Energie
Mise à jour le 1er octobre 2003
Dans le domaine de l’énergie, les problèmes les plus inquiétants sont l’épuisement des ressources naturelles, et les changements climatiques (effet de serre).
Sommaire :
Quelle énergie consommons-nous et pourquoi faire ?
Quelles sont les ressources disponibles ?
Vers un développement durable ?
Comment maîtriser nos dépenses d’énergie ?
On lira aussi de nombreuses informations sur l’énergie, le développement durable, dans les différents numéros d e »citoyen du monde à Montrouge » (voir Sommaire, dans la page d’accueil).
Sources :
[1]
publicité sur quatre pages du Monde du 18 décembre 2002, publicité de
« alternatives », « le magazine qui parle autrement de
l’énergie ». En petits caractères, on lit qu’il est publié pour AREVA,
mais on ne lit nulle part qu’AREVA est une holding rassemblant les
grandes entreprises du secteur nucléaire en France. Ce document est
riche en informations, mais pourquoi se cacher ? Cet exemple illustre le
déséquilibre entre les associations militantes de citoyens, qui disposent de
très peu de moyens, et les puissantes industries, qui dépensent des fortunes
pour façonner l’opinion à leur convenance, et pour exercer une pression sur les
décideurs politiques.
[2]
« l’économie hydrogène » « après la fin du pétrole, la nouvelle
révolution économique » (Jeremy Rifkin , Editions La Découverte, octobre
2002, 334 pages, 21,50 euros) est un ouvrage très documenté, où Jeremy Rifkin, après avoir démontré que
l’ère des combustibles fossiles tire à sa fin, plaide pour une économie
décentralisée, où les piles à combustible permettront à chaque être humain de
produire sa propre électricité.
Jeremy
Rifkin est président de la Foundation on Economic Trend à Washington, et auteur
notamment de l’ouvrage de référence La fin du travail.
Curieusement,
cet ouvrage ne parle pas du tout de l’énergie nucléaire.
[3]
Brochure « débat national sur les énergies », publiée en début 2003
par le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
[4] Tous gagnants, la dynamique du développement durable,
Dominique Bidou, Ibis Press, 165 pages, 14 euros. Livre foisonnant d’idées,
d’expériences pratiques, d’actions possibles.
C’est
en 1972 que le Club de Rome a tiré la sonnette d’alarme sur le fait que les
ressources de la Terre en carburants fossiles étaient limitées, et qu’on les
aurait bientôt épuisées. Le Club de Rome recommandait donc la « croissance
zéro ».
On
s’est bien gaussé de ces prévisions alarmistes : ne découvrait-on pas
chaque année de nouveaux gisements ? Et, d’ici l’épuisement des réserves,
n’ avait-on pas largement le temps de trouver des solutions pour remplacer le
pétrole ?
Et
maintenant, la menace est bien réelle, mais l’opinion n’y croit pas. On fonce
vers un mur à 100 kilomètres à l’heure, les cris d’alarme des citoyens les plus
vigilants n’ont réussi jusqu’à présent qu’à réduire la vitesse à 98 km/h…
Quelle
énergie consommons-nous et pourquoi faire ?
La
France a consommé 269 Mtep d’énergie primaire en 2001 [3]
Mtep :
million de tonnes-équivalent-pétrole
1 tep= 11
630 kWh (kilowattheure : énergie
nécessaire pour faire fonctionner un appareil d’une puissance de 1000
watt pendant une heure)
Electricité
primaire 41
%
Pétrole 36
%
Gaz
naturel 14
%
Charbon 4,5%
Energies
renouvelables thermiques 4,5 %
Et
l’électricité provient de :
Nucléaire 75,8%
Hydraulique
13,9%
Charbon
6,2%
Pétrole
2,0%
Gaz
1,4%
Solaire,
éolien
0,7%
La
consommation d’énergie dans le monde est très inégalement répartie [3]
Aux Etats-Unis, on consomme en moyenne consomme 8,1 tep par habitant et par an, en France, 4,3 tep, en Chine, 0,9 tep, en Afrique, 0,6 tep. La consommation moyenne mondiale est de 1,7 tep par habitant et par an.
Selon BP statistical review, citée par [1], la consommation d’énergie primaire en 2000 (10 593 Mtep, millions de tonnes équivalent pétrole) est ventilée de la façon suivante :
Energies fossiles : 74,2 % (pétrole 33,1 %, charbon 20,6 %, gaz 20,5 %)
Nucléaire : 6,3 %
Energies renouvelables : 19,5 % (biomasse(bois) 11,3 % ; hydraulique 6,5 %, solaire + éolienne 1,7 %)
Une partie de cette énergie est consommée sous forme d’électricité. Celle-ci est produite pour 65% à partir des énergies fossiles, pour 19 %à partir de l’énergie hydraulique, et pour 16 % à partir d’énergie nucléaire.
Dans la revue Science du 1er novembre 2002, un groupe de scientifiques américains analyse les besoins en énergie pour le siècle à venir. Actuellement l’énergie disponible pour les Terriens est d’environ 12 térawatt (un terawatt = 1012 Watt) de puissance installée, dont 85 % proviennent des énergies fossiles.
Entre 1965 et 2000, la consommation de pétrole dans le monde a été multipliée par 1,8 , et celle de gaz par 3,5. Selon les projections actuelles de l’ONU, de 6 milliards d’individus aujourd’hui, la population de la Terre devrait passer à 9 milliards en 2050, pour se stabiliser finalement entre 10 et 12 milliards. De ce fait, selon les prévisions les plus modestes, la consommation d’énergie devrait doubler d’ici 2040, tripler d’ici 2070 et quadrupler d’ici 2100.
La Chine s’industrialise rapidement. Si chaque Chinois consommait autant de pétrole qu’un Américain, les besoins de la seule Chine dépasseraient largement la production mondiale totale. Les Etats-Unis, qui ne représentent que 5% de la population mondiale, consomment à eux seuls 26 % de la production mondiale de pétrole et ne font rien pour réduire leur consommation, bien au contraire.
La consommation ne cesse d’augmenter, et ce mouvement n’est pas prêt de s’inverser. Les prévisions sur les années de consommation de pétrole qui nous restent sont donc très exagérément optimistes.
42 % de la consommation énergétique finale en France est utilisée dans les habitations et les bureaux pour le chauffage, l’éclairage, l’eau chaude sanitaire, l’alimentation des appareils électriques.
Energie consommée pour :
- me loger 29%
- travailler 16%
- me déplacer 15%
- produire les biens et services que j’achète 40 %
La consommation directe d’énergie des ménages représente environ 8% de leur budget. 50 % des émissions de gaz carbonique.
Les transports de personnes et de marchandises contribuent le plus à l’accroissement de nos consommations : depuis 30 ans , la consommation d ‘énergie de transport par habitant a augmenté de plus de 50 % (plus de kilomètres parcourus, véhicules plus puissants, transport de marchandises par camions, transports aériens). Au rythme actuel, cette consommation pourrait encore croître de 10 à 20 % d’ici 2010. Le transport est de plus en plus dépendant du seul pétrole alors que d’autres sont disponibles : électricité (train, métro), biocarburants, gaz naturel.
Quelles
sont les ressources disponibles ?
Dans l’état actuel des réserves connues, et au rythme actuel de la consommation, il reste pour 40 ans de pétrole, 56 ans de gaz naturel, et 197 ans de charbon. [1]. Selon [3], les réserves prouvées de pétrole sont d’environ 50 ans, sur la base de la consommation mondiale en 2002.
Pour le pétrole, ces réserves sont restées de l’ordre de quarante ans depuis le milieu du siècle dernier, la découverte de nouveaux gisements ayant compensé ce qu’on a consommé. Mais la tendance s’est inversée depuis 1980, laissant présager une baisse de la production à partir de 2010 [1], sauf à exploiter des schistes bitumineux, des sables asphaltiques, (l’exploitation de ces gisements étant très coûteuse et polluante).
Cette date de 2010 pour la décroissance de la production de pétrole est également avancée par certains géologues réputés cités par Jeremy Rifkin, dans son ouvrage « l’économie hydrogène ». [2]
Thierry Desmarets, président de Total, en 1999, déclarait que « si l’on tient compte des pétroles non conventionnels, on peut considérer que la planète dispose de près d’un demi-siècle de réserves » (cité dans « Future ou no future ? »).
Mais il y a des variations très importantes selon les auteurs, sur l’échéance de la fin du pétrole. Pourtant, on ne comprend pas pourquoi on ne trouve pas de consensus sur la quantité des réserves et sur la consommation…(merci, internautes lecteurs, d’aider à dissiper cet incompréhensible et intolérable flou).
Sciences et Vie de février 2003 ne se mouille pas : dans son éditorial, on lit : « ce sera en 2020, en 2050 ou en 2080.. tôt ou tard le pétrole viendra à manquer ». Il cite ensuite le Conseil mondial de l’énergie, qui, après pourtant avoir prédit que la consommation d’énergie aura progressé d’un facteur 2, voire 3 en 2050, indique qu’ « à ce rythme, dans cinquante ans, la moitié des 420 GT de brut actuellement recensés par l’IFP seront consommées » (mais la moitié seulement…)
Les géologues
s’accordent sur le fait que plus de 875 milliards de barils ( Gb) ont jusqu’ici
été extraites du sous-sol, presque exclusivement au cours des 140 dernières
années. Les réserves globales récupérables (ce qui a été consommé + les
réserves découvertes + les réserves non découvertes) seraient de 3003 Gb,
d’après US Geological Survey. Selon certaines sources plus récentes, elles
seraient seulement de 2000 Gb. Au
milieu des années 1980, les réserves mondiales prouvées de brut étaient
estimées comprises entre 650 et 700 Gb. Dans les années 1990, les estimations
ont été revues à la hausse, sans qu’aucun champ pétrolifère important n’ait
été découvert entre temps : les pays producteurs ont intérêt à
surestimer leurs réserves (afin par exemple d’obtenir des crédits des
institutions financières internationales).
La demande mondiale de brut est aujourd’hui d’environ 24 Gb par an (selon le conseil mondial de l’énergie cité par Science et vie, elle s’élève à 3,5 GT/an. La diversité des unités ne facilite pas les comparaisons) . A consommation constante, on aura donc dans 10 ans brûlé plus de la moitié des ressources totales (si celles-ci sont de 2000 Gb), ce qui est cohérent avec l’hypothèse du début de la décroissance de la production à ce moment là.
L’ensemble des champs découverts chaque année ne représente pas plus de 12 Gb.
Les Etats-Unis (Alaska et Hawaii exceptés) ont déjà produit 169 Gb sur leurs réserves totales de 195 Gb, ce qui leur laisse seulement des réserves découvertes de 20 Gb et des réserves non découvertes de 6 Gb.
La Russie a produit 121 Gb sur des ressources totales de 200 Gb, ce qui lui laisse des réserves de 66+13 Gb.
(Selon [1], les réserves de la Russie sont de 50 Gb seulement, alors qu’elle pousse à fond sa production, devenant premier producteur mondial à près de3 Gb par an. Dans 16 ans, à ce rythme, les ressources seront épuisées…).
Les principales réserves (et bientôt l’essentiel des ressources restantes) se trouve au Proche Orient. (Tiens ! quelle coïncidence !)
Les réserves totales de l’Arabie Saoudite s ‘élèvent à 300 Gb, dont 91 ont été consommées, ce qui laisse 194 Gb de ressources prouvées et 14 Gb de réserves non découvertes.
Au début du XX ème siècle, le pétrole représentait moins de 4% de la consommation énergétique mondiale. Aujourd’hui, les combustibles fossiles couvrent plus de 85 % des besoins énergétiques mondiaux (le pétrole 40%, le charbon 22%, le gaz naturel 23%).
Le pétrole a pris une part considérable dans notre vie.
A eux seuls, les véhicules à moteur représentent un tiers de la consommation totale de pétrole.
L’énergie consommée par les transports en France équivaut à l’énergie produite par l’ensemble du parc nucléaire national (Sciences et Vie février 2003)
Trois des sept plus grandes sociétés mondiales cotées en Bourse sont des entreprises pétrolières.
Il n’est pas exagéré de dire que sans les combustibles fossiles, la civilisation industrielle cesserait immédiatement d’exister.
Le XXème siècle aura donc été marqué par la consommation effrénée de ressources non renouvelables, au détriment des générations futures.
Le centre du pétrole lourd et des sables bitumeux, qui dépend de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, estime que les réserves mondiales d’huile lourde récupérables équivalent à peu près au tiers des réserves mondiales de pétrole et de gaz. Actuellement, cette ressource ne représente que 3,5% de la production mondiale de pétrole. Le prix de revient est élevé : Syncrude Canada dépense près de 12 $ pour chaque baril de pétrole produit. (le même baril ne coûte à l’Arabie saoudite qu’un dollar). La société Syncrude émet 240 tonnes de dioxyde de soufre, c’est-à-dire 25 fois la quantité émise par une raffinerie conventionnelle produisant la même quantité de pétrole au Texas. Les procédés d’extraction requièrent d’énormes quantités d’eau, qui doivent être portées à une température élevée. Le procédé d’extraction laisse derrière lui des boues résiduelles qui ne peuvent être récupérées. [2]
La courbe de production du gaz naturel risque d’atteindre son pic peu de temps après celle du pétrole (dès 2020 pour certains analystes). Le gros des réserves de gaz naturel se trouve aussi au Moyen-Orient… [2]
Selon le géologue Craig Hatfield, les réserves de charbon (qui se trouvent principalement aux Etats-Unis et en Russie) représentent 64 ans de consommation (sur la base d’une augmentation de la consommation de 4% par an). Pour remplacer ne serait-ce que 10% du volume total de pétrole consommé aux Etats-Unis, il faudrait liquéfier une quantité de charbon équivalente à la moitié de la production nationale cumulée des dix dernières années. [2]
Une tonne de charbon correspond, en équivalent –énergie, à 0,6 tep.
Selon [1], les réserves d’uranium sont de deux siècles au rythme actuel d’extraction. Mais si la part du nucléaire devait croître notablement, il faudrait faire appel à des réserves plus coûteuses à exploiter. L’intérêt des surgénérateurs est indéniable, toujours selon [1], car avec les seules réserves connues, ils reporteraient à 6000 ans l’échéance de la pénurie. Le retraitement des combustibles nucléaires usés permet de récupérer 96 % du combustible usé, diminuant du même coup le volume de déchets à stocker.
Le nucléaire est peu émetteur de gaz à effet de serre, mais il ne fournit que 3% de l'énergie mondiale. En restant au niveau actuel, les stocks seront épuisés dans moins de cent ans. Pour atteindre 60 % de l'énergie, il faudrait construire des milliers de réacteurs… mais alors les stocks seraient épuisés en cinq ans.
En France, nous n’importons plus (grâce au nucléaire) que la moitié de nos besoins en énergie, contre 75 % en 1973.
"Fabriquer des sites de dépôts à trois ou quatre kilomètres de profondeur est géologiquement criminel (…) Enfouir en profondeur des déchets, même encapsulés, même enveloppés dans des verres silicatés, c'est prendre le risque de voir ces déchets se disperser et contaminer le sous-sol dans cent, mille ou dix mille ans. (…) On finira par réaliser que le seul stockage des déchets qui ne soit pas dangereux est celui qui se fait en subsurface, sans retraitement, près des sites, mais dans des conditions dites réversibles, c'est-à-dire qu'on puisse intervenir et faire bénéficier des progrès scientifiques enregistrés dans ce domaine, en retrouvant éventuellement les déchets pour détruire les radioéléments à radioactivité de longue durée dès que l'on aura la technique appropriée." Claude Allègre, ancien directeur du bureau de recherche géologique et minière, "les audaces de la vérité", 2002.
Silence novembre 2002
La France vient de se porter candidate pour installer, sur le site de Cadarache ( Bouches-du-Rhône), un réacteur qui permettrait la fusion nucléaire. Le gouvernement français a annoncé, le 15 octobre, que ce réacteur expérimental devrait donner naissance vers 2030 à un réacteur de démonstration qui permettrait de concevoir un prototype vers 2060, et une nouvelle filière nucléaire vers la fin du siècle.
Silence novembre 2002
Le plutonium : déchet produit par le cycle de l'uranium dans les centrales nucléaires, il est d'une toxicité inouïe: ses émissions alpha sont 200 000 fois plus nombreuses que celles de l'uranium.
Jean-Pierre Morichaud :" la filière nucléaire du plutonium, menace sur le vivant ", 9,50 euros, éditions yves Michel (05300 Barret-sur-Méouge
Michèle
Rivasi , présidente de Greenpeace France, dénonce l’adoption à la sauvette de
l’EPR nouveau réacteur nucléaire à 3 milliards d’euros, devant servir de
vitrine à la France pour l’exportation, pourtant décrié par les écologistes et
certains pronucléaires (Le Monde, septembre 2003).
L’Europe
proposera fin décembre un site pour le réacteur à fusion ITER.
Pas
question de produire du courant électrique. L’objectif est de maîtriser les
paramètres des réactions de fusion qui donnent au Soleil et aux étoiles leur
éclat. Dans ces conditions, ITER consommera plus d’énergie qu’il n’en produira.
Cette étape est nécessaire pour parvenir un
jour à l’ignition au cours de laquelle les réactions de fusion
s’autoentretiennent. C’est ce principe qui sera mis en œuvre pour produire de
l’électricité dans le réacteur de démonstration de 80 MW (DEMO) qui pourrait
être construit vers 2025. (Le Monde, septembre 2003).
La France s’est donné pour objectif de produire 40 TWh (térawattheure ; 1TWh = un milliard de kilowattheures) à partir d’énergies renouvelables en 2010, soit environ 10 fois plus qu’aujourd’hui. [1]
La Californie s’est engagée en 2002 à se procurer, d’ici 2017, 20 % de ses besoins en énergie sous forme d’énergies renouvelables (le névada, 15 % en 2013, l’ etat de new-York, 25 % en 2010, l’Union européenne, 20% en 2010, la grande Bretagne, 10% en 2010, 20% en 2020 (Les Echos, 24/3/2003).
En 1998, le prix de cette énergie est tombé pour la première fois au dessous de 4$ le Watt [2]
Selon [1], l’emprise au sol de panneaux photovoltaïques produisant une quantité d’électricité équivalente à celle d’une centrale thermique classique serait de 10 000 hectares. La fabrication des matériaux photovoltaïques génère des polluants dangereux, chlorés notamment.
Lors
de la dernière course de véhicules solaires en Australie, l'école
d'ingénieurs de Bienne a présenté un vélo électrique Intellibike que l'on peut
recharger en deux heures avec des photopiles. Ce vélo a traversé l'Australie à
la vitesse moyenne de 66 km/h avec un
record de vitesse de 99,2 km/h.
La capacité croît de 28 % par an. 10% de la production mondiale d’énergie en 2020.Les 2/3 de la production mondiale sont installés en europe. Au Danemark, l’énergie éolienne représente 14% de la production nationale. [2] L’Allemagne a produit 3 500 GWh en 1997. [1]
Selon [1], on ne peut guère espérer plus de 60 kWh annuels par mètre carré d’emprise au sol. Pour obtenir en puissance l’équivalent du parc niucléaire actuel, il faudrait implanter plus de 20 000 éoliennes.
La plus grosse éolienne actuellement en fonctionnement atteint 4,5MW de puissance avec des pales de 112 m.
En Espagne, le plus gros site, Guerinda près de Pampelune totalise 200 machines pour une puissance de 124 MW.
Une étude de l'ADEME Languedoc-Roussillon portant sur la totalité de la région montre que 547 000 hectares, soit 21 % du territoire pourrait faire l'objet d 'implantation d'éoliennes. Si l'on couvrait 20% des 547 000 ha, cela représenterait sensiblement l'équivalent du parc nucléaire français.
Un projet de parc éolien est prévu à Bouin, face à l'île de Noirmoutier. 8 éoliennes devraient fournir une puissance de 19,5MW. La production devrait être de 40 M kWh, soit de quoi alimenter 20 000 foyers
19% de la production mondiale d’électricité [2]
Selon [1], le potentiel hydroélectrique est de 14 000 TWh, il est supérieur à la production totale d’énergie électrique, mais son inconvénient est d’être inégalement localisé.
L'énergie hydraulique est l'une des principales
énergies renouvelables à l'heure actuelle, et arrive, en potentiel (en France),
au deuxième rang derrière la biomasse, et loin devant l'éolien ou le
photovoltaïque. Selon les sources, le gisement , qui produit aujourd'hui 8,45
TWh soit environ 1,5% de la production électrique nationale, pourrait être
étendu de 8 ou 9 TWh. (Silence
novembre 2002)
Le
plus important projet hydroélectrique du monde, le barrage géant des trois
gorges, en Chine, a été mis en eau en avril dernier. Il est si vaste
qu’il faudra attendre 2008 pour qu’il soit complètement rempli. D’une puissance
d e18 200 MW, il aura provoqué l’inondation d’une immense surface nécessitant
le déplacement de plus de 2 millions de personnes. (Silence octobre 2003)
Energie géothermique
La production actuelle est de 43 TWh/an, le potentiel est de 60 TWh. L’eau utilisée renferme du gaz carbonique (380 g /kWh) [1]
Informations contradictoires :
Actuellement, la production est de1 Mtep. Le potentiel mondial supplémentaire est estimé à 70 Mtep. [1]
Selon Alternatives économiques (décembre 2002), l’Europe a produit en 2000, à partir du bois, 47,3 Mtep, soit 6,3 % de sa production totale d’énergie primaire (la France a produit 9,8 Mtep, soit 8,1% de sa consommation, la Finlande 7,5 Mtep, soit 57 % de sa consommation).
Le bois demeure sous exploité. La récolte annuelle de bois est inférieure à la production de la forêt (en France).
En brûlant, le bois ne fait que rendre à l’atmosphère le carbone que l’arbre y a prélevé au cours de sa croissance : tant que le développement du bois-énergie ne se traduit pas par une déforestation, le bilan est neutre en termes d’effet de serre, contrairement à ce qui se passe avec les énergies fossiles. De plus la consommation de 4 m3 de bois économise une tonne de pétrole.
La filière bois-énergie occupe 50 000 emplois directs et indirects.
Mais hors subvention, le bois reste coûteux. Dans le cadre du Plan national d’amélioration de l’efficacité énergétique, mille nouvelles chaudières collectives ou industrielles à bois devraient être installées d’ici à 2006.
Solution d’avenir, selon Jeremy Rifkin [2]. Selon lui, réussir le passage à un régime énergétique fondé sur la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables et créer des réseaux énergétiques décentralisés capables de relier des communautés distantes les unes des autres est la seule façon de sortir des milliards d’individus de la pauvreté.
Nos réseaux actuels présentent une grande fragilité . Ainsi, l’Italie a été totalement paralysée le 28/9/2003, plusieurs heures, par une gigantesque panne d’électricité. Le 14 août, c’était 50 millions d’Américains touchés pendant 29 heures. On imagine les conséquences : éclairage public en panne, feux de circulation, embouteillages géants, chutes dans les escaliers, rupture de la chaîne du froid, ascenseurs bloqués…
Mais il faut bien voir que l’hydrogène n’est qu’un moyen de stocker l’énergie, pas de la produire.
Sciences et Vie de février 2003 (qui note à propos de l’hydrogène : produit explosif, stockage compliqué, infrastructure inexistante) recense quatre procédés de fabrication de l’hydrogène :
- vaporeformage : chauffer à 900° un mélange de gaz naturel (contenant du méthane) et d’eau. MAIS le gaz naturel est lui même une énergie fossile, en voie d’épuisement ; en outre le procédé dégage du CO2, gaz à effet de serre !…
- transformation thermochimique de matières organiques (biomasse) : chauffer bois, paille à 500-600°C, on obtient des alcools, dont l’hydrogène est extrait par reformage ; chauffer à 1000° donne le gaz de ville…. MAIS même en consacrant toute sa surface cultivable à la biomasse, la France ne subviendrait pas aux besoins de son parc automobile actuel
- électrolyse : MAIS rendement énergétique désastreux : si 5kWh sont nécessaires pour produire 1 m3 d’hydrogène, on n’en récupère que 1,8 kWh d’électricité dans une pile à combustible.
- Craquage : eau chauffée à 700° en présence d’un catalyseur. N’est encore qu’une hypothèse de recherche, liée au Very High Temperature Reactor (nouveau type de réacteur nucléaire, 2015)
Benjamen Dessus : le nucléaire se découvre avec l’hydrogène des atouts et un beau débouché pour relancer une activité qui essuie bien des revers aujourd’hui. 95% de l’hydrogène fabriqué dans le monde l’est par des pétroliers.
Des chercheurs du California Institute of Technology (Caltech) ont publié dans la revue Science une simulation de ce qui se passerait en cas de développement du moteur à hydrogène. Selon leurs calculs, la généralisation de l’hydrogène provoquerait une destruction de la couche d’ozone. Et ce, en raison des fuites de gaz inévitables lors de sa fabrication. Les chercheurs estiment que cela entraînerait une rétraction de 7% à 8% de la couche d’ozone aux deux pôles. Tous les efforts pour supprimer les CFC depuis les années 80 seraient ainsi anéantis, alors qu’on constate tout juste une stabilisation fragile de la situation actuelle (Silence octobre 2003).
La pile à combustible a été inventée il y a un siècle, elle est vendue librement dans le commerce depuis des décennies.
PSA Peugeot Citroën participe à des programmes fondés sur les batteries électriques à horizon 2010, prévoit la pile à combustible pour 2020 à partir de carburant liquide, et peut être plus tard la possibilité de faire soi-même son plein d’hydrogène.
General Motors décide d’investir un milliard d’euros par an dans le moteur électrique à hydrogène.
La commission européenne hisse les recherches sur l’hydrogène au rang de ses priorités.
A La Rochelle, il y a 50 véhicules PSA (électriques ?) en libre service.
Vers
un développement durable ?
Du constat de la double menace(épuisement des ressources fossiles, et risque climatique) est né le concept de développement durable : il s’agit d’un développement « qui permet à toutes les populations vivant actuellement sur la Terre de satisfaire leurs besoins sans compromettre les possibilités des générations futures ». En toute rigueur, le développement ne saurait être durable que si on n’utilise les ressources fossiles qu’au rythme de leur renouvellement (autrement dit, pratiquement plus du tout) ! Ce n’est pas ainsi que cette expression, mise aujourd’hui à toutes les sauces, est généralement utilisée…
La
revue « Silence » (Ecologie, Alternatives, Non-violence), qui a
publié en février 2002 un très intéressant numéro spécial sur « la
décroissance » dénonce les ambiguïtés du concept de développement durable,
et préfère préconiser la « décroissance soutenable » (qui ne devra
pas générer de crise sociale mettant en cause la démocratie et l’humanisme).
Dans son numéro d’octobre 2003, la revue analyse « la peur de la
décroissance » : « en proposant de renoncer à certains
comportements, à la conquête du toujours plus, la décroissance pose des
problèmes que la psychologie peut aider à comprendre ».
On en est loin. Un changement d’orientation est indispensable, d’une ampleur considérable. Le plus probable est qu’il ne sera pas pris à temps. De quelle façon les réalités vont-elles s’imposer à nous, au prix de quelles catastrophes, et à partir de quand ?
Lors du Sommet de la terre, à Rio, en 1992, les gouvernements s’étaient donné quatre ans pour mettre en place, « dans la plupart des collectivités locales », un programme d’action pour le XXIème siècle (l’ « agenda 21 »). Le secrétariat d’Etat au développement durable encourage les municipalités à bâtir leur « agenda 21 ». Parmi les villes les plus avancées, on note Dunkerque, Angers, Valenciennes, Rennes et Besançon (les Echos, 25/3/2003).
Du 23 au 25 mai 2002 s ‘est tenu à Uppsala, en Suède,
la première rencontre internationale sur l’après-pétrole. 60 universitaires,
surtout européens, y participaient. Vu la faible vitesse de développement des
renouvelables, et l’impossibilité politique de prôner une décroissance
énergétique, les experts de la rencontre pensent qu’un ultime sursaut pourrait
être le nucléaire, mais celui-ci (6% de l’énergie mondiale) ne pourra jamais remplacer
le pétrole et le gaz (plus de la moitié de l’énergie mondiale). Le prochain
colloque se tiendra à Paris en mai 2003. Silence,
septembre 2002
Le Sommet de la Terre s’est tenu à Johannesburg en septembre 2002. Jacques Chirac y a annoncé qu’il proposera au G8 l’adoption, lors du prochain sommet, à Evian, en juin 2003, d’une initiative pour stimuler la recherche scientifique et technologique au service du développement durable. A noter la participation à ce sommet de plusieurs collectivités locales (Paris, Lyon, Marseille, et des villes plus petites telles que La Roche -sur-Yon [mais pas Montrouge, pourquoi ?], des conseils régionaux, des conseils généraux.
Au sommet de la Terre de Johannesburg (septembre 2002), la communauté internationale demande de façon urgente une augmentation substantielle de la part des énergies renouvelables… sans pour autant fixer d’objectifs chiffrés.
La Commission Européenne propose une directive fixant un objectif volontariste de 12,5% de l’électricité produite à base d’énergie renouvelable en Europe (hors grande hydraulique) en 2010 (contre 3,2% en 1997 (AE novembre 2000)
« La France cumule les inconvénients d’une très forte dépendance à l’égard du pétrole importé dans le secteur des transports avec ceux d’une trop grande dépendance à l’égard du nucléaire dans la production d’électricité » Bernard Laponche, d’International Conseil Energie, cité par Science et vie février 2003.
L’association négaWatt (http://www.negawatt.org) écrit : « la loi d’orientation qui suivra le débat national sur l ‘énergie du printemps 2003 offre une occasion unique pour s’engager dans un avenir énergétique durable. A notre sens, elle doit faire de la « démarche négaWatt » une grande cause nationale et inscrire ainsi la trilogie « sobriété-efficacité-renouvelables » dans toutes les politiques publiques, y compris européennes. La vision à long terme est indispensable et doit se traduire concrètement par des réformes réalistes et essentielles.
Ivan Illitch avait calculé que le moyen de transport le plus rapide était … la bicyclette !
Une vitesse est le rapport d’une distance parcourue au temps mis à la parcourir. Pour comparer entre eux les moyens de transport, Ivan Illitch ajoutait, fort pertinemment, au temps de trajet proprement dit le temps de travail nécessaire pour payer l’énergie utilisée (l’essence dans le cas d’une automobile), l’amortissement du véhicule, les péages, les frais de stationnement, l’assurance, ..
Dans les milieux écolos, on trouve de plus en plus de gens qui expérimentent les modes de vie économes … et ce n’est pas forcément tristounet !
A noter par exemple un reportage passé sur M6 le 10 décembre, dans le magazine « demain tous ». On y voyait notamment une famille déconnectée d’EDF, produisant elle même son électricité (l’hiver, grâce à l’éolienne du jardin, l’été grâce aux panneaux solaires)… Pas passéiste pour autant : l’ordinateur familial est au salon.
NégaWatt propose une démarche déclinée en trois temps :
- sobriété énergétique pour supprimer les gaspillages absurdes et coûteux ;
- amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, des moyens de transport, de tous les équipements ;
- production d’énergies renouvelables.
Sobriété : dans le domaine des transports cela se traduit par une réelle priorité accordée aux transports en commun.
Un bon point pour la RATP, qui fait sa publicité sur ce thème (16/9/2003), en fournissant les informations suivantes :
- les transports en commun gérés par la RATP assurent 25 % des déplacements motorisés en Ile de France pour 3,6 % de l’énergie consommée en occupant seulement 4 % de la voirie.
- Le métro le tram et le RER consomment 7 fois moins d’énergie par voyageur transporté que la voiture.
- Les 4000 bus de la RATP ne représentent que 2% des émissions polluantes du trafic routier en Ile de France.
Mauvais point pour le gouvernement français :
- malgré les protestations des élus, le projet de loi de finance 2004 supprime les subventions allouées aux grandes villes pour développer leurs réseaux de transport collectif (projets de tramway, VAL ou métro), et les aides aux plans de déplacements urbains (créés en 1996, ces PDU visent à réorganiser, sur le long terme, la distribution des différents modes de transport ; les subventions des PDU servent aussi à financer, à hauteur de 35%, les réseaux cyclables ; ces aides avaient déjà été réduites en 2003). Ce choix, qui va à l’encontre des priorités officielles de Jacques Chirac et de son gouvernement, pourrait, à terme, se montrer contre-productif sur le terrain de la compétition économique internationale.
- Pour la 2ème année consécutive, le budget du ministère de l’écologie est en régression .
L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)pourra lancer des programmes d’un montant de 198 M euros.
M. Raffarin a cependant présenté le 14 septembre un plan « véhicules propres » (38 M euros sur 5ans , consacrés au développement de moteurs plus économes et moins polluants).
Aux
Pays-Bas les particuliers peuvent demander à n’être alimentés que par une
électricité verte, c’est-à-dire produite par des énergies renouvelables.
L’Ecosse
mise sur la diversification des sources d’énergie, alliant d’un côté
d’importants projets d’éolien off-shore (atteignant des centaines de MW) au
développement de petites éoliennes individuelles que chacun peut installer sur
son toit. Ces petites éoliennes, de 2,5 à 6 kW sont montés sur des mats de
moins d e10 m de haut, les pales font entre 1 et 2 m de long, et le bruit est
négligeable.
USA ;
Pas de relance du nucléaire, mais centrales éoliennes. Iowa : projet de
200 éoliennes de 1,65 MW, puissance totale de 310 MW. Deux autres projets en
Oregon (300MW) au Texas (278MW), nouveau Mexique (204 MW). Il ne faut que 2 ans
pour mettre en route un projet éolien (12 ans pour une centrale nucléaire).
Névada : centrales géothermiques (de 13 à 50 MW). Centrales solaires en
Californie.
Autriche :
vise pour 2010 33% de l’énergie en énergie renouvelable : 160 petites
centrales hydrauliques, 95 éoliennes, 100 installations de biogaz, 70 000 m2 de
photovoltaïque, 30M litres de plus par an de carburants provenant de la biomasse,
100 installations de chauffage individuel par cogénération de 1MW de moyenne,
5000 petites installations de chauffage au bois déchiqueté, 40 000
installations de chauffage aux copeaux de bois, 450 000 m2 de capteurs solaires
thermiques. L’Autriche a renoncé au nucléaire par référendum en 1979. (Silence,
octobre 2003)
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