppm) avant
l’ère industrielle, et est aujourd’hui
de 370. Pour réduire le réchauffement climatique, qui s’ accompagne de
phénomènes catastrophiques, le protocole de Kyoto préconise de rester dans une
fourchette de concentration du gaz carbonique entre 350 et 450. Cet objectif,
selon ces experts, réclamera des efforts « herculéens ». Même une
stabilisation à 550 ppm, niveau qui se traduirait par un réchauffement
climatique significatif (+ 1,5°C à 4,5°C selon les modèles), constituerait un défi majeur, et « nous
manquons des technologies pour les utiliser ».
Au
milieu du siècle, il faudra produire de 15 à 30 TW « propres » si
l’on veut stabiliser la concentration en CO2 atmosphérique à 550 ou 350 ppm,
avancent-ils. Mais pour obtenir 10 TW à partir de la biomasse (les végétaux),
il faudrait cultiver 10 % de la surface terrestre, autant que celle occupée par
l’agriculture. Ou couvrir 220 000 km 2
de cellules photovoltaïques (piles solaires), contre 3 km2 produits depuis 1982. Ou
encore épuiser en 6 à 30 ans les réserves d’uranium. « L’énergie nucléaire
la plus prometteuse reste la fusion », assure le groupe d’experts, mais
elle n’est pas attendue avant le milieu du siècle.
Signé
en 1997, le protocole de Kyoto fixe aux pays industrialisés l’objectif
de réduire de 5,2 % en 2012 par rapport à 1990 leurs émissions de gaz à effet
de serre – dont majoritairement le gaz carbonique, émis par la combustion du
pétrole, du gaz et du charbon. Cet
objectif est peu ambitieux : il faudrait les réduire de 50% pour
stabiliser la température de l’atmosphère. Les objectifs fixés sont de -18% pour les Etats-Unis, qui représentent
la moitié des émissions des pays de l’OCDE,
-16% pour le Japon, -5 % pour l’Union européenne, -5% pour la France,
qui, du fait de son utilisation du nucléaire, émet moins de gaz à effet de
serre que les autres pays. L’administration Bush mène une politique assidue
pour tenter de détruire le protocole de Kyoto, mais la communauté
internationale a confirmé la validité de l’accord en juillet 2001 à Bonn, puis
à Marrakech en novembre, et de nouveau à New Delhi (il est vrai sans marquer de
progrès) en novembre 2002. L’ Union européenne est un ferme défenseur du
protocole de Kyoto, et a obtenu sur ce sujet le soutien du Japon, du Canada,
des pays d’Europe de l’Est, et d’une bonne partie des nations « les moins
avancées », notamment en Afrique. Les Etats-Unis ont accru de 17% depuis
1990 leurs émissions de gaz carbonique.
(informations
reprises du Monde daté 3-4
novembre 2002)
En
avril 2002, les experts estiment que le changement climatique a été
sous-estimé, et prédisent une augmentation comprise entre 5,8°C et 6,9 °C vers
2100..
Le
Monde diplomatique décembre 2002.
Globalement,
la France a émis en 2001 moins de gaz à effet de serre qu'en 1990: entre 1990
et 2001, les rejets de l'agriculture ont baissé de 4%, ceux des déchets de
13,9%, ceux de l'industrie de 18,2%, ceux de la production d'énergie de 27,6%.
Mais les rejets du bâtiment (habitat et bureaux) ont augmenté de 14%, et ceux
des transports de 22%. Or, le bâtiment
et les transports représentent 47 % des émissions nationales. La part
des transports dans les émissions totales devrait passer de 22% en 1997 à 40%
en 2010.
Une
croissance de 2,2% par an induirait, en 2010, une hausse des émissions de gaz à
effet de serre de 10%.
Le
ministère de l'écologie a donc annoncé trois priorités : le développement des
énergies renouvelables, l'amélioration énergétique des bâtiments existants et
la maîtrise des émissions du secteur des transports.
Le
programme national de lutte contre le changement climatique (PNLCC) a été lancé
par Lionel Jospin en janvier 2000, mais celui-ci en a abandonné le volet le
plus important : une taxe infligée aux pollueurs en fonction de leurs émissions
nocives, afin de les inciter à des économies et à des améliorations techniques.
Ce renoncement a été confirmé par l'actuel gouvernement. A la fiscalité,
Roselyne Bachelot a indiqué préférer "un plan sur des engagements
volontaires", négociés avec les entreprises.
Le
Réseau action climat - France (RAC-F) qui regroupe des associations impliquées
dans la démarche, estime que "les mesures prises à ce jour ne
correspondent toujours qu'à moins de10% des mesures proposées dans le
PNLCC".
Le
Monde 28 novembre 2002
Lors du sommet de Johannesburg en 2002, les dirigeants du monde se sont engagés à réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre de personnes sans accès à l’eau potable (1,4 milliards aujourd’hui) et aux installations sanitaires correctes (2,4 milliards).
Le
troisième Forum mondial de l’eau réuni à Kyoto en mars 2003 n’a malheureusement
pas apporté de réponse concrète à la pénurie croissante d’eau. La proposition
de Jacques Chirac de créer un observatoire mondial de l’eau, pour surveiller
les progrès réalisés vers les objectifs affichés n’a pas été retenue (elle sera
réexaminée lors du G8 d’Evian début juin, où l’eau a été placée en tête de
l’ordre du jour.
2
millions d’enfants meurent chaque année, faute de pouvoir se laver ou boire de
l’eau propre.
Un
débat oppose les tenants d’une approche de marché, privilégiant la rentabilité,
et ceux qui défendent un droit à l’eau gratuite pour les plus pauvres.
(La
Tribune 24/3, Le Monde 26/3)
En France :
Le
mauvais état des canalisations aggrave le gaspillage de l’eau. Les pertes
représenteraient entre 15 et 40 % des quantités acheminées. Le réseau long de
quelque 850 000 km, commence à être
vétuste et le renouvellement d’une partie de l’infrastructure devient
nécessaire. Le coût de la rénovation est estimé entre 1 et 2 milliards d’euros
par an.
Roselyne
Bachelot annonce un débat public à l’automne. (septembre 2003)