Citoyen du monde à Montrouge
numéro 7
Mars 2004
Imaginer le futur, c’est prendre le risque de se
tromper beaucoup. Au métro Montparnasse, les représentations de l’an 2000 nous
font bien rire, avec leurs aéronefs volant dans tous les sens… Nous le savons
maintenant, 2000 n’aura pas été l’année des soucoupes volantes, mais des
…trottinettes !
Et pourtant, Jules Verne aura souvent vu juste, et de même, par
certains côtés, les cauchemars d’Aldous
Huxley (Le Meilleur des Mondes) ou de George Orwell (1984), ne sont pas très
éloignés de la réalité d’aujourd’hui, ou de risques réels pour demain…
2054 : une société de créativité et
de communication
Quelle grande diversité dans
l’habillement ! chacun confectionne ses propres vêtements et bijoux, et
fait preuve de la plus grande créativité. On vit beaucoup dans la rue, les gens
exposent leur production, non pas pour la vendre, mais pour le plaisir de la
montrer : tricots, tissages, colifichets, tableaux, sculptures, mais aussi
les plantes rares, fleurs, plantes aromatiques ou légumes qu’ils font pousser
dans leur jardin. Ils font goûter leurs confitures ou leurs inventions
gastronomiques, échangent des recettes, des semences ou des plants.
Aux carrefours, des orchestres s’improvisent.
Chacun sait jouer d’un instrument. Il ne s’agit pas de singer telle ou telle
vedette, mais de produire et faire partager ses propres créations.
Des troupes de théâtre amateur répètent leur
prochain spectacle, les parties de balle ne sont pas réservées aux enfants mais
les adultes s’y adonnent dans les squares.
Et, partout, la grande affaire, c’est la
palabre. Tout est sujet à débat : de quelle couleur repeindre cette
façade ? où implanter la nouvelle éolienne ? qu’allons nous envoyer à
nos amis du Burkina Faso ? quel doit être le contenu de l’enseignement de
la philosophie dans les collèges ?
chacun se sent concerné et tient à mettre son « grain de sel ».
Les transports de personnes et de
marchandises sont réduits au strict minimum, nécessité oblige (on n’a plus de
pétrole mais on a des idées). Ils sont remplacés par les
télécommunications : on ne se prive pas de visiophoner pendant des heures
à sa famille éloignée ou à ses correspondants étrangers. Et on consomme
essentiellement la production locale.
Et alors, personne ne travaille ? Si,
mais d’une part on est devenu très économe des objets de tout ordre (on les
fait durer longtemps, on les récupère, on les recycle, on leur donne une
nouvelle vie, c’est le règne de la débrouille et du système D). D’autre part,
beaucoup de services sont assurés de façon bénévole (garde d’enfants, petits
travaux de bricolage). Alors, il n’est pas nécessaire de consacrer à l’activité
salariée aussi longtemps qu’autrefois : les adultes de 25 à 55 ans y
consacrent environ une trentaine d’heures par semaine. Et cette durée englobe beaucoup de temps de
concertation, négociation, palabre encore : quelles nouvelles machines
acheter ? quelles nouvelles productions lancer ? quel partage entre
salaires - y compris ceux des dirigeants - et investissements ? Tout ça se discute longuement… Les trajets
domicile –travail sont limités: dans chaque ville, un hôtel d’entreprises
équipé de puissants moyens de télécommunication accueille les salariés de
nombreuses entreprises, et de là ils effectuent leur travail comme s’ils
étaient au siège ou à l’usine.
Une grande partie de l’activité salariée est
consacrée à l’enseignement, la recherche, la santé (fabrication de médicaments, hôpitaux).
On vit à nouveau avec le soleil : en
hiver, la ville ne s’anime pas avant le lever du jour, et se couche tôt ;
en été, les jours sont plus longs, et l’activité s’aligne. La vie sociale (les
horaires de travail, l’ouverture des magasins, les émissions de télévision, …)
suit ce rythme, et la santé de chacun
s’en trouve mieux.
On ne voit plus d’automobiles que dans les
vieux films (on est surpris de certaines scènes d’embouteillage : comment
ont-ils pu supporter ça ?), on ne voit pas d’avions mais quelquefois des
ballons dirigeables (et chacun se met à la fenêtre pour les voir passer).
L’autoroute du Sud et la Nationale 20 est
envahie de jeunes et moins jeunes en rollers, planches à roulettes, chariots à
voile, vélos amusants ; et d’autant de badauds à regarder leur défilé
chamarré… allez, on y va ?
Et vous, comment voyez-vous
2054 ? Envoyez vos textes à jean-paul.alletru@wanadoo.fr
« Citoyen
du monde à Montrouge » publiera les meilleurs.
La Chine, a déclaré le premier ministre Wen Jiabao à
l’Assemblée nationale populaire, doit opter pour « un développement
équilibré », une « amélioration de la qualité de la croissance »
et une « société économe » afin d’ « éviter la
surexploitation des ressources et la dégradation de l’environnement »
tout en mobilisant davantage de financement à la « promotion du progrès
social ». L’agence Chine nouvelle commente : « confronté au
creusement du fossé entre riches et pauvres et à la montée des problèmes
écologiques, le gouvernement chinois va abandonner sa poursuite aveugle de la
croissance du PIB ». Le pouvoir
central commence à s’inquiéter d’une surchauffe dans certains secteurs (acier,
immobilier, …) qui provoque des tensions dans l’approvisionnement énergétique
(la consommation de pétrole a augmenté de 31 % en 2003) et alimente une bulle
spéculative faisant planer sur l’économie le risque d’une prochaine récession.
Le premier ministre annonce la création de 9 millions d’emplois nouveaux
et la réinsertion de 5 millions de salariés licenciés. Il exhorte les autorités
gouvernementales de tous les échelons à s’ouvrir à la « participation du
public » et à la « consultation des experts ».
… et les Français sont de plus en plus sensibles aux
questions écologiques
Selon une étude publiée dans les Cahiers science,
environnement, société de Sciences Politiques, 53 % de nos concitoyens pensent nécessaire de ralentir la
croissance économique pour préserver l’environnement, 66 % sont favorables à
l’arrêt de la construction d’autoroutes pour affecter les moyens au transport
par rail, 73 % pensent qu’il faudra
modifier nos modes de vie, et 34 % sont convaincus d’un lien de causalité entre
l’effet de serre et les désordres climatiques.
Les
Français sont en avance sur leurs élus, qui ne sont respectivement que 19 %, 23
%, 54 % et 21 % à partager ces
opinions. Nul doute que les formations politiques seront amenées à y adapter
très bientôt leurs discours et leurs programmes.
Et pourtant, les réserves
d’uranium ne correspondent qu’ à 40 à 55 ans de consommation (au rythme
actuel).
Les partisans de l’énergie nucléaire mettent en
avant que la production d’électricité nucléaire ne produit pas de gaz à effet
de serre. Science et Vie écrit
même : « toute la difficulté est d’anticiper l’acceptabilité par le
corps social, sous toutes les latitudes, de certains phénomènes comme l’effet
de serre, qui vont forcément influencer les décisions sociopolitiques. (…)
Pour qu’une relance mondiale du nucléaire soit envisageable dans les années qui
viennent, il faudrait donc que la perspective des catastrophes annoncées par le
réchauffement global suscite une véritable panique »…
Mais si pour cette raison, on augmentait
significativement la production (par exemple en la multipliant par 10), on
réduirait d’autant la durée des réserves (entre 4 et 5,5 ans avec notre
exemple)… !
Et l’extraction d’uranium n’est pas sans poser de
problème. En 1971, d’importantes réserves d’uranium sont trouvées sur le
site de Jabiluka, dans le Territoire Nord de l’Australie. Les aborigènes Mirrar s’opposent à
l’exploitation d’une mine sur leurs terres. Plus de 30 ans plus tard, avec
l’aide de très nombreuses organisations internationales, ils viennent d’obtenir
du gouvernement l’abandon du projet (Silence, mars 2004).(Silence, 9,
rue Dumenge, 69317 Lyon cedex 04)
Alors,
on peut chercher réduire les besoins en uranium. Un surgénérateur est un
réacteur qui, par conversion de « matière fertile » produit plus de
matière fissile qu’il n’en consomme. Mais le premier
« surgénérateur », Superphénix, mis en travaux en 1976, a du être
arrêté, en 1998, après une dizaine d’années de fonctionnement chaotique...
En outre le nucléaire présente des risques
considérables. Aucun réacteur ne résisterait au choc d’un avion de ligne qui
s’écraserait contre lui, selon un rapport secret commandé après le 11 septembre
2001 par le gouvernement allemand.
Une autre menace biologique grave est constituée par
les déchets nucléaires : on ne sait qu’en
faire, car aucune des solutions envisagées n’est sans dangers importants.
Il n’empêche, les Etats-Unis
de Georges W Bush semblent souhaiter la relance du nucléaire : las !
le ministère de l’énergie des Etats-Unis a publié une étude selon laquelle une
relance du nucléaire ne peut se faire qu’avec d’énormes subventions, ce qui est
contraire aux lois internationales en vigueur et provoquerait un risque de
procès de la part de structures comme l’OMC… Et de même, plus question pour la
France de subventionner en douce EDF pour qu’elle achète un réacteur à Areva.
La France est déjà dans le collimateur de l’Europe qui demande à EDF de
nombreux remboursements de subventions déguisées de la part de l’Etat français.
(Silence)
Constituée
de chercheurs en énergie et d’ingénieurs, la revue Global chance s’est imposée
comme référence dans les questions énergétiques. Elle décortique le projet de
réacteur nucléaire EPR, soutenu par la ministre
Nicole Fontaine, et juge ce projet « inutile et
dangereux ». Elle montre qu’une relance massive du nucléaire ne
conduirait qu’à des économies de 6 à 11%
des émissions de gaz carbonique « au prix de la multiplication de
la masse des déchets à haute activité d’un facteur de 9 à 18
environ » . « Ce n’est pas toujours la transparence ni la
rigueur qui dominent. C’est dommage pour le débat, c’est grave pour la
démocratie. »
Il a suffi d’une grande marée fin février pour que
les habitants de l’archipel de Tuvalu (11000 habitants) aient les pieds d ans
l’eau. Cet îlot du Pacifique d’une altitude moyenne de moins de 2 mètres est le
premier menacé par la montée du niveau des océans,
conséquence du réchauffement climatique. Ses habitants craignent sérieusement
l’engloutissement définitif de leur terre sous la mer. Aujourd’hui, ce sont 43
micro-Etats comme Tuvalu qui se mobilisent et demandent des comptes aux pays du
Nord. En outre, le réchauffement des eaux entraîne la mort des coraux.
Au courrier des lecteurs de Silence : un
lecteur scandalisé par l’exposition Climax à la Cité des Sciences de la Villette, qui présente
« des propositions surréalistes comme la mise en orbite de satellites
parasols, la diffusion par avion de poussières dans la stratosphère pour
intervenir directement sur le climat, le percement dans les villes de rues
orientées dans le sens des vents dominants »… « Aucune
restriction, aucune modération ne sont envisagées, car il est supposé que la
science et la technique vont nous permettre d’adapter sans problème insurmontable
notre monde technique au réchauffement attendu. » Les partenaires de
l’exposition, souligne ce lecteur, sont
Gaz de France, Total, Peugeot, le commissariat à l’énergie atomique…On
comprend mieux !
Comme la biosphère peut naturellement recycler 3 milliards
de tonnes de carbone par an, la moyenne
soutenable est estimée à ½ tonne de carbone par habitant de la planète et par
an : l’habitant du Burkina pourrait donc passer de ses 100kg annuels à
500kg de carbone, tandis que l’états-unien, qui en émet 5000 par an, devrait
diviser par dix ses émissions (alternatives économiques, mars 2004). Avec un
aller et retour Paris-New-York en avion, n’a –t-on pas épuisé son
« droit » à produire du carbone pour toute une année ?
La consommation de viande
augmente sans cesse dans les pays du Nord, à une vitesse bien supérieure à
l’augmentation des productions végétales. C’est la culture intensive de soja
destinée à 99% aux élevages européens et nord-américains qui, au Brésil,
provoque le recul constant de la forêt amazonienne.(Silence)
« Il
faudrait maintenant engager une réflexion sur la civilisation du tout-jetable,
sur l’absurdité de mettre des fruits ou des légumes sous plastique » (Pierre-Emmanuel Neuhor, directeur du Centre
national d’information indépendant sur les déchets.
Les Français produisent plus d’un kilo d’ordures par jour. A Toulouse,
l’association La Glanerie (05 61 21 96
95) vise à créer une recyclerie, pour valoriser au maximum les encombrants.
Les bons côtés de l’Organisation Mondiale
du Commerce :
une loi américaine sur les « foreign sales corporations » permet aux
sociétés états-uniennes ( Boeing, Caterpillar, Microsoft, …) qui vendent à
l’étranger de bénéficier d’importantes subventions. L’OMC l’ a jugée illégale.
L’arbitre des différends commerciaux de Genève a ordonné aux Etats-Unis
d’annuler le texte avant le …1er novembre 2000. Les Etats-Unis n’ont pas obtempéré. L’Union
européenne appliquera donc une hausse des droits de douane sur 1600 produits
états-uniens. Les surtaxes pourraient atteindre 315 millions de dollars cette
année.
La dégradation des conditions de travail s’amplifie chez les
sous-traitants des pays en développement. La
plupart des ouvrières n’ont pas de
contrat de travail, fournissent un nombre considérable d’heures supplémentaires
(de 80 à 180 heures mensuelles à Guandong, en Chine) le plus souvent non payées, tout en n’ayant aucune couverture
sociale (enquête de l’ONG Oxfam international, portant sur 1310 ouvrières
interrogées dans douze pays).
Chine : maîtrise
efficace de l’énergie. La Chine a connu depuis trente ans une évolution
spectaculaire de ses émissions de gaz carbonique. Son niveau d’émission
rapporté au PIB est passé, selon l’Agence Internationale de l’Energie, de 2 Kg
de CO2 par dollar en 1974 à 0,7 en 2000. Les émissions de CO2 par habitant sont
de 2T/ personne contre plus de 10 T pour les habitants des pays de l’OCDE. Mais
les statistiques sont peut-être enjolivées. Et la production d’automobiles est
passée de 700 000 en 2000 à 2 millions en 2003 et pourrait atteindre 2,8
millions en 2004. Le parc automobile de la Chine est inférieur à 14 millions en 2002, ce qui représente 12 autos pour
1000 habitants (à comparer au standard français ou allemand : 785 pour
mille).
Etats-Unis : Les
contrats accordés en Irak par l’administration
Bush avaient déjà produit, au 3ème trimestre de 2003, le quart des
bénéfices du groupe pétrolier Halliburton,
naguère dirigé par Dick Cheney, vice-président des Etats-Unis.
Afin de ne pas gêner Georges W Bush, dans sa
campagne de réélection, Richard Perle, chef de file des va-t-en guerre contre
l’Irak, a démissionné de son poste de conseiller auprès du Pentagone. Si GW est
réélu, nul doute qu’il acceptera de reprendre du service, pour appliquer son
programme pour « gagner la guerre contre le
terrorisme », par une action audacieuse contre l’Iran, la Corée du Nord,
l’Arabie saoudite…
Georges Bush distribue les premiers dollars de son
plan mondial de lutte contre le sida. Alors que
la majeure partie des crédits sont consacrés au financement des traitements
anti-viraux, les médicaments génériques sont exclus
du programme. Un autre aspect contesté est l’importance donnée, dans les
programmes de prévention, à l’abstinence et à la fidélité, l’incitation à
l’usage du préservatif étant présentée comme un pis-aller.
Haïti : la première initiative des
Etatsuniens qui ont ramené au pouvoir Jean-Bertrand Aristide en juin 1994 a
été de mettre la main sur toutes les
archives du pays, afin qu’on ne puisse pas, en cas de procès, mesurer à quel point
ils avaient soutenu les régimes dictatoriaux.
Québec : Une route verte traverse le
Québec et offre déjà 3100 km de pistes cyclables. La mise en place de ces voies
cyclables a coûté 57,3 millions d’euros, mais les taxes sur les activités
touristiques qui y sont liées rapportent chaque année 18 millions
d’euros : le vélo, c’est écolo, et en plus
c’est rentable !
Turquie : On appelle ça « crime d’honneur » ! Güldünya, qui, à la suite d’une relation
avec le mari de sa cousine, avait donné naissance à un petit garçon, a été
achevée à Istambul dans son lit d’hôpital par ses frères qui l’avaient déjà
blessée par balles quelques heures auparavant.
Océanie : La situation économique de
la quasi-totalité des micro-Etats du Pacifique se dégrade. Nauru, qui fut un
temps le deuxième pays le plus riche par habitant en raison de ses énormes richesses, aujourd’hui épuisées, en phosphate, serait
en faillite sans l’aide financière de ses alliés. L’économie de subsistance qui
a permis à ces pays de survivre devient de plus en plus menacée par la
dégradation de l’environnement.
Dans certains pays comme Tuvalu ou Kiribati, des
discussions longues de plusieurs heures sous un arbre, où les villageois sont
conviés avant toute prise de décision, sont un exemple
de système participatif. La tradition à Fidji veut que chaque personne
dans les campagnes passe une journée de sa semaine à aider au bon
fonctionnement de son village en ramassant les papiers qui traînent sur la
place centrale.
Inde : L’Inde, à qui l’on
prédisait naguère la famine, exporte
aujourd’hui ses céréales, ce qui marque un grand succès de la « révolution
verte » lancée dans les années 1960. Mais les céréales ont été privilégiés
au détriment des fruits, légumes
et oléoprotéagineux, pour
lesquels le pays est lourdement déficitaire. 60 % des gens n’ont pas une ration
suffisante en protéines. Et depuis la politique d’ajustement structurel engagée
dans les années 1990, le souci d’équité est moins grand, et le nombre de
personnes sous-alimentées, après avoir diminué de 20 millions entre 1990 et
1997, a augmenté de19 millions au cours des 4 années suivantes. Enfin, les
nappes phréatiques se vident rapidement, épuisées par des pompes à eau qui
consomment le tiers de l’électricité du pays.
Jean Matouk, professeur honoraire des
universités : « le monde ne pourra pas supporter durablement des
croissances chinoises et indiennes à 8% l’an, et, en même temps, la notre de
retour à 3%. Dans cette hypothèse,
l’irréversibilité du cauchemar écologique est pour 2030-2040. Quels que soient les progrès techniques dans
la dépollution, ils ne suffiront pas à résoudre le problème. Le modèle
alternatif supposerait pour nous, pays développés, un plafonnement à 1% du taux
de croissance de notre PIB, tandis que ceux de l’Inde et de la Chine seraient
volontairement plafonnés à 5%, et sous la condition que nos partenaires
améliorent progressivement leurs salaires et conditions de travail. Pour
pallier les conséquences sur l’emploi de cette mise en orbite lente des
économies européennes, il faudrait un « nouveau
modèle social européen » : réduction de la durée annuelle de
travail, réduction du pouvoir d’achat des plus aisés, augmentation de la
fiscalité directe pour financer la recherche et l’assistance.
L’Europe peut en effet montrer le chemin, et il
faudrait saisir l’élargissement comme une opportunité
pour une planification dans le sens du développement durable, pense Michel
Mousel, président de 4D (Dossiers et débats pour le Développement Durable,
séminaire du 24 février).
Les partis écologistes européens se sont réunis en
congrès à Rome pour transformer leur fédération en un parti. La Lettonie s’est
donnée un premier ministre écologiste.
Pour la première fois, le salon Batibow (Salon
international de la construction, de la rénovation et de la décoration ) de
Bruxelles, qui a lieu du 27 février au 6 mars, s’est déroulé sous le thème du
développement durable. La fondation pour la solidarité, à l’origine de cette
initiative, ouvre par ailleurs un Observatoire européen du développement
durable, lieu d’information, d’études et
de conseil.
Le commissaire néerlandais Frits Bolkenstein entend
créer un véritable marché intérieur de services
et pour ce faire lever tous les obstacles encore existants.
Selon un arrêt rendu par la Cour européenne de
justice, connu sous le nom d’arrêt « Cassis de Dijon », dès lors
qu’un bien est agréé dans un pays du marché commun, il l’est de facto dans les
autres pays. Appliquée dans le domaine des services, cette jurisprudence
obligerait chaque entreprise à connaître la législation des 24 autres pays
membres, alors qu’il n’existe pas d’obligation de traduction. En outre, si une
activité est considérée dans un pays comme un service public et que, à la suite
d’un appel d’offres, la prestation est faite par une entreprise d’un pays où ce
n’est pas le cas, c’est la législation du pays qui fournit le service qui est
censée s’appliquer. « Cela conduirait à un véritable dumping des services publics » souligne J-C
Boual, coordinateur du Comité européen de liaison sur les services d’intérêt
général.
Italie : Violences du G8 à Gènes
(juin 2001) : 29 policiers ont été mis en examen. Les charges retenues
sont en relation avec la descente de police menée dans l’école Diaz, où étaient
logés 93 manifestants, qui avaient été malmenés et écroués de façon illégale.
Les « preuves » fournies pour justifier l’opération étaient fausses. Berlusconi,
par cette provocation policière,
cherchait à discréditer les
altermondialistes, en faisant croire
qu’ils étaient à l’origine des violences.
Allemagne : La plus grande centrale
solaire au monde ( 5 MW) sera inaugurée en juillet à Leipzig (Allemagne).
L’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire. L’opinion publique allemande est
profondément opposée au nucléaire civil. L’expertise et l’expérience allemande
en matière d’énergies renouvelables vont se développer, et l’Allemagne va renforcer sa position déjà dominante sur ces
parts de marché qui sont en pleine croissance.
Un
péage pour les poids lourds sur les autoroutes allemandes va être mis en place
en 2005.
Danemark : Le Danemark s’est engagé
dès 1980 de façon massive, avec détermination et efficacité, dans une politique
d’économies d’énergie et de développement des énergies renouvelables
« écologiques » (dans un premier temps l’éolien, et plus récemment,
la biomasse) tout en bannissant le recours au nucléaire. Le programme danois a
été financé par un système complexe de taxation des produits pétroliers, du
gaz, des émissions de CO2 et de SO2, ainsi que de la chaleur. Résultat :
le Danois consomme 17% de moins d’énergie que le Français, malgré un climat
moins favorable (courrier d’un lecteur du Monde)
Le Danemark enregistre le taux de pauvreté le plus
faible au sein de l’Union européenne. Les taux d’activité des femmes sont particulièrement élevés. Les pouvoirs
publics déploient de gros efforts pour permettre aux parents de concilier vie
professionnelle et charges familiales en leur offrant des systèmes de garde
variés (crèches, jardins d’enfants, assistantes maternelles employées par des
municipalités, etc). Les prestations accordées aux ménages avec enfants sont
beaucoup plus généreuses qu’en France, surtout en cas d’absence d’emploi.
France : restaurateurs choyés, chercheurs révoltés, Perben censuré,
désindustrialisation, …
Les
140 000 places en crèches, qui représentent les
solutions les moins coûteuses pour les parents les plus modestes, sont loin d’être assez nombreuses. Les 300 000 assistantes
maternelles ne sont pas , elles non plus , en nombre suffisant.
Logement étudiant : « il manque 50 000 chambres pour faire face aux
besoins », selon le Centre national des œuvres universitaires et
scolaires.
Au
cours du seul mois de janvier, 230 300 chômeurs,
qui étaient jusqu’alors indemnisés par les caisses de l’Assedic, ont perdu
leurs allocations, et 36 300 en ont retrouvé une, généralement d’un montant
plus faible, dans le cadre du régime de solidarité financé par l’Etat.
« Hôpitaux
en grande difficulté, prisons surpeuplées, magistrats malmenés, logements
inadaptés aux foyers modestes, familles et enfants rattrapés par le seuil de
pauvreté,
il fallait faire un choix. La compassion de nos autorités s’est manifestée pour
désigner au bénéfice de la solidarité nationale… les restaurateurs
et leurs clients »( remarquent deux professeurs d’économie à l’ESSEC).
Pour un salaire de 1700 euros, l’allègement de charges serait de 400 euros. Mais
le gouvernement ne trouve pas les 20 millions d’euros que coûteraient les 550
postes demandés par les 65000 chercheurs en révolte.
Les
membres du conseil d’administration et du comité exécutif de France Télécom se
sont vus attribuer une hausse de 55 % de leurs rémunérations et
avantages en 2003. En moyenne, les
salariés de France Télécom ont bénéficié d’une augmentation de 2%.
En
2003 l’emploi salarié recule pour la première
fois depuis dix ans. 30 000 postes ont été supprimés, essentiellement dans
l’industrie. « Dans une filière, lorsqu’on abandonne la production, on
perd peu à peu toute la compétence y compris la conception. Et les pays à bas
salaires –Inde et Chine- sont aujourd’hui capables d’intégrer toute la chaîne,
y compris cette conception » (sénateur Christian Gaudin, Union centriste).
L’arrêt
de La Houve, à Creutzwald, marque la fin de la vie
charbonnière en France (élève-ingénieur, j’y avais fait mon stage
ouvrier de 7 semaines en 1966…).
80
à 90 % des cancers sont causés par la
dégradation de notre environnement (professeur Dominique Belpomme, chargé de
mission pour la mise en œuvre du Plan cancer voulu par Jacques Chirac).
Le
ministre de l’agriculture a interdit le Régent, insecticide
soupçonné de tuer les abeilles et d’entraîner
des intoxications humaines, tout en permettant
d’écouler les stocks. Selon des documents découverts par les militants, dont
José Bové, qui ont occupé le bureau du directeur général de l’alimentation,
d’éventuelles poursuites pour avoir permis d’écouler les stocks coûteraient
moins cher que l’interdiction des semis…
Les myrtilles sont plus riches en vitamine C que les oranges. L’argousier donne des fruits 30 fois plus riches en vitamine C que l’orange. Dans les Hautes-Alpes, un agriculteur s’est lancé avec succès dans cette culture.
Agrégation de sciences économiques. 5 des 7 membres du jury appartiennent à des
cercles ultralibéraux. Et 4 sont membres de la très libérale « société
du mont Pèlerin », qui a été un temps dirigée par Pascal Salin, actuel
président du jury du concours. La section sciences économiques du Conseil
national des universités a voté le 3 décembre
une motion de défiance contre la composition du jury de l’agrégation
2004 d’économie.
Le Pen contre la retraite : « je dis ça à tous ceux qui ont envie
d’être retraités : la retraite, c’est la mort, c’est un mot haïssable,
dans le domaine militaire et civil ».
« L’Etat
est le premier à ne pas respecter l’obligation scolaire.
Il devrait y avoir continuation du service public, et aucune heure de cours ne
devrait jamais manquer. Dans le secondaire, les élèves doivent souvent attendre
plusieurs semaines avant de voir un professeur absent remplacé » (Georges Dupon-Lahite, président de la
FCPE). Lorsque des parents ont porté plainte, l’Etat a été condamné à leur
verser de 150 à 450 euros.
Le
Conseil constitutionnel censure deux dispositions de la loi Perben 2. Il limite plus strictement à la grande
criminalité l’utilisation des moyens
d’enquête exceptionnels d’enquête, très critiqués. Il demande aussi la levée
partielle du secret dans la nouvelle procédure du plaider-coupable.
Ile de France
Transports : Depuis que le bus parisien de petite ceinture
circule à l’abri des voitures, sa clientèle a augmenté de 40%.
Paris
centre a perdu 10% de ses emplois depuis 1990. Le nombre de « migrants
quotidiens », ceux qui font le trajet banlieue-centre ville tous les
jours, a baissé de 170 000. En 2002, on comptait 3% de voitures en moins dans
Paris qu’en 2001.
« En
centre ville, on consacre 25 % de son revenu pour se loger et 5% pour se
déplacer. Mais ceux qui habitent dans la grande couronne, souvent les plus
pauvres, vont découvrir qu’en plus des 25 % pour se loger, ils vont devoir
payer 25 % supplémentaires pour se déplacer. Et
ça, personne ne le calcule jamais. »Chantal Duchène, directrice du Gart,
organisme technique au service des élus qui se préoccupent des transports en
commun.
Logement : La Mairie de Paris propose un prêt sans intérêt (de 22000 euros pour
une personne seule, 36000 pour les autres ménages) pour les classes moyennes
qui veulent acheter un logement.
Les
organismes HLM possèdent dans Paris un parc de 100 000 places de parking, dont
près de 30% sont vacantes. La Ville a décidé de subventionner la réhabilitation
et la mise en sécurité de ces sous-sols, afin
de les commercialiser.
Montrouge : réunion organisée par ATTAC Montrouge, avec
la participation d’autres associations, le jeudi 8
avril à 20 h 30 à Montrouge (lieu à préciser), sur le thème des « rapports Nord/ Sud ».
Toujours
du nouveau sur le site (pertinent et impertinent) de Montbouge ( www.montbouge.net)
On
peut aussi consulter le site http://perso.wanadoo.fr/citoyensa-montrouge
(et y lire notamment les anciens numéros, des notes de lecture, …)
Si vous souhaitez que cette lettre mensuelle soit
adressée à d’autres personnes de votre connaissance, indiquez leur adresse
électronique à jean-paul.alletru@wanadoo.fr.
Si vous souhaitez ne plus la recevoir, ou si vous voulez faire part de
réactions, commentaires, informations, faites le savoir par un message à cette
même adresse.