Citoyen du monde à Montrouge
numéro 4
Décembre 2003
Pour une planification démocratique
« La maison brûle », a dit le Président de la
République au sujet des menaces qui pèsent sur notre planète : son
réchauffement, à l’origine des désordres climatiques qui sont dès maintenant
notre lot quotidien (canicule, inondations), et l’épuisement des ressources
fossiles.
« Energie : mission impossible », titre de son côté
Alternatives Economiques (numéro hors série – 4ème trimestre 2003, p80), qui
précise : « une consommation qui croît fortement, des ressources qui
s’épuisent et des énergies renouvelables à la traîne. L’avenir énergétique est sombre ».
Et on fait quoi ?
La revue mensuelle Silence met essentiellement
l’accent sur les actions et les initiatives individuelles. Et il est vrai que la menace écologique imposera tôt ou
tard des modifications importantes de notre mode de consommation. Et le plus
tôt sera le mieux. Il est donc important que des pionniers défrichent la voie à
suivre, démontrent la faisabilité de leurs utopies, montrent l’exemple (mais
sans devenir les insupportables « parfaits » que dénonce avec humour
la directrice de la publication Madeleine Nutchey).
Mais si nécessaire qu’elle soit, l’action cumulée de
ces pionniers ne changera pas en profondeur notre monde (sauf à attendre
l’échéance, forcément lointaine, où ils deviendront une immense majorité).
Dans la plupart des domaines (urbanisme, transports,
infrastructures, recherche,…), les
choix sont collectifs, politiques.
Et il faut d’abord observer que tous les habitants
de la planète Terre ne sont pas à égalité : pour ne prendre qu’un exemple, les Etats-Unis,
qui ne représentent que 5% de la population mondiale, consomment à eux seuls 26
% de la production mondiale de pétrole… La notion d’empreinte écologique (estimation,
pour une personne ou un pays, de la
superficie nécessaire pour satisfaire aux consommations de cette personne ou de
ce pays, sans épuisement des ressources) peut aider à des prises de consciences
individuelles (calculez votre empreinte écologique : http://www.agir21.org/), et à des arbitrages
internationaux (il
ne serait pas équitable d’imposer aux pays du Sud les mêmes efforts qu’aux pays
dits « développés » pour réduire l’effet de serre ou pour retarder
l’épuisement des ressources fossiles).
Pour nous, en France, le choix est-il alors entre
croissance (on va dans le mur) et décroissance (le chômage s’étend encore
plus) ? René Passet, professeur à Paris I et membre fondateur d’ATTAC,
observe : « la croissance repose essentiellement sur sa composante
immatérielle » (donc moins dévoreuse de ressources). Et il ajoute :
« la question se pose - et doit être sérieusement étudiée - de la
possibilité d’une telle croissance, dont les impacts se situeraient dans les
limites des flux de reconstitution de la nature ».
De fait,
dans notre consommation (voir Citoyen du monde à Montrouge n°3), la part des
biens matériels (alimentation, habillement, équipement du logement, …) diminue
au profit des services (logement, chauffage, santé, loisirs, transports,
éducation,…). Tout est chiffré en euros, mais il faudrait adapter nos outils
statistiques et comptables pour pouvoir distinguer, pour chacun des biens
ou services consommés, quelles sont les quantités de matière utilisées (en
distinguant les matières premières fossiles, épuisables, les ressources
provenant de récupération , et les ressources renouvelables), quelle est la
quantité d’énergie consommée (là encore en distinguant les énergies fossiles et
les énergies renouvelables), et quelle
est la consommation de temps de travail. Il faudrait même, pour les biens
matériels, raisonner sur la totalité du cycle de vie : conception,
fabrication, transport, emballage, commercialisation, traitement des déchets.
La
consommation de ressources non renouvelables en prive les hommes des
générations à venir : il faudrait donc la réduire drastiquement. La
consommation de ressources renouvelables trouve sa limite dans le temps qu’il
faut pour que les ressources soient renouvelées. La consommation de temps de
travail pose la question de la répartition souhaitable entre temps de
travail et temps libre. Et, pour les services, de la répartition entre services
bénévoles et services marchands : imagine-t-on d’ en arriver à payer les
enfants quand ceux-ci lavent la vaisselle ? ou à se faire payer quand on
rend visite à une personne âgée ? En fonction de quels critères opérer ce
partage ?
L’évolution
des besoins, qu’il s’agisse de santé, de logement, d’éducation, de transports,
d’alimentation , … est largement prévisible, dans la mesure où elle dépend de
la démographie. Elle dépend aussi de choix collectifs, de choix de société.
Quels sont les vrais besoins ( à distinguer des
envies, des caprices, des modes) ?
Il faut imposer au débat politique, ou au moins au
débat citoyen, une réflexion prospective aussi honnête et argumentée que
possible : où serons-nous dans vingt ans, dans trente ans, au train actuel
des choses ? Est-ce là que nous
voulons aller ? comment orienter les événements dans le sens que nous
souhaitons ? Ce questionnement se pose au niveau de la planète, de
l’Europe, du pays, de la région, du département, de la commune, du quartier. Il
faut imposer à tous ces niveaux une planification démocratique.
Mais au fait, le saviez-vous ? Il existe en
France un commissariat général au Plan !
On n’en entend jamais parler …
Bonnes nouvelles : les Franciliens
retrouvent le goût de la marche à pied…
Pour effectuer une moyenne de 3,5 déplacements par jour, une grande partie des 11 millions de Franciliens ont retrouvé le goût de la marche à pied, qu’ils délaissaient jusque là (selon une enquête réalisée par la direction régionale de l’équipement). On note un recul important des trajets banlieue- Paris (200 000). L’usage de l’automobile n’a augmenté que de 1% par an entre 1991 et 2001 (au lieu de +2,6% pendant chacune des 5 années précédentes).
La mise en service, le 16 décembre, du prolongement des lignes E du RER et 14 du métro (METEOR) devrait contribuer à décongestionner des transports publics saturés.
… et à Lyon, on réinvente les cyclotaxis .
La population mondiale
a doublé en 37 ans pour dépasser les 6 milliards
d’habitants, auxquels s’ajoutera un autre milliard dans l’espace de douze à quinze ans.
La conférence des Nations Unies sur le climat s’est achevée dans le pessimisme le 12
décembre. L’opposition des Etats-Unis et l’absence de la Russie menacent la
survie du protocole de Kyoto. Adopté en 1997, celui-ci prévoit une réduction de
l’émission des gaz à effet de serre de 5%
à l’horizon 2010 par rapport au volume émis en 1990, mais pour entrer en
vigueur, il doit être signé par des Etats représentant 55 % des émissions
mondiales de gaz carbonique.
Le gouvernement français devait présenter le 15
décembre son plan « climat » : cette annonce est à nouveau
reportée. Pourtant, les rejets des
secteurs des transports et de l’habitat ont explosé ces dernières années.
Les Etats-Unis menacent de s’affranchir du protocole de Montréal sur la couche
d’ozone. Le protocole de Montréal, signé en 1997, ratifié par plus de 150
pays dont les Etats-Unis, organise l’élimination des 96 produits attaquant la
couche d’ozone qui joue un rôle essentiel à la vie sur la terre en filtrant les
rayons UV B et C émis par le soleil (Le
Monde 16 novembre)
Tankers et cargos sont les cibles de nouvelles
menaces terroristes. Le cauchemar du pétrolier transformé en bombe flottante
hante l’Asie du Sud-Est.
En Georgie, une révolution pacifique a
renversé M. Chevardnaze. La Géorgie est une république par laquelle passe un oléoduc stratégique reliant Bakou
(sur la mer Caspienne) à la Mer Noire
(et il y a en outre un projet d’oléoduc reliant Bakou à la Méditerranée
par la Turquie).
Ouf ! L’administration Bush a abandonné l’idée
des forages pétroliers en Alaska (qui auraient entraîné une catastrophe
écologique majeure).
Le Gabon commence à penser à l’après-pétrole. Les
puits de pétrole s’assèchent. La production est passée de 18,5 à 12,5 millions
de tonnes entre 1997 et 2002. Et si de nouveaux gisements ne sont pas
découverts, elle va diminuer de moitié dans les cinq ans à venir. Ce qui risque
de déclencher un séisme dans l’économie, totalement dépendante de cette matière
première. « Pendant les trente dernières années, l’or noir a représenté 30
% du produit intérieur brut, plus de 60 % des ressources budgétaires et 70 %
des recettes à l’exportation » , indique Paul Toungui, le ministre de
l’économie et des finances. (Le Monde, 16 décembre)
« Dans 20 ans environ, la production de pétrole
décrochera progressivement de la demande provoquant une tension sur les prix,
source de conflits. Les compagnies internationales qui gèreront les stocks
critiques contrôleront le développement des pays dépendants. Sans une taxation
du carbone, le charbon liquéfié risque alors d’envahir les marchés.
Si dans les 20 prochaines années, l’Europe
n’encourage pas les investissements nécessaires à la production, au transport
et à la distribution d’une énergie économiquement et socialement acceptable,
écologiquement viable, elle verra ses positions décliner et sa dépendance
augmenter. » (Patrice Hernu, Ecologie bleue, JC Le Scornet, CNRS, Serge Perez, CGT, qui ajoutent, et on ne
sera pas obligé de les suivre sur ce terrain : « Dans ce contexte, le
nucléaire apparaît comme une des composantes des choix énergétiques »).
forme 260 000 ingénieurs de haut niveau chaque
année. Il y aurait aujourd’hui moins d’ingénieurs dans la Silicon Valley aux Etats-Unis
(120 000) qu’à Bangalore en Inde (150 000). L’Inde s’impose comme destination
préférée des grandes firmes de service et de technologies pour installer
laboratoires et centres d’appels.
La Chine
« Elle produit à l’heure actuelle 83 % des
tracteurs, 75% des montres, 70% des jouets, 60% des vélos, 50 % des ordinateurs
portables et des téléphones de la planète. En attendant mieux, puisque grâce à
son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce, ses exportations
promettent de bousculer à brève échéance le marché du textile. Ses
importations, de leur côté, pèsent de plus en plus sur les cours du pétrole…
Bien sûr, on ne compte pas les difficultés auxquelles celle-ci se heurte, à
commencer par l’existence de dizaines de millions de paysans sans terre… » (André
Fontaine, Le Monde, 9 décembre ).
La Chine a évalué son potentiel éolien à 250
000 MW. Le groupe allemand Vestas vient de conclure un important contrat avec
la Chine. Un premier parc de 16 MW avec 12 éoliennes est en construction dans
la région de Shandong. (Silence novembre 2003)
« Ces travailleurs chinois avaient eu la
prétention de fonder un syndicat en Chine, premier crime, et un syndicat libre.
On croit rêver. Où ont-ils la tête ? Ils l’ont en prison. Leurs peines
s’étagent de deux à seize ans pour le plus coupable des huit (Delfeil de Ton,
Nouvel Observateur, 6 novembre, qui dénonce aussi la condamnation à trois ans
de prison d’un avocat chinois coupable d’avoir révélé à des journalistes
l’expulsion de leurs logements d’un demi-millier de résidants de Shanghai).
Etats-Unis
La reprise mondiale de l’économie avance au bord
d’un véritable gouffre : un déficit de la balance des paiements des Etats-Unis de 500 milliards de dollars. Les investisseurs, notamment les banques
centrales du Japon et de la Chine, placent leurs avoirs en bons du trésor
américains et en titres divers, permettant ainsi aux Etatsuniens de vivre à
crédit au dessus de leurs moyens dans des proportions considérables
(éditorial du Monde du 20 novembre).
Le projet de constitution européenne a finalement
capoté sur la répartition des votes et pouvoirs entre nations.
De toute façon, même si le sommet européen de
Bruxelles du 13 décembre avait abouti à un accord, le nouvel accord n’aurait
pris effet qu’en 2009. Dans l’intervalle, c’est le traité de Nice qui aurait
été appliqué. Jugé aujourd’hui (à juste titre) impraticable, ce traité, signé
en décembre 2000 sous présidence française, avait été présenté par Jacques
Chirac comme « le meilleur texte européen qui ait été signé depuis
l’existence du Marché commun ».
C’est donc le traité de Nice qui va s’appliquer,
dans une Union européenne élargie à 25 membres : paralysie assurée.
Pourtant, « sur un nombre croissant de sujets, allant
du Proche-Orient aux droits sur l’acier, en passant par le droit des
prisonniers de Guantanamo et l’effet de serre, l’Union , même élargie, affiche
de plus en plus nettement sa différence » (André Fontaine, Le
Monde, 9 décembre ). Il est urgent qu’une Europe démocratique voie enfin
le jour !
L’économie sociale représente en Europe 8
millions d’emplois en équivalent temps plein, et 7,7 % de l’emploi civil
salarié ; les banques coopératives détiennent 17% du marché bancaire, les
coopératives et mutuelles d’assurance, presque 30 % du marché. (Jean-Louis
Laville, Politis 6/11 hors série Forum
social)
« Toutes les expériences d’économie sociale se
retrouvent autour du refus de la marchandisation de l’ensemble de la vie
sociale. Les promoteurs et réseaux associés conçoivent les activités à partir
de l’implication des parties prenantes (usagers, travailleurs, volontaires…) et
non de l’exigence de rentabilisation du capital ; ils inventent ainsi des
services qui reposent sur une coconstruction de l’offre et de la demande par la
décision entre ces parties prenantes, ce que ne permettent pas les services
marchands. » (même source)
La commune de Swaffham dans le Norfolk( GB), 10 000
habitants pourrait être la 1ère commune britannique à produire
entièrement son électricité. Les deux éoliennes
installées produisent déjà 75 % de l’électricité de la commune. (Silence
novembre 2003)
A partir du 1/1/2004, le RMA revenu minimum
d’activité , contrat de 6 mois renouvelable 3 fois au maximum, pour 20 heures
hebdomadaires, sera proposé aux personnes touchant le RMI depuis au moins un
an. On ne pourra quitter son poste qu’à condition de décrocher ailleurs un CDI
ou un CDD de 6 mois au minimum. Le salarié recevra 545 euros par mois (80
heures au SMIC horaire), l’employeur ne déboursera que 183 euros, et paiera des
charges sociales que sur cette somme, le reste de la somme (l’équivalent du
RMI) étant versé par le conseil général. Présenté comme un dispositif d’insertion, le RMA va donc
enfermer un peu plus les chômeurs dans l’exclusion en privant les « RMAstes » des droits au chômage et à
la retraite normalement attachés à la fiche de paie.
Le RMA est aussi une machine de guerre contre le
SMIC : les RMAstes seront les nouveaux champions du travail flexible et
bon marché, devant les CDD renouvelés sans fin et les intérimaires.
Il n’est rien prévu pour les bénéficiaires du RMA au
bout des 18 mois du contrat sil l’entreprise ne les embauche pas. Ils risquent
de tout perdre .
La gestion du RMI/RMA est transférée aux
départements, qui pourront déléguer leur pouvoir au maire. Le risque d’être
radié en cas de refus d’un contrat RMA est bien réel.
Cette loi est « une honte sociale », pour
le PS.
« Dialogue
social » : victoire du MEDEF
Le projet de loi Fillon prévoit que les accords
d’entreprise pourront remplacer les accords de branche, même si ceux-ci sont
plus avantageux pour les salariés. Il s’agit là, commente la CFDT (notamment)
d’une victoire du MEDEF qui ouvre la porte à une dérégulation sociale,
entreprise par entreprise.
29,3 %
de chômeurs à La Réunion ! 26 % en Guadeloupe !
1991 : Altus,
filiale du Crédit lyonnais achète pour 3,25 milliards de dollars la
compagnie américaine d’assurance-vie Executive Life, au bord de la faillite, et
son portefeuille d’obligations (pour contourner la loi américaine en vigueur
qui interdit à un établissement bancaire de détenir des participations
supérieures à 25 % dans des entreprises, Altus, par un accord secret, fait
acheter Executive Life par plusieurs « complices », dont la MAAF, qui
s’engagent à les revendre à Altus au plus tard fin 1994) .
1992 Avec la baisse des taux d’intérêt, la
valeur de ce portefeuille explose.
Jean-Yves Haberer, président du Crédit Lyonnais, reçoit la médaille d’or de la
Chambre de commerce internationale de New York, pour saluer ce « coup de
l’année ». Il apparaît nécessaire de faire intervenir d’autres
« compères » : une holding, Artemis, est montée avec François Pinault (un grand ami de Jacques Chirac)
pour reprendre la moitié du portefeuille d’obligations (elle en prendra le
contrôle total en 1995).
1999 : informé par un mystérieux homme
d’affaires français, un commissaire californien aux assurances engage une
procédure civile pour défendre les intérêts des assurés d’ Executive Life ;
en parallèle, le parquet de Los Angeles ouvre une enquête pénale et une enquête administrative.
15 décembre 2003 : Un accord est
trouvé pour plus d’un milliard de dollars d’amende et de caution.:
770 millions de dollars d’amende, plus le séquestre de la compagnie d’assurance
Aurora (ex- Executive Life) estimé à 250 millions de dollars.
L’Etat français versera 475 millions de dollars pour
clore le dossier (dont 375 millions dans la procédure civile). « En tant
que contribuable, vous pouvez dormir tranquille », a déclaré le ministre
de l’Economie, Francis Mer. .. Mais le CDR, structure chargée des anciens
actifs et risques du Crédit Lyonnais, ne pourra pas rembourser à l’Etat
l’emprunt qu’il a souscrit – à travers l’EFPR- pour acquérir les actifs du
Lyonnais lors du sauvetage de la banque. Chaque année, l’Etat affecte environ
900 millions d’euros de dotation en capital à l’EFPR. Et la dette de l’EFPR
s’élève encore à 6,5 milliards d’euros…(d’après Le Monde 24/11, 13/12, 17/12).
En outre, des prolongations ne sont pas à
exclure : le procès civil qui doit s’ouvrir en 2005 s’annonce
imprévisible. Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, n’est pas
compris dans l’accord…
Commentaire d’Eric LeBoucher (Le Monde 14/12) :
La France paiera près de 1 milliard de dollars un compromis qu’elle aurait pu
obtenir pour 100 millions il y a trois ans…
Avec 22,8 suicides pour 10 000 détenus, la
France détient l’un des taux les plus élevés d’Europe. En 2002, 122 détenus se
sont donné la mort. La continuité des soins est généralement assurée en prison,
sauf pour la prise en charge psychiatrique et psychologique. La dépression touche entre 15 et 50% des détenus.
La capacité d’accueil et de traitement des hôpitaux est insuffisante : les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont renvoyés à domicile, à la rue, et pour une part, se retrouvent en prison. Mais, bonne nouvelle, dormez, braves gens : on va accroître la capacité des prisons (il y a même un Secrétaire d’Etat pour ça !)…
Selon un projet de loi en discussion au
Parlement : la garde à vue, pour le crime organisé, sera portée
à 96 heures (la plus longue d’Europe) ; on introduit, à l’instar des
Etats-Unis, le « plaider-coupable » (le procureur propose une peine
en échange d’une reconnaissance préalable de culpabilité ) ; la police
sera autorisée, sous le contrôle d’un juge, à poser des micros ou des caméras
dans des lieux privés : cette évolution est « lourde de
dangers », « contraire aux principes européens « , selon Robert
Badinter. «Le nécessaire équilibre entre le pouvoir de l’accusation et les
droits de la défense est rompu », selon le président de la commission des
textes du Conseil national des barreaux. « Formidable régression des
libertés individuelles » , conclut Le Monde dans un éditorial.
L’économie, qui produit de plus en plus d’objets
inutiles, peine à trouver toujours de nouveaux moteurs.
Selon Alternatives Economiques (2ème
trimestre 2003), l’agriculture, qui représentait encore 10% de l’emploi total
en 1975, n’en représentait plus que 4% en 2001 ; l’industrie, dans le même
temps, est passée de 39 % à 23 % de
l’emploi total ; tandis que les services (on disait autrefois le
tertiaire) sont passés de 51% à 73 % .
Le fait qu’une part croissante de l’activité
économique est consacrée à des productions de moins en moins indispensables
n’est certainement pas étranger au caractère erratique des fluctuations (bulles
spéculatives, crash, …).
Si le monde
entier avait le même impact écologique que la France, il faudrait près de trois
planètes pour espérer vivre de façon durable » - extrait du rapport
Planète vivante 2002 du WWF avec le programme des Nations unies pour l’
environnement (PNUE). L’empreinte écologique est un indicateur du WWF (World
Wildelife Foundation)
Alain Etchegoyen, commissaire au Plan , a
annoncé en septembre qu’il supprimait tous les postes de chargés de mission
auprès du commissaire car l’institution a besoin d’une « organisation
allégée » …(Alternatives économiques , décembre 2003)
La part des énergies renouvelables dans la
production électrique est passée de 20,6 % en 1993 à 18,4 % en 2001 (Silence
novembre 2003)
Clermont-Ferrand : la ville a installé sur le
toit du bâtiment des services techniques de la ville une installation
photovoltaïque de 250 m2 qui va recharger les accus de 32 véhicules électriques
de la ville.
La ville de Paris a entrepris la renégociation
des contrats pour la production et la fourniture de l’eau potable depuis
janvier 2003. La rive droite est desservie par une filiale de Veolia
Environnement, la rive gauche par une filiale de Suez-Lyonnaise des eaux. La
facture d’eau a augmenté de 123 % depuis 1990. Les gestionnaires ont dégagé
une marge de … 40 % en 2001.
Grenoble a repris en régie publique l’eau et
l’assainissement en 2001. Le prix de l’eau a baissé, la qualité s’est
améliorée.
A Neufchateau, dans les Vosges, la
municipalité a rompu son contrat (de 30 ans ) avec Vivendi.
Dans le département de la Vienne, 80 % de
l’eau fait l’objet d’une gestion publique.
Montrouge
(d’après le Montrouge magazine de novembre-décembre
2003)
4 jardins d’enfants ont été ou vont être
créés ( rue Jules Guesde, 146 rue Maurice Arnoux, 105 et 43 avenue H.
Ginoux) d’ici fin 2004. Les enfants accueillis aujourd’hui dans les grandes
sections des crèches pourront passer
dans ces jardins d’enfants et libérer
des places en crèche pour les bébés. Plus de 100 petits montrougiens sont
concernés. Un espace multi-accueil d’une capacité de 25 places va être créé
dans la ZAC Messier. La ville propose un dispositif d’allocations municipales
pour l’accueil des enfants à domicile.
11 ouvertures de classes, 25 élèves en moyenne (au
lieu de 29 en 2002) :
52 classes et 1525 enfants en maternelle
71 classes et 1759 enfants dans les écoles
élémentaires
2500 enfants inscrits au service de restauration
scolaire
Le métro
arrivera à la mairie de
Montrouge en fin 2007 (début des
travaux fin 2004)
Toujours du nouveau sur le site (pertinent et
impertinent) de Montbouge ( www.montbouge.net): voir notamment
des photos insolites
Courrier des lecteurs :
N.
M. Sur le nucléaire, il me semble qu'il ne faut pas
rejetter systématiquement ce type d'énergie sous prétexte que c'est
potentiellement dangereux. Le pétrole est également dangereux. Je serais
intéressé dans le prochain numéro d'avoir un avis sur le pétrole de synthèse et
les biocarburants (ex : en Pologne, on peut acheter de l'essence qui contient
10 % de biocarburant produit par les agriculteurs polonais).
A noter
dès maintenant :
à Montrouge, réunion publique-débat
organisée par ATTAC-Montrouge, sur l’école.
Si vous souhaitez que cette lettre mensuelle soit adressée à d’autres personnes de votre connaissance, indiquez leur adresse électronique à jean-paul.alletru@wanadoo.fr. Si vous souhaitez ne plus la recevoir, ou si vous voulez faire part de réactions, commentaires, informations, faites le savoir par un message à cette même adresse. Vous pouvez également consulter le site http://perso.wanadoo.fr/citoyens-a-montrouge.