A partir de 2034, il faudra se passer de pétrole
Pour répondre à cette question, il nous faut d’abord connaître le niveau des réserves de pétrole.
Puis connaître la consommation actuelle, et l’évolution prévisible de cette consommation.
Sources :
Rifkin :
« l’économie hydrogène », Editions La découverte, 2002
Institut
Français du Pétrole : www.ifp.fr
British Petroleum Statistical review of World
energy : www.bp.com/centres/energy
rapport du Commissariat au Plan « énergie 2010-2020, les chemins d’une croissance sobre », ( Pierre Boisson, octobre 1998)
Science et vie hors série, décembre 2003 : le siècle du nucléaire
Selon l’IFP, au 1/1/2003, (et, dans les colonnes de droite, selon BP, réserves prouvées en 2002, source Oil&Gas Journal) les réserves mondiales de pétrole sont les suivantes (en Gtep, milliards de tonnes-équivalent pétrole):
Moyen Orient 93,5 56,5% 93,4
Amérique du Nord 29,3 17,7% 6,4
Amérique latine 13,4 8 ,1 % 14,1
Afrique 10,6 6,4% 10,3
Ex-URSS 10,6 6,4% 13,3 (avec Europe)
Extrême-Orient et Océanie 5,3 3,2% 5,2
Europe 2,7 1,6%
Total 165,4 100% 142,7
(Sur ce total, source IFP, les pays regroupés dans l’OPEP représentent 111,7 Gtep)
Il est impossible d’avoir des chiffres précis et fiables.
Les « réserves » désignent la quantité de pétrole dont on a établi qu’elle était présente dans les champs exploités et susceptible d’être extraite au moyen des technologies existantes, dans des délais prévisibles, avec des coûts d’exploitation raisonnables (Rifkin, p24).
« L’état des réserves de pétrole est publié chaque année dans le Oil & Gas Journal et dans World Oil. Ces journaux spécialisés passent chaque pays en revue et publient les statistiques nationales, sans que ces chiffres fassent l’objet d’une vérification indépendante ». Il peut en outre y avoir d’énormes différences entre ces deux sources (p 29). (Rifkin)
On
note F95 les réserves existant avec une probabilité de 95% ; F50, celle
qui existent avec une probabilité de 50%, F5, celles qui existent avec une
probabilité de 5%. Par exemple pour l’Algérie, selon ces trois niveaux, les
réserves sont de 1,7 Gb, 6,9 Gb ou 16,3 Gb. Dans les rapports on retient la
moyenne. (Ou encore, selon Rifkin, l’estimation retenue varie selon les Etats.
Les pays producteurs de
pétrole ont intérêt à « gonfler » les estimations de leurs réserves,
pour bénéficier de prêts plus intéressants.)
Récemment (janvier 2004), Shell a revu à la baisse (de 20% !) l’estimation de ses réserves « prouvées ». A la suite de quoi, la Securities and Exchange Commission (gendarme de la Bourse états-unienne) envisage d’imposer aux compagnies pétrolières une procédure de certification par des ingénieurs indépendants des réserves prouvées.
La quantité de réserves augmente au fur et à mesure que de nouveaux gisements sont découverts.
Les
réserves en 1978 représentaient 28
ans de la consommation de l’époque ; celles de 2000, 42 ans.
Dans le rapport Boiteux du commissariat au plan sur « transports : choix des investissements et coût des nuisances » (juin 2001), on lit : « depuis 25 ans le stock a progressé plus rapidement que les prélèvements ». Mais selon Rifkin, « tandis que les sociétés pétrolières découvraient en moyenne 7Gb de pétrole par an au cours des années 1990, elles en produisaient trois fois plus. » « Nous consommons deux barils de pétrole brut conventionnel pour chaque nouveau baril découvert »
Selon l’Association for the study of peak oil (ASPO), les réserves déjà découvertes et probables (y compris celles déjà consommées) représentent 1750 milliards de baril (Gb).
1baril correspond à 0,136 tep, et 1 tep correspond à 7,34 barils.
1 baril = 158,984 litres. Le pétrole est moins dense que l’eau (densité 0,855)
1
tep = 11,63 MWheure (sous forme de chaleur)(et peut être transformée en 3,5 à
3,8 MWheure d’énergie électrique).
Comme
d’après BP les réserves disponibles sont de 1047,7 Gb, on en aurait
consommé environ 700 Gb, soit 40 % du
total. D’après Rifkin – « les géologues s’accordent sur le fait que plus
de 875 Gb ont jusqu’ici été extraits du sous-sol », au cours des 140
dernières années. N’oublions
pas que la nature a mis des millions d’années à constituer ces réserves de
pétrole…
L’USGS
(United States Geological Survey), rattachée au ministère de l’intérieur des
Etats-Unis, estime que le nombre de réserves globales exploitable est de 3003
Gb. Sur cette base, le département américain de l’énergie (EIA) prévoit une augmentation de
la production de pétrole de 2% jusqu’à 2037, puis une chute de 10 % par an .
( !)
Jean Laherrere, géologue français, anciennement salarié de Total, estime qu’il y a falsification des données officielles.
En 1998, Campbell et Laherrere publiaient, dans « Scientific american », un article intitulé « la fin du pétrole bon marché ». Selon eux, les réserves « F50 » de pétrole conventionnel se situeraient à 850 Gb (soit 115,6 tep), et qu’on pourrait découvrir 150 Gb supplémentaires. D’après eux, les pays producteurs qui ne font pas partie de l’OPEP verront leur production culminer avant 2010, tandis que les principaux membres de l’OPEP atteindront vraisemblablement le pic de leur courbe de production vers 2015.
Source
UFIP rapport 2000, réserves mondiales :
Moyen
–Orient 93,2 Gt
Amérique
du nord 7,5
Amérique
du Sud 13,0
Europe
occidentale 2,3
Europe
orientale 8,1
Afrique
10,2
.
Au delà des « réserves » dans le sens indiqué ci-dessus, on parle de « ressources » (Rifkin p24). La quantité de ressources dépend du prix qu’on est prêt à payer. Plus les gisements sont difficiles à exploiter, plus le pétrole qui sera extrait sera coûteux ; mais si on augmente le prix qu’on est prêt à payer, on augmente aussi la quantité des ressources. Au delà du pétrole « conventionnel », on parle aussi de gisements « non conventionnels » (sables bitumeux, huile lourde, pétrole en offshore profond et en région polaire, huile de schiste).
« Le
gouvernement américain mentionne souvent le fait que les
« ressources » en huile de schiste sont suffisamment abondantes pour
produire 2000 milliards de barils de pétrole. Mais il oublie de préciser que
les techniques de forage et de raffinage existantes ne permettent pas d’en
rentabiliser l’exploitation » (Rifkin)
L’administration
Bush a abandonné l’idée des forages pétroliers en Alaska (qui auraient entraîné
une catastrophe écologique majeure).
Le centre du pétrole lourd et des sables bitumeux, qui dépend de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, estime que les réserves mondiales d’huile lourde récupérables équivalent à peu près au tiers des réserves mondiales de pétrole et de gaz. Actuellement, cette ressource ne représente que 3,5% de la production mondiale de pétrole. Le prix de revient est élevé : Syncrude Canada dépense près de 12 $ pour chaque baril de pétrole produit. (le même baril ne coûte à l’Arabie saoudite qu’un dollar). La société Syncrude émet 240 tonnes de dioxyde de soufre, c’est-à-dire 25 fois la quantité émise par une raffinerie conventionnelle produisant la même quantité de pétrole au Texas. Les procédés d’extraction requièrent d’énormes quantités d’eau, qui doivent être portées à une température élevée. Le procédé d’extraction laisse derrière lui des boues résiduelles qui ne peuvent être récupérées. [source /Rifkin]
Les
principales sociétés pétrolières sont :
Standard Oil Co, Texas corporation, Gulf Oil
Co, Standard Oil of California, Socony Mobil Oil, Shell, BP, CFPétrole
Dans la suite de ce texte, nous considérerons que les ressources mondiales s’élèvent à 165,4 Gtep.
Selon
BP statistical review, la consommation d’énergie primaire en 2000 , 10 593 Mtep
se ventile en 33,1 % pour le pétrole (soit 3506 Mtep), 20,6 % pour le
charbon, 20,5 % pour le gaz, 6,3% pour le nucléaire, 11,3% pour la biomasse,
6,5 % pour l’hydraulique, 1,7 % pour le total solaire et éolien (chiffres un
peu différents de ceux de Rifkin). (Selon denis Babusiaux, de l’IFP, cité par
Science et Vie, la consommation totale d’énergie primaire est comprise entre
8,5 et 10 Gtep/an ; elle n’était que de 3Gtep en 1960. Science et Vie, p7,
donne la part du pétrole à 40% de ce total.
Les
durées estimées avant la pénurie de pétrole sont toujours, dans la littérature
disponible, calculées en divisant les réserves par la consommation actuelle.
C’est
ainsi que dans le rapport Boisson, on trouve les données suivantes sur les
réserves de sources d’énergie fossiles :
Gtep
en 1995 réserves production/an R/P en années
Charbon 517 2,2 232
Pétrole 138 3,2 43
Gaz
naturel 126 1,9 66
Uranium
réacteur eau légère 30 0,5
Avec
nos hypothèses (réserves de 165,4 Gtep, consommation annuelle de 3,506 Gtep),
nous aurions 47,2 années de consommation devant nous à partir de 2000, donc en
début 2004 44,2 années de consommation.
Mais
la tendance lourde est à l’augmentation sensible de la consommation.
Rifkin : Au début du XXème siècle, le pétrole représentait moins de 4 % de la consommation énergétique mondiale. Dans les années 1970, cette consommation s’élevait à 2500 Mt par an, elle avait été multipliée par 200 en 70 ans. Les combustibles fossiles couvrent aujourd’hui plus de 85% des besoins énergétiques mondiaux : le pétrole 40%, le charbon 22% et le gaz naturel 23 %, l’énergie nucléaire 7 %, de même que l’énergie hydroélectrique ; les énergies solaire, géothermique, éolienne et la combustion du bois ou de la biomasse n’en couvrent chacune que 1%. La consommation d’énergie a été multipliée par 70 depuis le début de l’ère des combustibles fossiles.
L’augmentation de la population mondiale, l’élévation du niveau de vie en Asie (et en particulier en Chine), l’incapacité du marché à anticiper la pénurie prochaine, l’insuffisante mobilisation des forces politiques, vont concourir à ce que, dans les prochaines années, la consommation de pétrole se poursuive de façon accélérée.
La population mondiale va passer de 6,2 à 7,5 milliards d’habitants d’ici 2020, 9 milliards en 2050, pour se stabiliser finalement entre 10 et 12 milliards.
Selon le rapport du Commissariat au Plan « énergie 2010-2020, les chemins d’une croissance sobre », ( Pierre Boisson, octobre 1998) :
En 1950, 2,5 milliards d’habitants consommaient 1,6 Gtep (énergie consommée, toutes
sources confondues).
En 1995, 5,7 milliards d’habitants consommaient 9 Gtep.
En 2050, 8 à 10 milliards d’habitants consommeront 25 Gtep/an.
Le rapport précise : l’Inde et la Chine pourraient s’approcher du niveau de développement qu’avait le Japon en 1973
La
Chine consomme 0,8 tep/hab/an « aujourd’hui » (1998).
Le
Japon consommait 0,5 tep/hab/an en 1995, 3 en 1973, 4 en 1995.
Europe,
Amérique du nord, Japon : en 1950, 800 M hab, 1,8 tep/hab/an
en 1995,
1150 M hab, 4,7 tep/hab/an
en 2050, 1140 M hab, 4,7
tep/hab/an, 5,4 Gtep
Asie,
Afrique, Océanie, Amérique latine en 1950, 1720 M hab, 0,08
tep/hab/an
en 1995,
4620 M hab, 0,6 tep/hab/an
en 2050, 8140 M hab, 1 tep/hab/an 8,1 Gtep
2 tep/an/hab 16,3 Gtep
3 tep/an/hab 24,4 Gtep
Total : selon l’hypothèse retenue pour la consommation des pays du Sud, 13,5, 21,6 ou 29,8 Gtep/an.
Le taux de croissance
actuel de la Chine (voisin de 10% par an), inimaginable en 1998, donne à penser
que son « rattrapage » sera beaucoup plus rapide.
C’est pourquoi il est
raisonnable de retenir le haut de la fourchette (qui correspond,
soulignons-le, à l’hypothèse, non exagérément « optimiste », selon
laquelle les pays du Sud, auront atteint en 2050 le niveau de vie du Japon en
1973) soit une consommation totale d’énergie en 2050 de 29,8 Gtep/an,
ce qui correspond à une croissance de la consommation de 2,1 % par an.
Science et Vie, citant le rapport Global Energy Perspectives, élaboré par l’International Institute for Applied Systems pour le compte du Conseil mondial de l’énergie, donne pour 2050 une augmentation de la consommation mondiale d’énergie comprise entre +40% et + 140 %.
Ces hypothèses ne tiennent pas la route : selon le même Science et Vie, la consommation à plus que triplé, comme on l’a indiqué ci-dessus, en 40 ans, passant de 3 Gtep en 1960 à 4,4 en 1970, et entre 8,5 et 10 aujourd’hui.
Si on suppose dans un premier temps que, dans cette consommation totale d’énergie, la part de pétrole reste la même qu’en 2000 (33,1 %) , la diminution des réserves suivra le parcours suivant :
|
Année |
réserves de pétrole en Gtep |
consommation |
|
2000 |
|
3,506 |
|
2001 |
|
3,58 |
|
2002 |
165,4 |
3,65 |
|
2003 |
161,75 |
3,73 |
|
2004 |
158,02 |
3,81 |
|
2005 |
154,21 |
3,89 |
|
2006 |
150,32 |
3,97 |
|
2007 |
146,35 |
4,05 |
|
2008 |
142,3 |
4,14 |
|
2009 |
138,16 |
4,23 |
|
2010 |
133,93 |
4,32 |
|
2011 |
129,61 |
4,41 |
|
2012 |
125,2 |
4,50 |
|
2013 |
120,7 |
4,59 |
|
2014 |
116,11 |
4,70 |
|
2015 |
111,41 |
4,78 |
|
2016 |
106,63 |
4,89 |
|
2017 |
101,74 |
4,99 |
|
2018 |
96,75 |
5,10 |
|
2019 |
91,65 |
5,20 |
|
2020 |
86,45 |
5,31 |
|
2021 |
81,14 |
5,42 |
|
2022 |
75,72 |
5,54 |
|
2023 |
70,18 |
5,65 |
|
2024 |
64,53 |
5,77 |
|
2025 |
58,76 |
5,89 |
|
2026 |
52,87 |
6,01 |
|
2027 |
46,86 |
6,14 |
|
2028 |
40,72 |
6,27 |
|
2029 |
34, 45 |
6,41 |
|
2030 |
28,04 |
6,54 |
|
2031 |
21,37 |
6,67 |
|
2032 |
14,55 |
6,82 |
|
2033 |
7,73 |
6,96 |
|
2034 |
0,77 |
7,11 |
|
2035 |
- |
7,25 |
En 2034, avec des hypothèses malheureusement réalistes de
consommation, le pétrole sera épuisé.
(Rifkin
, citant l’ EIA, agence d’information sur l’énergie : la demande mondiale
passera de 80 à 120 Mb/jour d’ici 2020, ce qui correspond à 5,9 gtep/an, au
lieu de 8,3 dans le tableau ci-dessus ; chiffrage non argumenté).
Les
forces qui tendent à une accélération de la consommation sont
considérables : volonté des pays « en développement » de
rattraper ce qu’ils considèrent comme
un « retard » (explosion du nombre d’automobiles en circulation en
Chine, par exemple ; volonté des
pays exportateurs (Russie, Moyen –Orient, …) de tirer le maximum de ressources
de l’exploitation de leurs réserves.
Les
freins sont au contraire très faibles : les cris d’alarme de ceux qui se
préoccupent du réchauffement de la planète ou de l’épuisement prévisible des
ressources pèsent de peu de poids pour des décideurs politiques confrontés aux
questions de court terme, et jugés (reconduits ou non par les électeurs) sur
ces questions ; le marché est incapable d’anticipation (pour des ressources
en voie d’épuisement, donc de raréfaction prochaine, le prix devrait être
extrêmement élevé) ; les lobbies des sociétés pétrolières, des transports
et de l’automobile représentent des puissances considérables.
En
outre les énergies de substitution au pétrole ne seront pas faciles à mettre en
oeuvre, dans des secteurs gourmands comme les transports, contrairement à ce
que peuvent donner à penser les discours « optimistes » et lénifiants
sur la production d’énergie électrique nucléaire, grâce à la fusion, qui ne
consommerait que très peu d’Uranium fossile, ou sur le stockage de l’ énergie
électrique grâce à l’hydrogène, ou sur la conversion du parc automobile pour
fonctionner à l’hydrogène…
Il
faut donc s’attendre à ce que la recherche de solutions pour répondre à la
pénurie annoncée de pétrole n’intervienne sérieusement que de façon très
tardive (dans dix ou même quinze ans).
L’épuisement
du pétrole ne se fera pas au même rythme pour tous les gisements.
Dans
son site internet, BP indique par pays les durées d’exploitation par pays
(données reprises dans le numéro hors série d’Alternatives Economiques du 4ème
trimestre 2003, p 81. La durée qui nous sépare de l’épuisement (à partir de
2001) est obtenue en divisant le niveau des réserves par la consommation annuelle :
Amérique
du Nord 13,5 ans
Amérique
latine 38,8
Europe 7,8
Afrique
27,4
Ex-Union
soviétique 21,1
Moyen-Orient 86,8
Asie-Pacifique 15,6
Si
l’exploitation des puits se fait partout également de plus en plus intense,
pour faire face à la demande croissante, le temps se rétrécit : de 40 ans,
durée moyenne globale, on passe à 30. Le tableau précédent devient :
Amérique
du Nord 10,1 ans
Amérique
latine 29,1
Europe 5,8
Afrique
20,5
Ex-Union
soviétique 15,8
Moyen-Orient 65,1
Asie-Pacifique 11,7
Et
au fur et à mesure que des sites se tariront, la demande s’exprimera sur les
autres sites, qui augmenteront donc leur production.
La
lutte sera dure pour les dernières gouttes de pétrole au Moyen-Orient… Mais il
est vrai qu’elle a déjà commencé.
Quand nous n’ aurons plus de pétrole, il faudra bien nous en passer .
Le rapport Boisson souligne à juste titre que les pays
qui auront su organiser et préparer leur développement sur des bases économes
seront les mieux placés.
Au niveau européen, l’élargissement offre une opportunité : il faut orienter l ‘évolution de l’économie européenne, en particulier celle des nouveaux membres qui devait connaître une évolution rapide, vers le développement durable.
L’association dossiers et débats pour le développement durable organise un séminaire le 24 février, sur le thème « après l’échec de la Conférence intergouvernementale, relancer un projet européen basé sur le développement durable ? ». De 17H30 à 20h, à l’ENGREF, 19, av du Maine, inscription Aïsha Debouci 01 44 64 74 94 (lu dans Alternatives économiques , février 2004, p 95)
Les substituts possibles du pétrole sont différents selon les utilisations que l’on fait du pétrole : transports, chauffage, éclairage, production industrielle et agricole il faudra donc les distinguer.
96 %
du trafic mondial de véhicules fonctionne aux hydrocarbures, la menace est
encore plus grave pour l’agriculture intensive.
Le
rapport Boisson indique : « le pétrole non conventionnel (huiles
lourdes, sables asphaltiques) devra être produit à grande échelle. [ mais on a
vu que celle-si est très coûteuse et présente des inconvénients peut-être
rhédibitoires….]. La couverture des besoins énergétiques par le gaz passerait
de 22 % en 1995 à près de 30 % en 2020.
Le charbon représente 25 % des besoins mondiaux (la Chine consomme 1T/an/hab,
les Etats-Unis, 3T/an/hab). Le nucléaire représente 7% de l’énergie primaire,
l’arrivée des surrégénérateurs repousserait le problème des réserves d’Uranium
sur le très long terme. (…)
Quelle politique préconiser pour la France ? Ne convient-il pas d’exiger un véritable débat démocratique sur cette question (au lieu de la caricature de débat sur l’énergie à laquelle on a assisté) ? ne faut-il pas revitaliser cette notion de « planification démocratique », de façon générale, et plus encore pour ce qui concerne les transports, l’énergie, l’urbanisme ? Comment faire payer l’énergie un juste prix (qui tienne compte des « dégâts » produits sur l’environnement, et qui oriente vers les « bonnes » énergies ?
Par exemple, est-il raisonnable de construire encore un aéroport ? des autoroutes ?
Comment peut-on aider à développer les énergies renouvelables (notre pays est en retard par rapport aux autres pays européens en ce domaine)(énergie solaire, énergie éolienne) ?
Le
commissariat au Plan, dans le rapport Boiteux (juin 2001) préconise, pour les
calculs relatifs aux investissements, d’adopter un prix du pétrole passant de
24 $ (1995) en 2005 à 30$ en 2020, puis augmentant ensuite de 2% par an
(intégrant la prime de risque énergétique et une « valeur d’option »
chimique)(test de sensibilité à 5%).
Il
estime à 30$ (1995) par baril le prix de mise en œuvre des pétroles non
conventionnels.
Ces
estimations sont-elles toujours pertinentes ?
Rapport
Boisson : Les différentes taxes sur l’énergie apportent une contribution
de 160 GF au budget de l’Etat, soit plus de 10% des recettes fiscales.
Et au niveau de l’Ile de France, des Hauts de Seine: que
proposer ?