Citoyen du monde à Montrouge

numéro 1 Septembre 2003

 

EDITORIAL

 

Températures record cet été, glaciers qui fondent, tempêtes d’une violence exceptionnelle : plus personne ne conteste que le réchauffement de la planète est en route, et qu’il résulte du rejet de gaz carbonique dans l’atmosphère, lui même conséquence de l’activité humaine. Les mesures correctives décidées par la communauté internationale (accords de Kyoto) prouvent une prise de conscience, mais elles sont bien timides, et mettront longtemps avant de produire des effets.

Tout aussi inéluctable, l’épuisement des ressources naturelles, et en particulier la fin du pétrole dans moins de quarante ans : bouleversement d’une ampleur considérable, à laquelle il faudrait se préparer… Mais comme il s’agit d’une échéance bien plus lointaine  que n’importe quelle échéance électorale, ce sujet n’apparaît pas dans le débat public.

Les questions écologiques ne se réduisent pas à la lutte contre la pollution, à la dénonciation de la disparition de très nombreuses espèces vivantes, même si ces questions sont en effet importantes. « Il y a le feu dans la maison », comme l’a dit le Président de la République (sans pour autant que le gouvernement qu’il a constitué semble s’en émouvoir).

 

1, 2 milliard de personnes vivent avec moins de 1 euro par jour, près de 3 milliards de personnes vivent avec moins de 2 euros par jour : malgré tous les programmes d’ « aide au développement », des sous-continents entiers s’enfoncent dans une misère toujours plus grande. De la misère et de la frustration se nourrissent l’obscurantisme et le fanatisme, mettant le monde en danger. Les solutions militaires font preuve de leur inefficacité, et peuvent au contraire avoir des effets boomerang redoutables. Comment mieux répartir les richesses entre les peuples ?  Le pilotage des affaires du monde se traite dans les réunions du Groupe des huit pays les plus industrialisés (le « G8 »), à l’Organisation Mondiale du Commerce, au Fonds Monétaire International, à la Banque Mondiale : les décisions prises par ces organismes ont des conséquences qui peuvent être lourdes pour chacun d’entre nous. C’est tout le mérite du mouvement altermondialiste, et en particulier d’ATTAC, d’attirer notre attention sur ces questions, et de peser pour que les processus de décision soient plus démocratiques.

 

La démocratie s’arrête aux portes de l’entreprise, le pouvoir économique est confisqué par les multinationales et les marchés financiers. L’exploitation de l’homme par l’homme reste une réalité d’aujourd’hui. Alors que le chômage et la précarité se développent, les patrons s’octroient des revenus  pharamineux. Dans notre pays, le chômage et la précarité ont repris leur progression.

 

Si diverses soient-elles, toutes ces questions sont liées. Une toute petite minorité de puissants a intérêt à faire croire, contre toute vraisemblance, que « la main invisible du marché » apporte la solution optimale pour l’humanité. Ce n’est pourtant pas en laissant libre cours aux appétits insatiables des grandes entreprises que l’on que l’on viendra à bout des inégalités dans le monde, ou du chômage en France, ni que l’on gérera au mieux les ressources - limitées - de la planète.

 

C’est, partout, en renforçant la démocratie, c’est-à-dire en donnant aux citoyens le pouvoir de peser davantage sur toutes les décisions qui les concernent.

 

Mais notre activité de citoyen ne  saurait se réduire à glisser de temps en temps un bulletin dans une urne. Nous pouvons aussi agir en tant que salariés, en tant que consommateurs, en tant que membres d’associations. Même si nous sommes tous traversés de contradictions, nous devons nous efforcer de mettre en cohérence notre façon de vivre avec notre regard sur le monde.

 

« Ils » ont l’argent, « ils » ont le pouvoir. Nous avons le nombre, et la force du nombre.

 

Si vous souhaitez que cette lettre mensuelle soit adressée à d’autres personnes de votre connaissance, indiquez leur adresse électronique à jean-paul.alletru@wanadoo.fr. Si vous souhaitez ne plus la recevoir, ou si vous voulez faire part de réaction, commentaires, informations, faites le savoir par un message à cette même adresse.Vous pouvez également consulter le site http://perso.wanadoo.fr/citoyens-a-montrouge.


Connaître le passé pour comprendre le présent :

la France, l’Algérie, l’Amérique latine, les Etats-Unis… 

 

C’est un bien curieux savoir-faire que la France a exporté dans les années 1960 et 1970 en Amérique du Sud : techniques d’interrogation des prisonniers, torture, quadrillage de la population. Ce que les officiers français avaient appris sur le terrain, pendant la guerre d’Algérie, ils l’ont transmis aux militaires argentins, brésiliens et chiliens chargés de la lutte contre la « subversion ». « Nous avons tout appris des Français », explique le général Albano Harguindeguy, qui fut en Argentine le ministre de l’intérieur de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le modèle sans cesse cité  est celui de la bataille d’Alger (janvier-septembre 1957) mené par les parachutistes français contre le FLN. On retrouve à chaque pas le général Aussaresses, spécialiste des interrogatoires et des exécutions sommaires. Celui-ci a notamment été attaché militaire au Brésil en 1973. Ce dernier avait érigé en doctrine l’idée qu’il fallait se débarrasser des prisonniers qui avaient été torturés. Les militaires argentins qui ont systématiquement jeté à la mer les corps des personnes qu’ils avaient enlevées et torturées ont suivi les leçons de leurs instructeurs français, qui avaient fait de même dans la bataille d’Alger. L’Etat français était parfaitement au courant du type d’enseignement dispensé par ces officiers ainsi envoyés en Amérique du Sud (Dominique Dhombres, dans Le Monde du 3/9, commentant le film de Marie-Monique Robin « les escadrons de la mort : l’école française », diffusé sur Canal + le 1er septembre 2003).

 

Argentine (1976-1983) : 30 000 morts et disparus ; Bolivie (1971-1978) : 200 morts, 150 disparus ; Brésil (1964-1965) : 288 morts ou disparus politiques ; Chili (1973-1990) : 3 000 victimes dont 1198 disparus ; Paraguay (1954-1989) : 2 000 tués ou disparus ; Uruguay (1973-1985) : 178 disparus.

Le chilien Augusto Pinochet a joué un rôle crucial dans l’opération « Condor » de chasse aux opposants des dictatures militaires, vraisemblablement encouragée par la CIA et Henry Kissinger, secrétaire d’Etat du président Nixon de 1972 à 1977.

 

L’altermondialisation, une force qui monte

 

150 000 à 200 000 personnes rassemblées cet été sur le plateau du Larzac.

 

« Aucun projet postcapitaliste de société n’a encore succédé au projet socialiste étatique qui a échoué au XXème siècle.

Le processus de contestation et d’élaboration ne cesse de s’étendre depuis 1999 et le sommet de Seattle ; il est sans doute en mesure, à terme, de contester au néolibéralisme son hégémonie sur la planète. Mais il ne pourra continuer à progresser qu’en pesant sur les politiques, et donc en se posant de plus en plus fortement en alternative politique. A défaut, il risque l’étiolement et le désespoir » écrit Thomas Coutrot (membre du conseil scientifique d’ATTAC).

 

Précisément, les forces politiques sont désormais obligées de se situer par rapport à la problématique posée par ATTAC .

 

Dans leur université d’été à La Rochelle, les socialistes ont débattu en particulier de la mondialisation : « que 200 000 personnes se mobilisent pour une autre organisation de la planète, un partage des richesses entre Nord et Sud,  une meilleure sécurité alimentaire et une condamnation de la marchandisation du monde est une bonne nouvelle pour l’engagement et la démocratie. Nous avons à y prendre notre place », a dit François Hollande.

Et pour JP Chevènement, «la gauche ne peut retrouver du sens qu’à travers une analyse de la mondialisation et de ses conséquences ».

 

Du côté syndical, François Chérèque (secrétaire général de la CFDT) affirme : «les effets du réchauffement climatique résultent en grande partie du type de développement des sociétés les plus industrialisées. Le mouvement syndical doit agir sur les multinationales pour leur imposer des normes favorables au développement durable qui intègrent le respect des droits sociaux partout dans le monde ».

 

Cancun : enjeux, résultats

 

Créée en 1994 pour succéder au GATT  (Accord Général sur les tarifs douaniers et le commerce), l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) décide des règles commerciales internationales et a pour vocation de rendre le commerce entre les pays de plus en plus facile. Elle s’inscrit dans une vision néo-libérale, c’est-à-dire qu’elle œuvre pour le libre-échangisme. Elle a un « tribunal international », chargé de régler les conflits entre pays quand certains jugent que d’autres ne respectent pas les règles approuvées.

L’OMC est inspirée par l’idée que moins il y a d’obstacle dans le commerce entre pays, plus la richesse peut croître. Les règles issues des négociations visent donc à baisser les droits de douane et les autres obstacles comme des règles culturelles, sanitaires ou environnementales. Mais l’histoire du développement des pays développés montre que ce développement a pu se construire au XIXème siècle grâce à des protections douanières. Et les « obstacles » culturels, sanitaires ou environnementaux sont autant de protections pour les pays concernés.

Le système de vote est simple: 1 pays = 1 voix. Mais les pays pauvres ont souvent du mal à faire entendre leur voix ; les pays du G7 ont une grande influence par leur puissance économique et parce qu’ils peuvent payer assez d’experts pour étudier les textes souvent très complexes. Ainsi, des sujets comme l’accès aux médicaments ou les échanges agricoles ne sont pas traités dans l’intérêt des plus pauvres. L’événement de Cancun, c’est que cela est peut-être en train de changer !

 

La conférence ministérielle tenue à Cancun (Mexique) du 10 au 14 septembre ne correspondait à aucune date butoir particulière : elle était simplement statutaire. Mais cette échéance hautement dramatisée suscitait toutes sortes de supputations.

 

Au cours de cette réunion, on aura assisté à une alliance, contre les Etats-Unis et l’Union Européenne, d’une coalition de 21 pays en développement (conduit par les nouvelles puissances émergentes, Inde, Brésil et Chine, qui rassemblent plus de 40% de la population mondiale) et d’un front solidaire formé de 90 pays pauvres à dominante africaine.

Présentant un ouvrage sur l’OMC (« derrière les portes de l’OMC », Zed Books), les délégués de  4 petits pays (Ouganda, Tanzanie, Kenya, République Dominicaine) à l’OMC avaient dénoncé « les pressions, les menaces et les chantages politiques, économiques, voire physiques, qui sont le lot quotidien de certains ambassadeurs de petits pays à l’OMC ». Un groupe de onze pays africains avait pris officiellement position pour rappeler « l’importance cruciale de créer un processus de décisions transparent, démocratique, et qui prenne en compte l’avis de tous ».

Quatre dossiers auront fait capoter la conférence : les sujets dits de « Singapour » (investissement, concurrence, transparence sur les marchés publics et facilitation des échanges) ;l’agriculture ; l’accès aux marchés pour les produits non agricoles ; le coton.

Sur le premier sujet, « le fossé d’incompréhension entre les pays en développement et les pays industrialisés était énorme » (Rafidah Aziz, ministre malaisienne du commerce international). « A quoi bon continuer des rounds de négociation si nos préoccupations de survie- je ne dis même pas de développement- ne sont pas prises en compte » (Aïchatou Agne Pouye, ministre sénégalaise des PME et du commerce).

 

Au sujet de l’agriculture,  Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal écrit :  «les pays riches dépensent plus de 1 milliard de dollars par jour au titre des divers soutiens qu’ils accordent à leur secteur agricole. La malnutrition s’est aggravée dans un certain nombre de pays. Les subventions indécentes aux productions des agricultures dites les plus compétitives ruinent la majorité des paysans de ce que l’on nomme le tiers-monde. Nous souhaitons que désormais, l’Afrique et d’autres régions du monde ne soient plus les victimes consentantes de politiques économiques inadaptées à leur situation, mais participent de façon exemplaire à une modification radicale de la pensée économique agricole et des politiques qui en découlent ». Dominique Plihon, président du conseil scientifique d’ATTAC, souligne que « la subvention européenne par vache correspond au niveau de pauvreté de 2 dollars par jour, qui permet tout juste à des milliards d’individus du Sud de survivre ».

 

Concernant l’accès aux marchés pour les produits non agricoles, les pays en développement ont jugé que les pays industrialisés leur demandaient de trop gros efforts.

 

Alors que les cours du coton , sur lesquels reposent les économies d’une dizaine de pays africains, sont en chute libre, et que les Etats-Unis accordent  chaque année 4 milliards de subvention à leurs producteurs, le dossier du coton est vite devenu emblématique du double discours tenu par les pays industrialisés, le projet d’accord n’offrant rien de concret sur ce sujet vital pour les pays parmi les plus pauvres du monde.

 

La nouvelle de l’échec de la conférence a été saluée par les cris de joie et les applaudissements des ONG (organisations non gouvernementales) et des délégués du Sud. 

 

Pourtant, la réunion de Cancun avait été précédée par un geste des pays riches au sujet des médicaments génériques.

Les pays les plus pauvres pourront importer des médicaments produits sous une forme générique, lorsque la situation sanitaire l’exige. L’accord est salué par l’OMS. Pour Bernard Kouchner, le mérite de cet accord revient à MSF ainsi qu’à la commission européenne et au commissaire Pascal Lamy.

Plusieurs ONG, dont Oxfam et Médecins Sans Frontières ont cependant émis des sérieuses réserves portant sur la complexité des procédures administratives à mettre en œuvre par les pays concernés, ce qui limiterait beaucoup la disponibilité réelle des médicaments « dégriffés ».

La législation précédente autorisait les pays dotés d’une industrie pharmaceutique nationale à abandonner les droits des brevets aux producteurs de génériques en cas de situation d’urgence, mais elle ne traitait pas la question des pays qui ne sont pas en mesure de produire des médicaments.

Les procédures définies dans ce nouvel accord visent à empêcher que les médicaments à destination des pays pauvres ne se retrouvent in fine sur les marchés des pays industrialisés.

 

ONU

 

Confrontés en Irak à une guerilla qui ne faiblit pas, et à une anarchie économique et sociale à laquelle ils sont incapables de mettre fin, les Etats-Unis aimeraient bien  transférer une partie du fardeau financier de l’occupation à d’autres pays. Et pour cela, ils sont contraints de faire appel aux Nations Unies, pour laquelle ils n’avaient que mépris lorsqu’ils ont déclenché la guerre. L’écrasante majorité des Etats reconnaissent l’ONU –quelles qu’en soient les insuffisances- comme étant la seule source de légitimité internationale. Ce qu’avait, avec d’autres, défendu la France. ET que Georges W Bush est désormais contraint d’admettre.

 

Kofi Annan  (secrétaire général des Nations Unies) préconise une réforme radicale pour sauver l’ONU.  Le Conseil de Sécurité ne reflète plus les réalités géopolitiques du XXIème siècle, il doit être rendu plus représentatif pour que ses décisions apparaissent légitimes. L’Assemblée Générale doit se moderniser.

 

La règle de fonctionnement de l’ONU, c’est un Etat = une voix, quelle que soit la taille de l’Etat.  Ainsi, c’est parce que l’archipel de Palaos (Océanie) (combien d’habitants ?) a été le 50ème  Etat à  signer le protocole de Carthagène sur la biodiversité que celui-ci peut entrer en vigueur. Désormais un Etat pourra s’opposer à l’importation de certaines espèces sur son territoire s’il estime qu’il y a un risque pour ses propres espèces.  Par exemple les OGM (information reprise de la revue « silence » de septembre 2003.)

 

Monde

 

La Chine est devenue deuxième destination mondiale d’investissements étrangers (53 milliards de dollars en 2002), derrière… le Luxembourg ( 126 milliard de dollars, excusez du peu !), et devant la France, l’Allemagne et les Etats-Unis (respectivement 52, 38 et 30 milliards  de dollars).

Commentaires : 1 . Qu’est-ce qui a attiré en Chine les 420 000 entreprises étrangères qui y sont implantées ?  La compression des salaires, bien sûr, favorisée par un régime policier réprimant le syndicalisme libre (tout en se réclamant du communisme !)

2.et au Luxembourg ? les paradis fiscaux, ça existe !

3. la France reste donc un pays très attractif pour les investisseurs , quoi qu’en dise le MEDEF, prompt à dénoncer les 35 heures, qui ferait perdre à notre pays sa compétitivité. La France est même l’un des rares pays industrialisés à être parvenu à conserver les parts de marché qu’il détenait en matière industrielle au début des années 1970.

 

 

Europe 

 

Le 1er mai 2004, l’Assemblée européenne s’élargira aux députés des dix nouveaux Etats adhérents, avant d’être renouvelée lors des élections des 10 et 13 juin 2004. Les députés qui seront élus en 2004 au Parlement européen le seront, cette fois encore, sur une base purement nationale. Les formations politiques européennes n’ont pas encore de statut qui leur permettrait d’entrer en tant que telles dans la compétition. Seuls les Verts entendent officiellement lancer une campagne « européenne », consacrée, entres autres, aux questions de sécurité alimentaire. Le projet de constitution de la Convention européenne introduit des « partis politiques de niveau européen ».

 

Berlin propose à Paris le lancement d’une initiative commune pour la croissance

 

« Pour mettre un terme au changement climatique », l’ Union Européenne doit « se fixer des objectifs plus contraignants en ce qui concerne le taux d’ozone dans l’air ambiant », estime le Parlement européen, qui invite la Commission à « donner la priorité à des projets d’infrastructures dans le secteur des transports ferroviaires, des transports combinés et des transports par voie maritime », à prendre « des initiatives ambitieuses en vue du recours rapide aux énergies renouvelables ».

 

Cannabis sur ordonnance aux Pays-Bas

Le cannabis, sur avis médical, pourra être vendu dans les pharmacies à des malades atteints du cancer, du sida, de sclérose en plaques ou de désordres nerveux graves. Désormais, les pouvoirs publics garantissent aux patients sécurité d’approvisionnement et qualité du produit. « Dans les coffee-shops, les patients ignorent ce qu’ils reçoivent alors que, pour certains malades, un mal de tête ou une nausée peuvent être funestes » , explique un responsable de la fondation SIMM, l’un des deux fournisseurs agréés.

Le ministre de la santé ayant affirmé que les effets bénéfiques de cette substance sur la douleur, les raideurs ou la perte d’appétit avaient été scientifiquement prouvés, les Néerlandais se demandaient pourquoi le cannabis n’était toujours pas prescrit par les médecins.

 

France

 

Alors que la faible croissance diminue les recettes, le gouvernement s’obstine à vouloir baisser les impôts. Cette solution est injuste et inefficace. Injuste parce que ce sont les plus riches qui profitent le plus de la réduction d’impôts. Inefficace, parce qu’une bonne part de la hausse du pouvoir d’achat ainsi distribuée ne sert qu’à grossir l’épargne des catégories les plus aisées, sans parvenir à provoquer la relance espérée.

 

 

Développement durable

 

La fin du pétrole, ce n’est pas une vue de l’esprit : par exemple, la production gabonaise a chuté d’un tiers depuis son pic au milieu des années 1990 ...

 

 « Le développement « durable », que n’importe quelle puissance économique ne peut qu’appeler de ses vœux, n’est-il pas illusoire sans renoncement à la logique du toujours plus illimité dans un monde limité ? » écrit Pierre Rabhi dans le Politis du 18 septembre. Et il ajoute : « nous n’avons objectivement pas d’autre choix : le temps est arrivé de la décroissance programmée, graduelle, pour permettre une équité mondiale, la préservation de la nature et la croissance d’un réel bien-être matériel et moral pour le plus grand nombre ».

 

L’écologie, c’est aussi le comportement de chacun d’entre nous :

-          l’éponge « ringarde » serait en passe d’être remplacée par la lingette « qui libère », paraît-il… mais qui coûte environ 20 fois plus cher au consommateur et multiplie d’autant la quantité de déchets non recyclables (d’après Politis 18/9)

-          vacances, j’oublie tout ? Le Ritimo, réseau des centres d’information sur le tiers-monde, a publié fin juin une petite brochure de 40° pages rappelant les conséquences du tourisme dans les pays visités : mépris des populations, dégâts écologiques, gaspillage de l’eau, perte d’identité culturelle, prostitution, transmission de maladies, …(à commander , 5 euros port compris, à Ritimo, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris (information reprise de Silence septembre 2003). Silence 9 rue Dumenge F69317 Lyon cedex 04

 

 

 

Montrouge

 

La ville de Montrouge organise, comme chaque année, un forum des associations (20 septembre).

Très bien, c’est l’occasion pour les Montrougiens de faire le tour des associations, de découvrir les activités qu’elles proposent, de choisir celles auxquelles ils vont participer.

 Sauf que… pour d’obscures raisons, plusieurs associations ne sont pas admises à participer au forum. C’est le cas par exemple de l’association de parents d’élèves FCPE. C’est aussi le cas du groupe de proximité ATTAC de Montrouge, qui pourtant depuis deux ans organise des réunions publiques attirant de plus en plus de citoyens, sur des thèmes tels que la fin du pétrole, les retraites, les transports, la démocratie participative…

 

A l’initiative d’ATTAC-Montrouge, et de « Maison pour tous », association culturelle montrougienne, une réunion-débat publique sur la solidarité dans la ville se tiendra à la mi-octobre, avec la participation d’autres associations.

 

 

 

 

A noter dès maintenant :

 

 

du 12 au 15 novembre 2003,

forum social européen

à Paris, Saint-Denis, Bobigny, Ivry : une autre Europe, un autre monde

 

Le forum social européen est un espace de rencontres, d’échanges et de débats pour construire une autre Europe dans un autre monde.

Le Forum social européen se propose d’élargir la dynamique citoyenne commencée à Porto Alegre en 2001 et poursuivie à Florence en 2002. Il rassemble des acteurs, mouvements sociaux et citoyens qui souhaitent confronter leurs analyses et leurs méthodes d’action.

Les hommes, femmes et organisations qui participent au Forum informent, dressent un état des lieux et des luttes sur une cinquantaine de grands thèmes. Ensemble, ils élaborent des propositions, des stratégies et créent des réseaux internationaux pour construire une nouvelle Europe.