Le
monde comme il va
(mise
à jour le 25 novembre 2003)
« un mois de guerre en Irak a coûté plus que le
montant annuel de l’aide au développement »
(Bernard Cassen,
Le Monde Diplomatique, mai 3003)
Sommaire :
Avec le processus de mondialisation, les Etats doivent
régler de plus en plus de problèmes en commun. En effet, la mondialisation rend
chaque pays de plus en plus interdépendant des autres aux niveaux économique,
écologique, culturel, politique. Les problèmes à régler ne peuvent l’être par
un seul pays tout seul dans son coin : pollutions, prolifération des
armes, règlement des problèmes commerciaux, réseaux de communication
universels, … Ils sont donc obligés de s’entendre pour trouver des solutions
communes. C’est pourquoi les organisations multilatérales ont un rôle de plus
en plus important à jouer, comme un gouvernement mondial. (ce texte est extrait, comme
d’autres informations de cette rubrique, d’un document distribué au
« forum social local » organisé à Bagneux par ATTAC
Bagneux-Châtillon, le 18 mai 2003).
OMC organisation Mondiale du Commerce. Conférence de Cancun (10-14 septembre 2003)
FMI Fonds Monétaire International
BM Banque Mondiale
G8 Groupe des huit pays les plus industrialisés
Afrique
Chine
Créée en 1944 pour éviter de nouvelles guerres. Système de vote : 1 pays = 1 voix.
Le conseil de Sécurité compte 15 membres dont 5 membres sont permanents (les vainqueurs de la Deuxième guerre Mondiale, Etats-Unis, Royaume –Uni de Grande Bretagne, France, Fédération de Russie- héritière de l’URSS, auxquels a été ajoutée la Chine), et dix membres élus par l’Assemblée générale pour deux ans (Singapour, Syrie, Bulgarie, Cameroun, Colombie, Guinée, Irlande, Ile Maurice, Mexique, Norvège).
Les
décisions sur les questions de fond doivent être prises par une majorité
établie à 9 membres. Chaque membre permanent a un droit de véto.
Les
pays du G8 ont une grande influence, car ils sont les principaux
« financeurs » des organisations onusiennes.
La
désignation de la Libye à la présidence de la Commission des droits de l’homme
révèle un fonctionnement de l’ONU où, de nouveau (comme au temps de la guerre
froide, mais avec une nouvelle division), s’opposent systématiquement deux
blocs : le Sud, et le Nord (la Russie et la Chine s’abstenant ou soutenant
le Sud au gré des votes). (Le Monde, 22/1/2003)
Confrontés en Irak à une
guérilla qui ne faiblit pas, et à une anarchie économique et sociale à laquelle
ils sont incapables de mettre fin, les Etats-Unis aimeraient bien transférer une partie du fardeau financier de
l’occupation à d’autres pays. Et pour cela, ils sont contraints de faire appel
aux Nations Unies, pour laquelle ils n’avaient que mépris lorsqu’ils ont
déclenché la guerre. L’écrasante majorité des Etats reconnaissent l’ONU
–quelles qu’en soient les insuffisances- comme étant la seule source de
légitimité internationale. Ce qu’avait, avec d’autres, défendu la France. Et
que Georges W Bush est désormais contraint d’admettre.(sept 2003)
Les
191 pays qui s’étaient engagés lors du sommet du millénaire des Nations
unies, en septembre 2000, à réduire de moitié la pauvreté mondiale d’ici à 2015
se sont retrouvés à New York, jeudi 30 octobre. Pour la 6ème année
consécutive, les pays en développement ont versé plus d’argent qu’ils n’en ont
reçus. L’an dernier, 200 milliards de dollars de moins. Le monde consacre 800G$
à ses dépenses militaires, et 56 G$ à l’aide au développement. 54 pays sont
plus pauvres qu’en 1990.
Kofi Annan (secrétaire général des Nations Unies) préconise une réforme radicale pour sauver l’ONU. Le Conseil de Sécurité ne reflète plus les réalités géopolitiques du XXIème siècle, il doit être rendu plus représentatif pour que ses décisions apparaissent légitimes. L’Assemblée Générale doit se moderniser (sept 2003).
La règle de fonctionnement de l’ONU, c’est un Etat =
une voix, quelle que soit la taille de l’Etat.
Ainsi, c’est parce que l’archipel de Palaos (Océanie) (combien
d’habitants ?) a été le 50ème
Etat à signer le protocole de
Carthagène sur la biodiversité que celui-ci peut entrer en vigueur. Désormais
un Etat pourra s’opposer à l’importation de certaines espèces sur son
territoire s’il estime qu’il y a un risque pour ses propres espèces. Par exemple les OGM (information reprise de
la revue « silence » de septembre 2003.)
La 58 ème assemblée générale des Nations Unies
qui s’ouvre mardi 23 septembre à New-York devrait permettre aux principaux pays
de formuler leurs propositions sur la nécessaire réforme de l’ONU.
« Les
Etats ne seront bientôt plus les structures adaptées pour résoudre les problèmes
à l’échelle globale, écrivait Boutros Boutros –Ghali, ancien secrétaire général
de l’ONU. Il faudra associer les mégalopoles, les ONG, les
multinationales.(sept 2003)
Pour
réaliser ses objectifs, l’ONU réunit de nombreuses institutions spécialisées
comme :
l’UNESCO :
Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science, et culture ;
la
FAO : Organisation pour l’alimentation et l’agriculture ;
l’OMS :
Organisation Mondiale de la Santé ;
le
HCR : Haut-Commissariat pour les réfugiés ;
l’UNICEF :
Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance ;
l’OIT :
Organisation internationale du Travail.
L’ OMC
et le FMI : voir ci-dessous
OMC organisation Mondiale du Commerce (texte mis à jour le 25 septembre 2003)
L’OMC (qui a succédé au GATT en 1994) décide des règles commerciales internationales et a pour vocation de rendre le commerce entre les pays de plus en plus facile. Elle s’inscrit dans une vision néo-libérale, c’est-à-dire qu’elle œuvre pour le libre-échangisme. Elle a un « tribunal international », chargé de régler les conflits entre pays quand certains jugent que d’autres ne respectent pas les règles approuvées.
Système de vote : 1 pays = 1 voix.
L’OMC
est inspirée par l’idée que moins il y a d’obstacle dans le commerce entre
pays, plus la richesse peut croître. Les règles issues des négociations visent
donc à baisser les droits de douane et les autres obstacles comme des règles
culturelles, sanitaires ou environnementales. Mais l’histoire du développement
des pays développés montre que ce développement a pu se construire au XIXème
siècle grâce à des protections douanières. Et les « obstacles »
culturels, sanitaires ou environnementaux sont autant de protections pour les
pays concernés.
Les
pays du G7 ont une grande influence par leur puissance économique et parce
qu’ils peuvent payer assez d’experts pour étudier les textes souvent très
complexes. Les pays pauvres ont souvent du mal à faire entendre leur voix.
Ainsi, des sujets comme l’accès aux médicaments ou les échanges agricoles ne
sont pas traités dans l’intérêt des plus pauvres.
…Mais
les choses sont peut-être en train de changer … :
La conférence ministérielle tenue à Cancun (Mexique)
du 10 au 14 septembre ne
correspondait à aucune date butoir particulière : elle était simplement
statutaire. Mais cette échéance hautement dramatisée suscitait toutes sortes de
supputations.
Au cours de cette réunion, on aura assisté à une
alliance, contre les Etats-Unis et l’Union Européenne, d’une coalition de 21 pays
en développement (conduit par les nouvelles puissances émergentes, Inde, Brésil
et Chine, qui rassemblent plus de 40% de la population mondiale) et d’un front
solidaire formé de 90 pays pauvres à dominante africaine.
Présentant un ouvrage sur l’OMC (« derrière les
portes de l’OMC », Zed Books), les délégués de 4 petits pays (Ouganda, Tanzanie, Kenya, République Dominicaine)
à l’OMC avaient dénoncé « les pressions, les menaces et les chantages politiques,
économiques, voire physiques, qui sont le lot quotidien de certains
ambassadeurs de petits pays à l’OMC ». Un groupe de onze pays africains
avait pris officiellement position pour rappeler « l’importance cruciale
de créer un processus de décisions transparent, démocratique, et qui prenne en
compte l’avis de tous ».
Quatre dossiers auront fait capoter la
conférence : les sujets dits de « Singapour » (investissement,
concurrence, transparence sur les marchés publics et facilitation des
échanges) ;l’agriculture ; l’accès aux marchés pour les produits non agricoles ;
le coton.
Sur le premier sujet, « le fossé
d’incompréhension entre les pays en développement et les pays industrialisés
était énorme » (Rafidah Aziz, ministre malaisienne du commerce
international). « A quoi bon continuer des rounds de négociation si nos
préoccupations de survie- je ne dis même pas de développement- ne sont pas
prises en compte » (Aïchatou Agne Pouye, ministre sénégalaise des PME et
du commerce).
Au sujet de l’agriculture, Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal écrit : «les pays riches dépensent plus de 1
milliard de dollars par jour au titre des divers soutiens qu’ils accordent à
leur secteur agricole. La malnutrition s’est aggravée dans un certain nombre de
pays. Les subventions indécentes aux productions des agricultures dites les
plus compétitives ruinent la majorité des paysans de ce que l’on nomme le
tiers-monde. Nous souhaitons que désormais, l’Afrique et d’autres régions du
monde ne soient plus les victimes consentantes de politiques économiques
inadaptées à leur situation, mais participent de façon exemplaire à une
modification radicale de la pensée économique agricole et des politiques qui en
découlent ». Dominique Plihon, président du conseil scientifique d’ATTAC,
souligne que « la subvention européenne par vache correspond au niveau de
pauvreté de 2 dollars par jour, qui permet tout juste à des milliards
d’individus du Sud de survivre ».
Concernant l’accès aux marchés pour les produits non
agricoles, les pays en développement ont jugé que les pays industrialisés leur
demandaient de trop gros efforts.
Alors que les cours du coton , sur lesquels reposent
les économies d’une dizaine de pays africains, sont en chute libre, et que les
Etats-Unis accordent chaque année 4
milliards de subvention à leurs producteurs, le dossier du coton est vite
devenu emblématique du double discours tenu par les pays industrialisés, le
projet d’accord n’offrant rien de concret sur ce sujet vital pour les pays
parmi les plus pauvres du monde.
La nouvelle de l’échec de la conférence a été saluée
par les cris de joie et les applaudissements des ONG (organisations non
gouvernementales) et des délégués du Sud.
Pourtant, la réunion de Cancun avait été précédée
par un geste des pays riches au sujet des médicaments génériques.
Les pays les plus pauvres pourront importer des
médicaments produits sous une forme générique, lorsque la situation sanitaire
l’exige. L’accord est salué par l’OMS. Pour Bernard Kouchner, le mérite de cet
accord revient à MSF ainsi qu’à la commission européenne et au commissaire
Pascal Lamy.
Plusieurs ONG, dont Oxfam et Médecins Sans
Frontières ont cependant émis des sérieuses réserves portant sur la complexité
des procédures administratives à mettre en œuvre par les pays concernés, ce qui
limiterait beaucoup la disponibilité réelle des médicaments
« dégriffés ».
La législation précédente autorisait les pays dotés
d’une industrie pharmaceutique nationale à abandonner les droits des brevets
aux producteurs de génériques en cas de situation d’urgence, mais elle ne
traitait pas la question des pays qui ne sont pas en mesure de produire des
médicaments.
Les procédures définies dans ce nouvel accord visent
à empêcher que les médicaments à destination des pays pauvres ne se retrouvent
in fine sur les marchés des pays industrialisés.
Cancun : commentaires
(sept 2003)
Le
monde 16/6 éditorial : « dans cet échec, on peut trouver une raison
de se réjouir : la capacité grandissante des pays de Sud à s’organiser
pour faire valoir leurs intérêts. Leur émergence résolue jusqu’à faire échouer
l’accord démontre, paradoxalement , que l’OMC, loin d’être unilatéralement
au service du Nord et du libéralisme, peut se révéler un lieu de réelle
négociation pour la régulation du commerce mondial. » … Mais
« l’équipe Bush, qui a négligé Cancun, privilégie des alliances
bilatérales avec ses voisins. Personne n’aurait à y gagner, à commencer par les
pays du Sud ».
Christian Chavagneux
(Alternatives économiques) : « les Etats ne sont pas seuls à faire de
la politique commerciale. Le commerce international qui passe à l’intérieur des
réseaux des firmes multinationales représentait 48 % des importations et 32 %
des exportations américaines en 2002. Les prix de ces échanges sont fixés pour
faire apparaître les bénéfices là où les impôts sont les plus faibles. »
« Comprendre
qui régule politiquement le commerce mondial demande de dépasser le petit rôle
de l’OMC. Pour s’intéresser à tous les autres acteurs qui en écrivent les
règles. Et pour trouver les moyens d’encadrer la finance mondiale, dont les
évolutions sont déterminantes pour celles du commerce. »
Daniel Cohn-bendit et Alain Lipietz :
« Cancun a échoué ! L’OMC a déraillé ! La joie des syndicalistes
paysans et des grandes organisations altermondialistes ou écologistes n’avait
d’égale que la satisfaction des pays du tiers-monde, encore émoustillés de leur
propre audace. En face répondait la colère moralisatrice de l’Europe et de
l’Amérique du Nord, dont l’égoïsme n’avait même pas daigné sauver les paysans
du Sahel ruinés par leurs exportations cotonnières ultrasubventionnées, et qui
entendaient imposer l’ouverture des marchés du Sud aux investissements selon
leurs propres règles. »
FMI et BM ont été mis en place en 1947, par la Conférence de Bretton Woods.
Le FMI a été créé pour stabiliser le système monétaire international. Il a une grande influence sur les politiques économiques de tous les pays.
Système de vote: 1 dollar = 1 voix.
Les pays du G7 détiennent 43% des droits de vote. A eux seuls, les Etats-Unis détiennent 17,5% des droits de vote. Pour modifier la charte, il faut 85% des voix
Le
Français François Bourguignon va devenir « chief economist » de la
Banque Mondiale, et le professeur Rajan celui du FMI (fort contraste avec ses
prédécesseurs)
Pied
de nez au FMI ? Argentine : Le ministre des finances a annoncé un
plan de restructuration qui équivaut à une réduction de 75 % des 94,3 milliards
de dette du pays. Seules sont éligibles les dettes souveraines émises avant le
31/12/2001.
La Banque Mondiale a été créée pour aider les pays à se reconstruire. Actuellement, elle s’occupe surtout des pays pauvres (pays en développement) pour leur permettre d’accéder à des prêts et à des programmes de développement (santé, éducation, réseau électrique et téléphonique, …).
Le système de vote est fonction de l’apport financier de chaque membre : 1 dollar = 1 voix.
Les pays du G7 détiennent 43% des droits de vote. Ils ont donc le pouvoir de décider de ce qui s’y passe car les décisions sont prises à une super-majorité de 85 % des votes. Les Etats-Unis, avec 17 ,5 % des droits de vote, détiennent à eux seuls un droit de véto.
G8. (repris
d’un article de Gustave Massiah, Le Monde diplomatique, mai 2003).
En
1975, en réponse au choc pétrolier, Valéry Giscard d’ Estaing, alors
Président de la République française, prend l’initiative d’inviter les chefs
d’Etat ou de gouvernement des Etats-Unis, du Royaume –Uni de Grande Bretagne,
de l’Allemagne, et du Japon. En 1976,
ces pays sont rejoints par l’Italie, puis leCanada.Le Président de la
Commission Européenne est un invité permanent. En 2000, les pays du G7
représentent 12 % de la population, 45 % de la production et 60% des dépenses
militaires mondiales.
En
1997, l’arrivée de la Russie, sans supprimer le G7, inaugure le G8.
Au fil du temps, les pays les plus puissants de la planète se sont ainsi arrogé le droit de gouverner le monde.
Dès
1980, au sommet de Venise, la lutte contre l’inflation devient la priorité, la
référence à l’emploi devient platonique, la crise de la dette du tiers-monde
est ouverte. La phase néo-libérale de la mondialisation est commencée :
stabilisation (des prix), libéralisation (de l’économie), privatisation.
Le
dogme est formalisé en 1990 par l’économiste John Williamson, sous
l’appellation du « consensus de Washington ». Il repose sur sept
principes : discipline fiscale (équilibre budgétaire et baisse des
prélèvements fiscaux) ; libéralisation financière (taux fixés par les eul marché des
capitaux) ; libéralisation commerciale (suppression des protections
douanières) ; ouverture totale des économies à l’investissement
direct ; privatisation de l’ensemble des entreprises ; dérégulation
(élimination de tous les obstacles à la concurrence) ; protection totale
des droits de propriété intellectuelle des multinationales.
Pour
imposer ces politiques, le G8 s’appuie sur les institutions financières
internationales, FMI et Banque Mondiale, dans lesquelles il dispose de la
majorité du capital. Il construit avec constance le cadre institutionnel de
la mondialisation néolibérale, dont l’élément déterminant est l’Organisation
mondiale du commerce (OMC).
La
réunion du G8 à Gènes, en 2001, voit s’affirmer les caractéristiques du
mouvement de contestation : une capacité de contre-expertise qui permet de
remettre en cause le credo néolibéral ; l’apparition, dans la jeunesse,
d’une nouvelle génération militante ; la sympathie d’une opinion publique
inquiète de l’impact négatif de la mondialisation libérale sur le plan social,
environnemental et démocratique.
G8 à Gènes : la police lourdement mise en
cause. Le rapport officiel sur les violences lors du sommet, en 2001, a été
publié.
Pendant
deux jours, la ville fut le théâtre de heurts violents entre la police et les
manifestants. L’un d’entre eux, Carlo Giuliani, fut tué d’une balle tirée par
un carabinier.
Descente
policière dans la nuit du 21 au 22 juillet, à l’école Diaz, où étaient logés 93
jeunes manifestants. 61 d’entre eux furent blessés, tous furent arrêtés. La
version officielle de la police parlait d’un agent blessé par un coup de
poignard et de la découverte de deux cocktails Molotov. Faux, selon le parquet.
Dans les deux cas , les preuves furent fabriquées pour justifier, a
posteriori, l’irruption dans l’école.
Episodes
violents dans la caserne Bolzaneto, où étaient concentrés les jeunes arrêtés
dans les rues. 500 d’entre eux y passèrent pour une vérification d’identité ,
avant d’être relaxés ou conduits en prison. Tous ont affirmé avoir été
battus ou subi une agression verbale.
Dans le rapport du parquet, on trouve des allusions à la diffusion de gaz
urticants dans les cellules. Il évoque aussi le cas de jeunes laissés sans
nourriture et sans boisson pendant plus de 15 heures, de jeunes filles obligées
de rester nues devant des policiers masculins et des traitements définis par
les magistrats comme dégradants , en « violation du code et des droits de
l’homme ». (sept 2003)
De Seattle
à Porto Alegre en 2001 et 2002, le mouvement de contestation marque le début du
passage de l’antimondialisation à l’altermondialisation. La convergence avec le
mouvement antiguerre se manifeste d’ abord à Florence, en 2002, au Forum social
européen, à Porto Alegre, en janvier 2003, et avec les dix millions de
manifestants dans le monde entier contre la guerre, le 15 février 2003.
La
guerre anglo-américaine en Irak ouvre une nouvelle période. Dans cette
situation, les Nations-Unies ont démontré leur intérêt. Elles n’ont pas été,
durant la crise irakienne, la chambre d’enregistrement que certains
souhaitaient et que d’autres craignaient. Elles se trouvent toutefois à la
croisée des chemins. Sans réforme radicale, il leur sera très difficile de
résister à l’hégémonie et d’esquisser la démocratie mondiale qui pourrait
donner un nouveau sens à la mondialisation.
On a cru que la mondialisation élèverait tous les pays en même temps. Mais, en 50 ans, l’écart de revenu entre pays riches et pays pauvres est passé de 1 à 5 à 1 à 50. (Michel Aglietta, Enjeux les échos, 7/5/2003)
(voir aussi ci-dessus, à propos de Cancun)
Dans de nombreux pays en voie de développement, l’agriculture représente plus de la moitié des emplois et une grande partie du PIB. Les aides octroyées aux producteurs agricoles européens se sont élevées à 104 milliards d’euros en 2001. Ces subventions encouragent la surproduction, qui à son tour réduit les prix du marché mondial et entraîne dans la pauvreté les agriculteurs non subventionnés du monde en voie de développement. L’Union européenne dépense presque autant pour la Politique Agricole Commune que pour ses importations de denrées alimentaires en provenance des pays en voie de développement. La PAC ajoute environ 600 euros au budget alimentaire annuel d’un ménage européen moyen. (Marc Vaile, ministre australien du commerce, Le Monde, 29/11/2002
Jacques Chirac va proposer au G8 à Evian de geler les subventions agricoles des pays riches à l’export vers les pays en développement (Enjeux les échos, 7/5/2003)
« Persistez dans l’indifférence, et vous prendrez le chaos africain en pleine figure », prévient Jean-Paul Ngoupandé, ex-premier ministre de Centrafrique (Le Monde , 10 décembre 2002)
« Sur
les 22 terroristes les plus recherchés par les Américains après les événements
de septembre 2001, 12 étaient Africains, dont trois subsahariens. »
« La
déliquescence des Etats, la corruption qui gangrène les services de sécurité,
la criminalisation rampante des économies, de plus en plus prises en main par
des systèmes mafieux, assurent des facilités certaines pour favoriser des
actions terroristes : circuits de financements par le blanchiment d’argent
sale, trafic d’armes, utilisation de sauf-conduits diplomatiques, etc… »
« Sur
les 800 millions d’Africains, la moitié au moins est musulmane, majoritairement
au Nord de l’Equateur. Jusqu’à une époque récente, l’islam africain était
modéré, bon enfant, et s’adaptait facilement aux coutumes locales. Aujourd’hui,
sous le triple effet de l’activisme et du prosélytisme des réseaux intégristes,
des frustrations créées par la mondialisation, et, enfin, des
instrumentalisations politiciennes comme au Nigeria, l’intégrisme progresse à
grands pas. »
« Oussama
Ben Laden a été fêté comme un héros dans les quartiers populaires des
métropoles africaines. »
« On
attend de la France qu’elle n’assiste pas passivement à l’implosion de la Côte
d’Ivoire. »
« L’Europe
si proche ne peut continuer d’assister passivement à la multiplication des
massacres interethniques en Afrique, au nom du respect d’une souveraineté mal
assurée par des dirigeants et une classe politique irresponsables . »
Loin
de l’ « Afrique cauchemar », le continent noir tente de s’organiser
contre l’ordre libéral : 43 pays étaient représentés au Forum social
africain d’Addis-Abeba, début janvier 2003. « Le FSA doit permettre à la
société civile de s’organiser en contre-pouvoir afin de peser sur les lieux où
s’élaborent les règles imposées à l’Afrique », explique Taouffik Ben
Abdallah, de l’association Enda, basée à Dakar. La difficulté réside dans le
fait que l’oppression naguère exercée par les colonisateurs est désormais
relayée par les élites africaines elles-mêmes. Beaucoup de cadres africains participent
de la domination économique du continent africain en suivant docilement les
prescriptions des bailleurs de fonds internationaux : ainsi, les
présidents du Sénégal, de l’Afrique du Sud, d’Algérie, du Nigeria, sont-ils
devenus les VRP du nouveau Partenariat économique pour l’Afrique (Nepad), plan
qui vise à « accroître les investissements privés étrangers »,
euphémisme pour dire que le pillage des innombrables richesses de l’Afrique
continuera tandis que les populations s’enfonceront dans la misère.
Même bien intentionnée et utile, l’aide devient perverse quand elle aboutit à priver les peuples de leur propre parole, les enferme dans des grilles de lecture et l ;es inféode à des outils pensés ailleurs. Après l’indépendance, les plus récalcitrants des leaders africains furent physiquement éliminés (Patrice Lumumba, Thomas Sankara…) avec la complicité active des puissances étrangères et de politiciens vénaux, tel le maréchal Joseph Mobutu.
« L’Afrique possède un savoir-faire inégalé en matière de relations de solidarité », rappelle l’Algérienne Rabaa. Par ses antiques traditions d’entraide et de rapport équilibré à la nature, elle pourrait apporter uine contribution essentielle à un « monde mondialisé » qui a placé l’argent au sommet de son échelle de valeur.
(repris
du Monde Diplomatique de février 2003)
Chine : forte croissance, mais absence de démocratie
1,3 milliards d’habitants. Le nombre des Chinois très pauvres, vivant avec moins de 0,66 dollars par jour, est tombé de 260 millions en 1978, au début des réformes, à 42 millions aujourd’hui.
La
Chine n’a pas simplement profité de ses très bas salaires, et de la
quasi-absence de législation sociale (un comble pour un pays qui n’a pas
officiellement renié son idéologie maoïste),
pour attirer les multinationales de l’électronique et du textile, et
exporter des produits bas de gamme (en concurrençant dangereusement les pays
émergents, comme le Mexique, qui ne peuvent lutter contre moins cher qu’eux, et
qui ne disposent pas, loin s’en faut,
d’un marché intérieur de taille équivalente) . Elle mise d’abord sur le
développement progressif de son marché
intérieur où elle maintient des prix bas pour rendre les produits
accessibles aux masses. Elle investit dans la formation supérieure et crée (en
particulier à Shenzen, où se sont implantés IBM, compaq, Sanyo, Olympus, …) des
technologies dignes de la Silicon Valley qui permettent à son industrie de
monter en gamme pas à pas. De ses universités sont sortis 465 000 ingénieurs
l’an dernier, un score proche de celui des Etats-Unis. La Chine fabrique 50%
des appareils photo, 30% des téléviseurs, 25 % des machines à laver et presque
autant de réfrigérateurs. En 2004, elle deviendra le second fabricant mondial
de semi-conducteurs. Elle lancera un vol spatial habité l’an prochain…
Et
dans le même temps, c’est aussi le pays où, contraints de vendre leur sang pour
payer leurs impôts, des centaines de milliers de pauvres ont contracté le SIDA,
car les précautions élémentaires n’étaient pas prises pour les prélèvements… On
estime à plus d’un million le nombre de personnes contaminées. Il s’agit d’un
secret d’Etat, les Chinois qui dénoncent cet état de fait sont persécutés.
(sources :
Le Monde 17-18 novembre 2002 ; 8 avril 2003 ; Envoyé spécial sur
France 2, 14 novembre 2002)
« L’économie
de la Chine dépassera celle de l’Union Européenne entre 2010 et 2020 »,
pronostique Gail Foster, économiste en chef du très sérieux Conference Board
américain, au cours du Forum économique mondial de Davos (25 janvier 2003). La
Chine connaît un taux de croissance de 8% par an. Sa production d’acier dépasse
celle des Etats-Unis et du Japon réunies.
La
Chine est devenue le 4ème exportateur mondial devant la France et le
Royaume-Uni.
Le
salaire moyen des ouvriers dans le textile est en Chine de 40 centimes d’euro à
l’heure, soit trois fois moins que celui des Mexicains.
Par comparaison : le coût moyen d’une heure travaillée dans l’industrie et les services de l’ Union européenne est de 22,7euros à l’heure (Portugal : 8, 13 ; Pologne : 4,48 : Hongrie : 3, 83 ; Lettonie : 2,42) (Enjeux les échos, 7/5/2003)
La Chine est devenue deuxième destination mondiale
d’investissements étrangers (53 milliards de dollars en 2002), derrière… le
Luxembourg ( 126 milliard de dollars, excusez du peu !), et devant la
France, l’Allemagne et les Etats-Unis (respectivement 52, 38 et 30
milliards de dollars).(septembre 203)