Logement

Mise à jour le 4 novembre 2003

 

Il n’y a pas assez de logements sociaux

 

Depuis plusieurs années, les loyers augmentent fortement à chaque changement de locataire. Les jeunes adultes sont confrontés à la situation la plus difficile: les loyers des studios ont flambé dans de nombreuses grandes villes. Ainsi, il en coûte au moins 400 euros par mois pour se loger dans le secteur privé à Paris. Les propriétaires demandent des ressources comprises entre 3 et 4 fois le loyer. Il faut donc disposer de revenus d'environ 1 400 euros nets par mois  (plus de 9 000 F), sans parler des cautions, pour s'installer dans un studio parisien. Un niveau que seule une partie des jeunes cadres peuvent espérer atteindre.

 La nécessité d'accroître le parc de logements sociaux est largement reconnue. Entre 40 000 et 50 000 nouveaux logements sont construits chaque année, contre 100 000 dans les années 60 et 70 (et 89 000 en 1994). Malgré cela, le gouvernement veut assouplir la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000. Celle-ci vise à contraindre, par le biais de pénalités financières, les communes de plus de 3500 habitants à se doter d'un minimum de 20% de logements sociaux. Gilles de Robien , ministre de l' Equipement, a indiqué sa volonté de passer de la "contrainte" au "contrat". La mise en place de contraintes résultait pourtant de l'échec des politiques incitatives.

Alternatives économiques décembre 2002

 

Plus de trois millions de personnes restent mal logées, rappelle le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées.

L’habitat précaire s’est développé : en 1999, 708 000 ménages vivaient dans un meublé, à l’hôtel ou bien dans des « constructions provisoires ou des habitations de fortune ». Neuf ans auparavant, ils étaient 515 000.

Aujourd’hui, de 1,6 à 1,7 millions de personnes réclament un toit dans le parc d’habitat social (parmi elles, 500 000 sont déjà locataires d’une HLM, mais souhaitent en changer).

Le Monde 6/12/2002

 

La loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU), adoptée le 13 décembre 2000, qui vise à une plus grande mixité sociale, à la coordination des plans de transport entre communes, à l’amélioration du logement, prévoit notamment que dans chaque commune (donc y compris Neuilly, Auteuil, Passy, …) il y ait 20 % de logements sociaux d’ici 20 ans sous peine d’amende.

Elle a permis d’obtenir que 18 000 logements sociaux ont été financés en 2001 (soit beaucoup plus que les 12 000 de l’an 2000).

Bien entendu, le gouvernement Raffarin veut « l’assouplir », la « retoucher »…

 

Pénurie de logements locatifs en Ile de France : 315 000 demandes déposées en 2002. Augmentation des loyers : 5, 2 % dans le privé. Construction en chute durant les 4 dernières années: -21 %

(Le Monde 1/11/2003)

 

Logement : l’effort de l’Etat en faveur des ménages modestes passe de 5,349 à 5, 167 milliards d’euros (-3,4%). L’enveloppe consacrée au parc locatif social passe de 474 millions d’euros à 458 (comparaison des lois de finance 2003 et 2004). (Le Monde 25/10/2003)

 

La mairie de Paris souhaite aider les classes moyennes à accéder à la propriété.

L’objectif d’une production annuelle de  3500 logements sociaux sera maintenu dans le budget 2004. Outre qu’il est ambitieux sur un territoire où le foncier est cher, il ne suffira pas à dégonfler de manière significative le nombre de demandeurs parisiens d’un logement social, qui dépasse aujourd’hui 100 000. (Le monde  22/10/2003)

 

 

 

 

Et à Montrouge ?

 

Moebius (qui habite à Montrouge) : « il existe encore ici quelques endroits charmants, comme la rue Gutenberg, la cité Rondelet, la Villa des Fleurs, ou encore la rue Périer, très pittoresque même si elle est cernée par des immeubles neufs. Il est d’ailleurs impossible de ne pas être critique sur ce phénomène : toute une série d’opérations immobilières me semblent regrettables. En effet, on compte ici des petits pavillons d’une hauteur modeste, et d’un seul coup, on aperçoit un bâtiment de dix étages, ce que je ressens comme une agression de la vue par rapport au tissu urbain. De plus, à ce jeu, on perd le charme de la ville, ce qui revient à tuer la poule aux œufs d’or. Détruire le patrimoine me semble une hérésie, parce que pour moi, les pavillons en meulière sont de véritables monuments, des oeuvres d’art ! Jamais plus on ne construira comme ça. »

Pascal Chombart de Lauwe, architecte qui vit à Montrouge : les ZAC « opèrent souvent une tabula rasa et ne tiennent pas alors compte des éléments préexistants de l’histoire ». Ce qui est regrettable, c’est « le fait de ne pas favoriser la mixité entre les différentes catégories sociales. De cette façon, on en arrive à créer ici des logements destinés à accueillir la classe moyenne aisée. Alors que jusqu’à la fin des années 80, cette mixité avait été maintenue à Montrouge, les personnes les plus modestes résidant majoritairement plutôt au Sud, vers Bagneux ou Châtillon. Il me paraît nécessaire d’avoir une vision à plus long terme et plus globale sur les questions urbaines, faute de quoi se créent certains manques, tel celui en équipements publics. En effet, il existe ici une réelle carence en matière de crèches, de même le nombre d’écoles ou d’équipements sportifs pourrait être plus élevé. »

Lu dans « le Figaroscope » du 8 au 14 janvier 2003 (4 pages consacrées à Montrouge) 

 

De fait, les nouveaux immeubles de la ZAC Nord, très élevés, entourent de petites cours fermées, la nouvelle place est tristounette, bétonnée, on aurait pu imaginer une fontaine, on n’a que deux statues sans intérêt, éclairées la nuit en dépit du bon sens,   et en guise de verdure des tortillons ridicules…

Avenue Verdier, un nouvel immeuble très élevé est construit sans retrait par rapport à la rue, et même, les balcons sont en surplomb !