Citoyen du monde à Montrouge
numéro 8
Avril 2004
2000-2050 : l’extension et l’approfondissement de la démocratie
(extrait du livre
d’Histoire des éditions Hacheuil, classe de troisième, paru en 2054)
La
montée des périls :
La chute du mur de Berlin en
1989, suivie peu après (1991) de l’effondrement de l’Union Soviétique, a semblé
symboliser la victoire définitive du « capitalisme » sur le
« socialisme », dont la confrontation s’était étalée sur tout le
XXème siècle. La contre-utopie opposée à l’utopie soviétique s’est alors
déployée sans partage (ce qu’on a appelé « la pensée unique ») :
il s’agissait d’une foi quasi-théologique en une économie dans laquelle les
ressources seraient entièrement allouées par un marché sans restriction, dans
des conditions de concurrence illimitée.
La mondialisation
financière, qui s’est développée de façon fulgurante, a substitué aux choix des
peuples des logiques strictement spéculatives exprimant les seuls intérêts des
entreprises transnationales et des marchés financiers. Elle a abouti fort
logiquement à l’accroissement permanent des revenus du capital au détriment de
ceux du travail, à la généralisation de la précarité et à l’extension de
la pauvreté. Elle a généré des inégalités colossales, entre le Nord et le
Sud de la planète comme au cœur des pays développés. De la misère et de la
frustration, se sont nourris l’obscurantisme et le fanatisme, générant partout
un accroissement de la violence.
Tout le monde faisait comme
si les ressources de la planète étaient illimitées… mais l’épuisement des
réserves minières a fini comme apparaître de plus en plus proche, à
commencer par celui du pétrole, que la seule superpuissance de l’époque (les
Etats-Unis d’Amérique), principale consommatrice, a cherché à contrôler, en usant de sa suprématie militaire.
Et au tout début du XXIème
siècle, la communauté scientifique a détecté un phénomène entièrement
nouveau : le réchauffement de la planète, conséquence de
l’augmentation de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère, résultant de
l’utilisation massive des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) depuis le
début de l’ère industrielle. Et que les conséquences de ce réchauffement,
important et rapide au regard de toute l’histoire de la vie sur terre,
risquaient d’ être catastrophiques (désertification, inondations, famines, …).
Le tournant de 2010 :
Alors que les nuages s’accumulaient, plusieurs
signes montraient qu’une période était en train de s’achever. A l’Organisation
Mondiale du Commerce, forum de négociations créé en 1995 pour supprimer toutes
les protections douanières des Etats, la
mobilisation citoyenne, et l’union de pays du Sud, réussirent à mettre en échec les projets prédateurs du Nord (Seattle, Cancun). La Chine, en
forte croissance, prenait conscience de
la question écologique.
Mais le déclic du changement est apparu en Europe.
A l’occasion de l’entrée en 2004 dans l’Union européenne de douze pays d’Europe
centrale et orientale, il apparut que les institutions européennes n’étaient
pas adaptées. L’Assemblée Européenne élue se déclara Assemblée Constituante.
S’appuyant sur les traditions démocratiques partagées par l’ensemble des Etats
de l’Union, sur la prise de conscience par les peuples de la gravité de la
question écologique et de la question sociale (chômage, précarité), l’Assemblée
échafauda une constitution qui établissait un partage pertinent des compétences entre les Etats et l’Union, qui
décrivait les mécanismes de prise de décision et qui instituait des contre-pouvoirs
indépendants pour se prémunir contre les abus de tout ordre (pouvoir
judiciaire, médias, Université, droit d’initiative citoyenne). La Constitution
Européenne fut approuvée par referendum au sein de chaque Etat membre et entra
en vigueur en 2010.
Des instances de planification démocratique
furent mises en place, qui recherchaient le plus large consensus après
exploration de scénarios contrastés mais réalistes, et débat public. En raison
de l’urgence, les questions relatives à l’énergie, au transport, à la
recherche, à l’eau, leur furent soumises en priorité.
La production des biens et des services continua
d’être répartie entre collectivités publiques (Union européenne, Etats,
régions, villes) et secteur privé.
L’Union Européenne se dota d’une législation sociale
(harmonisation du droit du travail), écologique et fiscale, afin d’éviter le
« dumping » d’un Etat à l’autre.
L’extension
en tache d’huile :
Ce
que l’Union européenne était parvenue à réaliser, entre des Etats qui s’étaient
souvent constitués les uns contre les autres, et qui tenaient à sauvegarder
leurs spécificités, servit de référence pour la constitution de groupes
continentaux, et pour l’Organisation des Nations Unies.
Au début du siècle, celle-ci était encore
profondément marquée par la situation héritée de la deuxième guerre mondiale,
avec un Conseil de Sécurité dans lequel cinq « membres permanents »
(Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Russie et Chine) disposaient d’un droit
de véto, et une Assemblée Générale où chaque pays, quel que soit son nombre
d’habitants, disposait d’une voix. Porté par le sentiment très fort du
caractère unique et fragile de notre planète,
et qu’il s’agissait tout simplement de se réapproprier ensemble l’avenir
du monde, un mouvement populaire au niveau mondial, ponctué de « forums
sociaux », se fixa pour but de démocratiser les institutions
internationales. En 2015, une constitution mondiale fut mise en chantier.
Elle a été votée par les trente premiers Etats en 2031, et à ce jour, elle a
été ratifiée par un ensemble d’Etats représentant 95 % de la population de la
planète.
Parmi ses premières missions figure le maintien de
la paix. Sous l’égide des Nations-Unies, le conflit israélo-arabe, qui
s’éternisait depuis des décennies,
trouva enfin une solution, avec la reconnaissance des droits et d’un Etat
d’Israël, et d’un Etat palestinien (traité de Nicosie, 2012).
En 2000, l’ONU disposait de ressources très
insuffisantes. Une taxe sur les mouvements de capitaux et sur les
ressources fossiles (2021) lui a permis de disposer de moyens d’actions adaptés
à ses missions : forces de maintien de la paix, aide d’urgence en cas de
catastrophe naturelle ou climatique, aide au développement, … En particulier,
l’ONU a beaucoup aidé les pays autrefois dits « sous-développés »
(essentiellement les pays qui avaient été sous domination coloniale) à
construire des services publics (formation, eau, santé, transports, …) et à
instituer une réelle démocratie.
La Chine, qui était devenue l’atelier du monde, mais
qui avait pris assez tôt conscience des
risques que lui faisaient prendre la dépendance énergétique, s’intéressa de
près aux expériences européennes de maîtrise de l’énergie, et cessa de
s’inspirer du mode de développement occidental symbolisé par la circulation
automobile, pour au contraire chercher à satisfaire de façon durable les vrais
besoins. Elle entreprit de démocratiser ses institutions, non sans mérite,
compte tenu de l’immensité du pays, et de l’absence de tradition démocratique. Peu à peu, avec prudence, elle
institua des mécanismes de contre-pouvoir, et au milieu du siècle, elle pouvait
être considérée à juste titre comme une démocratie pleine et entière.
D’autres blocs continentaux ont subsisté (comme
l’Inde), ou se sont constitués, comme le monde arabe (la passerelle avec
l’Europe étant assurée par la Turquie, intégrée dans l’Union européenne en
2013), l’union africaine (qui a connu un net redressement, après avoir réussi à
donner un coup d’arrêt aux maladies),
l’Amérique du Centre et du Sud.
Les anciens champions de la « guerre
froide », Etats-Unis d’Amérique et Russie, ont connu, l’un un déclin
rapide, l’autre une pénible stagnation : le premier, qui a longtemps vécu
au-dessus de ses moyens, n’a pas su percevoir à temps la nécessité d’un
développement plus sobre, et a du mal à rembourser ses dettes ; le second,
parce qu’il n’avait jamais connu d’élections réellement libres, et à cause de
la présence de maffias incrustées dans tout le corps social. L’un et l’autre
bénéficient de programmes d’aide de l’ONU.
Pour
copie conforme : J-P A
Et
vous, comment voyez-vous la période 2000-2050 ? Envoyez vos textes à jean-paul.alletru@wanadoo.fr
« Citoyen
du monde à Montrouge » publiera les meilleurs.
Bonne nouvelle : les Français expriment
massivement leur rejet de la mondialisation capitaliste
Au deuxième tour des élections
régionales, la gauche a recueilli
plus de 50% des voix, tandis que la droite en obtenait 37%,
et l’extrême-droite moins de 13 %, l’abstention étant limitée à 33%. La gauche devient
majoritaire dans plus de la moitié des départements. Il semble que les
dirigeants de gauche aient compris qu’ils doivent cette situation sans
précédent non pas tant à leurs propositions qu’au rejet massif par les
Français de la mondialisation capitaliste dont le gouvernement Raffarin fut le serviteur zélé. « Le
PS », a déclaré François Hollande, « doit se consacrer pendant au
moins un an, à bâtir des propositions, et surtout accueillir les idées qui nous
seront présentées par les acteurs sociaux et les forces intellectuelles ».
Aux mouvements associatifs et citoyens de saisir
cette opportunité ! Il y a à faire !
La tentative de la droite de se rassembler en un
parti unique a échoué. Jean-Pierre Raffarin avait vendu la mèche :
« Notre modèle, en France, c’est le Parti populaire espagnol »,
avait-il affirmé. M. Aznar avait unifié toutes les composantes de la droite
espagnole : démocrates-chrétiens, libéraux, « centre droit »,
jusqu’à l’Allianza popular, d’origine franquiste, dont il était issu.
Néanmoins, la droite dispose
des moyens de poursuivre son action destructrice au gouvernement. Chirac, qui
n’a pas plus aujourd’hui qu’hier de boussole, sauf pour faire la politique du
patronat, a reconduit un Raffarin
démonétisé, pour lui faire endosser l’échec prévisible aux élections
européennes, et l’impopularité de la réforme de l’assurance-maladie. Bien que
Sarkozy –Zorro n’ait pas sauvé Copé de la défaite en Ile-de-France, il a été
chargé de la mission impossible de réduire le déficit, diminuer les impôts et
lâcher du lest (donc augmenter les dépenses). Encore
trois ans de Chirac, ça va être long !…
Les
conseils généraux et régionaux, fussent-ils de gauche, n’ont pas, en effet, les
moyens de contrebalancer les effets de la politique décidée par l’Union
européenne et le gouvernement français. L’Etat dispose d’un budget de 278
milliards d’euros, les régions, de 13 milliards d’ euros seulement.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les départements disposent de
beaucoup plus de moyens que les
régions.
Curieusement, les élections régionales et cantonales
(ces dernières visent, comme leur nom ne l’indique pas, à constituer l’exécutif
du département, baptisé … conseil général ; elles ne portent que sur la
moitié des cantons) ont eu lieu alors qu’on ne sait pas exactement ce que vont
être leurs attributions, qui devraient être élargies, ni les moyens
correspondants : le parlement devrait en décider prochainement. Les régions sont responsables de la
construction des lycées, elles doivent se voir confier la gestion des œuvres et
des bourses universitaires ; elles devraient obtenir de nouvelles
prérogatives culturelles, de nouvelles compétences en matière de gestion de
l’eau, ainsi que la gestion des infrastructures portuaires et aéroportuaires.
Les départements verront leurs compétences sociales nettement renforcées :
gestion du RMI et du RMA, construction et entretien des routes nationales. Les
élus de gauche contestent le transfert au gouvernement de 96 000 fonctionnaires
techniques des collèges au département, et des lycées aux régions. Le
gouvernement s’est engagé à compenser les charges nouvelles correspondantes,
mais « la mise au point des modalités précises a pris du retard »…
Le PS s’est engagé à créer,
dans les régions, 100 000 « emplois-tremplins »
(services aux personnes dans les secteurs de la santé, de la dépendance et de
l’environnement) ; et à faire des éco-régions, en encourageant les énergies
renouvelables, en faisant de la gestion des déchets et de la lutte contre
le bruit des priorités. Des « forums de suivi et d’évaluation des
engagements pris devant les électeurs » devront être organisés. A suivre, donc !
Devinette : Qui a dit : « La France veut que cesse un régime économique
dans lequel les grandes sources de la richesse nationale échappent à la nation,
où les activités principales de la production et de la répartition se dérobent
à son contrôle, où la conduite des entreprises exclut la participation des
organisations de travailleurs et de techniciens, dont cependant elle dépend. Il
ne faut plus que l’on puisse trouver un homme ou une femme qui ne soient
assurés de vivre et de travailler dans des conditions honorables de salaire,
d’alimentation, de loisirs, d’hygiène et d’avoir accès au savoir et à la
culture » ?
1-
François
Mitterrand ; 2 – Jacques Chirac ; 3- Pierre Mendès-France (réponse en page 4)
Yves Cochet annonce la
« pétro-apocalypse » : « dans quelques années, la
production de pétrole déclinera tandis que la demande ne cesse de croître. Nous
pouvons seulement espérer amortir ce choc, à condition que cette perspective
proche devienne dès aujourd’hui le repère unique d’une mobilisation
générale de nos sociétés, imposant des conséquences drastiques dans tous
les secteurs sous peine de chaos. Nous devons appeler les Nations-Unies à convenir aujourd'hui d'un accord fondé
sur les objectifs de garantie, pour les pays pauvres, d’importer encore un peu
de pétrole; d'interdiction de tirer profit de la pénurie pétrolière;
d'incitation aux économies d'énergie; de stimulation des énergies
renouvelables. Chaque Etat réglementera les importations et exportations de
pétrole; aucun pays exportateur ne produira plus de pétrole que ne lui permet
son taux de diminution annuel scientifiquement calculé, chaque Etat réduira ses
importations de pétrole à un taux de diminution mondial convenu. Nos prochains élus européens devraient s’attacher en
toute priorité à réaliser localement les objectifs de ce projet en organisant
sur leur territoire la décroissance pétrolière.
A défaut le rationnement viendra du marché par l’escalade prochaine des prix du
pétrole, puis, par propagation de l’inflation,
le choc atteindra tous les secteurs. A bientôt 100 dollars le baril, ce ne sera
pas un simple choc pétrolier, ce sera la fin du monde tel que nous le
connaissons. » (Le Monde 1/4/2004)
Si on n’était pas convaincu par ce qui précède,
quelques informations récentes :
Les réserves de pétrole de Shell
encore revues à la baisse, de près de 500
millions de barils équivalent-pétrole. (Le Monde 20/3)
L’OPEP (organisation de pays exportateurs de
pétrole) a confirmé sa décision de réduire de 1 million de barils par jour sa
production à partir du 1er avril. L’Agence internationale de
l’énergie redoute que le prix du pétrole handicape la croissance. (Le Monde
2/4)
Les cours des matières premières, comme l’acier, le
nickel, le platine ou le cuivre, flambent. Le prix du pétrole approche des 40 dollars le baril. La demande fortement croissante
de la Chine entraîne une raréfaction de l’offre. l’économie mondiale doit
s’habituer à vivre avec des matières premières très chères, des goulets
d’étranglement de production, voire certains risques de pénurie. « Il faut
remonter au premier choc pétrolier de 1973, et à la flambée des matières
premières qui l’avait accompagné, pour retrouver une situation
comparable » estime l’investisseur Jim Rogers, qui pronostique que
« cette hausse des prix devrait être longue, le temps d’augmenter les
capacités de production, notamment minières », et donc n’imagine
d’autre solution que la fuite en avant ! Qui aurait pour
conséquence évidente de raccourcir encore
le délai avant l’épuisement complet, inéluctable, des ressources !
(Le Monde 24/3)
La Chine est le 2ème
consommateur mondial, derrière les Etats-Unis. D’ici à 2025 ses besoins
doubleront, passant de 5,4 à 10,9 millions de barils par jour. Alors que ses
propres champs pétrolifères s’épuisent, la Chine n’aura d’autre choix que d’acheter
massivement à l’étranger. Washington s’inquiète de ce que la Chine finance en
partie ses acquisitions pétrolières par des livraisons
d’armes.(Le Monde 18/3) A rapprocher de cette autre
information : Paris, contre Washington, prône la levée de l’embargo
sur les armes imposé à Pékin. (Le Monde 12/3 )Effrayante Realpolitik !
Surtout si on fait le lien avec ceci : La
presse française, dans sa grande majorité, est sous le contrôle des marchands
d’armes (dont Chirac est un grand ami)!
Non seulement Le Figaro passe entre les mains du
constructeur des Mirage, mais aussi l’Express, l’Expansion, l’Etudiant, le
Progrès, le Dauphiné Libéré, la Voix du Nord, en tout 70 publications. Le
groupe Dassault a conclu un accord avec les héritiers de Robert Hersant, et a rachèté
la Socpresse. Serge Dassault est l’une des toutes premières fortunes de France
(loin derrière Liliane Bettancourt, mais loin devant tous les autres).
Marcel Dassault, père de Serge, était ami d’Abel
Chirac, père de Jacques, et a aidé Jacques (en finançant L’essor du Limousin) à
conquérir un siège de député à la fin des années 1960. Devenu premier ministre
, Jacques Chirac aide - sans succès-
Marcel Dassault, pour conquérir le « marché du siècle » contre les
Américains, 350 avions de combat pour les forces atlantiques, affaire qui se
soldera par un scandale politico-financier. En plein choc pétrolier, le chef du
gouvernement va engager une intense politique de coopération avec l’Irak de
Saddam Hussein, dont l’industriel Dassault va largement profiter. Et en 1986,
Jacques Chirac premier ministre de cohabitation, soutient efficacement Serge
Dassault pour qu’il devienne président de Dassault Aviation, contre l’avis du
ministre de la défense…
Nous
voici loin du
programme du Conseil National de la Résistance : « assurer la
liberté de la presse, son honneur, et son indépendance à l’égard de l’Etat, des
puissances d’argent et des influences étrangères ». Ohé, les
gaullistes !Où êtes-vous passés ?
A lire dans Silence d’avril 2004 le scénario Negawatt sur les économies d’énergie, et un article
passionnant sur le pétrole d’Alain Dorange (Verts).
L’ONG britannique Global Witness dénonce une « épidémie mondiale de
scandales financiers avec des milliards de dollars de revenus non comptabilisés
dans certains des pays les plus pauvres du monde » : le quart des
revenus de l’Etat disparaît en Angola, le compte personnel à l’étranger du
président de la Guinée Equatoriale est directement approvisionné par les compagnies pétrolières, la Société nationale des
pétroles du Congo réalise des millions de dollars de profit, sans en reverser un centime à l’Etat…Royalties, taxes
et « bonus » versés lors de la découverte de nouveaux champs pétroliers,
sans parler des prêts gagés sur le futur pétrole à extraire du sous-sol qui
obèrent l’avenir sur vingt ou trente ans, tout s’évapore au bénéfice de
quelques privilégiés, le plus grand nombre ne tire guère avantage des richesses
naturelles du pays. Global Witness demande « qu’il devienne obligatoire
pour les sociétés de publier leurs versements aux Etats ». C’est bien
le moins ! (Monde 25/3)
Les Amis de la Terre France lancent une campagne
pour l’adoption par la Banque mondiale
des mesures suivantes concernant les projets d’exploitation
minière et d’énergies fossiles : obtention du consentement des
populations concernées, respect des droits humains, arrêt de leur financement
d’ici à 2008, et appui aux énergies renouvelables pour les plus pauvres. (Le
Monde 24/3)
Le Brésil et l’Argentine font front commun face au FMI. Ils sont soutenus par la Banque interaméricaine de développement.(Le Monde 18/3)
La
dette de l’Argentine est passée de 7,8 milliards de dollars en 1975 à 170
milliards de dollars en 2002. Le ministre de l’économie a annoncé son intention
de négocier la restructuration de la dette d’une manière « moins amicale
avec les marchés ».
Berlin soutient l’initiative française d’une organisation mondiale de l’environnement au sein des Nations Unies.
Chine : la croissance économique est freinée par le manque d’eau. Les ressources en eau par habitant ne
s’élèvent en Chine qu’au quart de la moyenne mondiale. La Chine a prévu
d’investir 7 milliards d’ euros pour construire des stations d’épuration.
Les Chinois ont construit 30 000 km d’autoroutes en dix ans, les Indiens à eu près le tiers.
Les
Etats-Unis proposent à l’ONU une résolution reprochant à la Chine de n’avoir
pas tenu ses engagements de décembre 2002 sur les droits
de l’homme (arrestation de militants ou d’avocats). La France pourrait
voter cette résolution.
10
000 condamnés à mort seraient exécutés chaque année en Chine.
Congo : la renaissance de la
province du Katanga, où gisent 70% des réserves mondiales de cobalt, et d’importantes quantités de cuivre, de diamants et d’or, profite aux compagnies minières mais pas à la population.
L’insécurité continue de régner en brousse, où des actes de barbarie font
régner la terreur. Plus de 10 000 combattants autrefois armés par les
belligérants congolais mais à présent livrés à eux-mêmes circulent dans le nord
de la province. Leur impunité est totale. A Kinshasa, d’anciens rebelles
impliqués dans des crimes de guerre et de nombreuses
atrocités sont désormais ministres.
Une hausse récente de la demande de cobalt par les
industries de pointe, notamment l’aéronautique et la téléphonie portable,
provoque une envolée des cours, qui ont triplé en un an. Cette flambée et
l’installation au Katanga d’entreprises privées de sécurité sud-africaines pour
protéger les concessions minières ont eu raison des réticences des
investisseurs étrangers. Le géant minier American Mineral Field annoncé la reprise imminente de ses
activités au Katanga.
George
Forrest, homme d’affaire belge, grand bâtisseur d’usines à travers le monde, a
profité de la descente aux enfers de l’ex-Zaïre, en 1990, et de la faillite de l’entreprise publique
congolaise Gécamines pour investir dans le secteur minier. Gécamines croule
sous les dettes et tente une périlleuse restructuration, soutenue par la Banque
mondiale, au prix de 10 000 suppressions d’emplois (sur 20 000).
L’extraction d’uranium
a repris, de façon artisanale, depuis 1997, en République démocratique du
Congo. Le minerai est mis en circulation hors de tout contrôle, ce qui inquiète
les américains. En janvier, le président Joseph Kabila a interdit l’accès de la
mine aux mineurs. Deux mois plus tard, la mesure est restée sans effet.
La Commission européenne exige plus de transparence sur le site nucléaire britannique de Sellafield. Les experts communautaires tentent en vain depuis 1991 ( !) d’obtenir des informations précises sur le combustible irradié, dont du plutonium, qui y serait entreposé.
Chacun des Etats membres de l’Union européenne doit
transmettre à Bruxelles son plan en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De nombreuses entreprises
s’inquiètent des éventuelles conséquences économiques d’un cavalier seul
européen, car les Etats-Unis et la Russie n’ont toujours pas ratifié le traité.
En France , le gouvernement négocie avec les entreprises, en tenant à
l’écart les associations Greenpeace et WWF.
Espagne : Quoi qu’on puisse penser de
José Maria Aznar (qui a raté sa sortie,- et de quelle façon !-, en voulant exploiter au profit de son camp
l’émotion suscitée par l’attentat de Madrid), il faut saluer le fait qu’il
avait choisi de se retirer, à 51 ans, de la vie politique. Ce qui devrait
être une attitude ordinaire et banale est en fait rarissime : les hommes
politiques, de quelque bord qu’ils soient, ne font-ils pas une « carrière », n’agissent-ils
pas comme s’il s’agissait d’un « métier » ? N’est-il pas
choquant de parler de « classe politique », pour la distiguer de la
« société civile » ? Il devrait y avoir rotation des
responsables politiques, et surtout un contrôle étroit des citoyens pendant
leur mandat.
Russie : Les attaques racistes se multiplient en
Russie. Le pays compte aujourd’hui 50 000 skinheads, le mouvement est en plein
essor.
Grande-Bretagne : Realpolitik : Tony Blair réhabilite le colonel Kadhafi et espère un « nouveau partenariat » avec Tripoli. La réconciliation entre Londres et Tripoli sera une bonne affaire pour les firmes britanniques. Shell a annoncé son retour après 12 ans d’absence. Shell a signé un accord de partenariat à long terme dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz.
Allemagne : temps de
travail : Précurseurs
de la semaine de 35 heures dans les années 1990, les entreprises allemandes de
la métallurgie, de l’automobile et de l’électronique ont entamé récemment un
mouvement de retour aux 40 heures hebdomadaires,
du moins pour leurs salariés « hautement qualifiés » travaillant dans
la recherche, le développement, la planification de la production ou la
formation.
L’accord salarial de branche signé en février entre
le patronat et IG Metall dans l’Etat du Bade-Wurtemberg prévoit la possibilité
de porter à 50 % (contre 18 % auparavant) les effectifs d’une entreprise la
part des salariés travaillant à 40 heures, avec augmentation salariale mais
sans prime d’heure supplémentaire.
En vertu de cet accord, DaimlerChrysler va étendre la semaine de 40 heures à 21 000 salariés en Allemagne.
En revanche, Deutsche Telekom met en place une réduction du temps de travail : 120 000 salariés du groupe, soit un sur deux environ, vont passer à la semaine de 34 heures -payées 35,5- au lieu de 38 payées 38. Cela permettra de geler les licenciements jusqu’à fin 2008, et de dégager des postes de travail pour les salariés en reconversion.
La
réforme des retraites a été adoptée en
Allemagne : passage progressif de la préretraite de 60 à 63 ans. Les
années d’étude seront exclues du calcul des droits à la retraite, et les années
de formation professionnelle ne seront prises en compte que jusqu’à trois ans
maximum.
Une
première centrale géothermique a été inaugurée dans
la région du Mecklembourg. Elle a une puissance électrique de 2,1MW et peut
fournir du courant à 500 habitations. Elle est alimentée par une nappe d’eau
chaude à 98 °C située à 2250m de profondeur. Après production d’électricité,
l’eau qui reste à une température supérieure à 70°C est utilisée par un réseau
de chauffage urbain. L’installation n’a coûté que 800 000 euros. Selon le
ministère de l’environnement, le potentiel géothermique du pays est
énorme : il pourrait fournir 600 fois les besoins actuels en électricité. Le ministère a
débloqué d’importants crédits pour améliorer les processus d’extraction de la
chaleur par géothermie. (Silence, avril 2004.Abonnement : 04 74 07 08 68 le mardi)
M.
Schröder a arbitré pour une réduction des émissions de gaz
à effet de serre à 503 millions
de tonnes d’ici à 2007, puis à 495 en 2012.
France :
Emploi : L’économie française a
détruit 51 700 emplois salariés en 2003. Il y a peu
d’espoir que la situation de l’emploi s’améliore en 2004. Selon l’Agence
Pour l’Emploi des Cadres, le volume de créations d’emplois devrait encore
diminuer en 2004.
Le nombre de RMIstes a augmenté de 4,9% en 2003.
Cette tendance touche tout particulièrement les moins
de 30 ans .
Contrairement à ce qu’on a longtemps cru ou
prétendu, le « papy-boom » (départ à
la retraite des classes nombreuses de l’après –guerre) ne sera pas un appel
d’air pour l’emploi : selon une étude de la Cegos, près de la moitié des
DRH envisagent de s’organiser pour limiter leurs effectifs dans le futur, et
plus des ¾ d’entre eux ont déjà engagé la démarche. Les entreprises
apparaissent bien décidées à ne pas remplacer les départs. Il faudrait donc
poursuivre la réduction du temps de travail.
L’enquête de la Cegos ruine aussi l’idée d’un
recours accru aux salariés de plus de 50 ans. A
peine une entreprise sur cinq déclare aujourd’hui être prête à recruter un
« quinqua » contre un tiers en 2003. Les grandes entreprises y sont
presque totalement fermées (7% seulement). L’allongement du temps de
cotisation pour obtenir la retraite à taux plein apparaît donc bien comme un
moyen inavoué de réduire sensiblement
le montant des retraites.
« Les exonérations à
l’embauche–généralement coûteuses pour la Sécurité sociale- n’ont pas créé
d’emplois », indique l’INSEE. Il s’agit donc bien de « cadeaux au patronat » sans contrepartie.
L’INSEE souligne, par ailleurs, la « forte baisse », de l’ordre de
100 000, du nombre de bénéficiaires d’un contrat aidé dans le secteur non
marchand . Cette décrue est due, pour une large part, à la fin programmée
des emplois-jeunes.
256 000 chômeurs ont été radiés par les Assedic
depuis janvier. L’angoisse est forte car ces sans-emploi ne pourront guère
prétendre qu’à l’ASS ( 414 euros par mois, versés par l’Etat sous conditions).
Jacques Chirac a annoncé la suspension de la réforme de
l’allocation spécifique de solidarité (ASS) qui pénalise les chômeurs en
fin de droits. Il a également assuré
que le conflit des chercheurs et des intermittents allait trouver une solution.
Ecologie : Le nouveau ministre de
l’écologie, Serge Lepeltier , suivra –t-il le programme du sénateur Serge
Lepeltier, qui, rapporteur sur « la mondialisation et
l’environnement », a écrit :
« les pays développés ne peuvent plus se dédouaner, en prétendant
qu’il ne leur est pas possible de combattre les pollutions si les pays en
développement ne le font pas aussi. Premièrement, ce sont eux qui hébergent les
industries les plus polluantes à forte intensité capitalistiques comme la
chimie. Deuxièmement, ils ont la capacité de diffuser par contamination des
normes environnementales poussées, car leurs entreprises ne se conduisent pas
différemment au Nord et au Sud ». Il faut réclamer une organisation
mondiale de l’environnement et une écotaxe internationale sur les émissions de carbone,
taxer le kérosène des avions, obliger l’Organisation mondiale du commerce à
accueillir des experts de l’écologie dans ses panels…
Moulinex, un cas d’école : (à lire dans le Monde
Diplomatique de mars) Le déchaînement de la concurrence généralisée fait vivre
les salariés dans une tension permanente et exténuante, tension des luttes à
mort du capital. Les contraintes, qui résultent de décisions politiques prises
par le GATT, l’OMC, le G7, l’Alena, le Mercosur, la Commission européenne, …, existent maintenant, elles s’imposent
objectivement aux entreprises qui le plus souvent ne les ont pas inventées même
s’il y a des patrons suffisamment bêtes pour en faire l’apologie plastronnante
–en général à la tête de monopoles qui ont le moins à redouter.
Il faut dire cesser d’attendre des patrons qu’ils
fassent autre chose que ce que le système des contraintes structurelles où ils
se trouvent placés leur commande de faire presque nécessairement. Il faut
porter le fer là où sont redessinées les structures, faites et refaites les
grandes règles qui déterminent tout le reste.
Le plus époustouflant dans cet invraisemblable
scandale, c’est le besoin qu’éprouve la plus grande partie de la classe
dirigeante économique d’en faire l’apologie en expliquant comme il est juste que
la rémunération aille au mérite et combien sont grands les méfaits de la
société du risque.
Cette classe dirigeante ne risque pas d’être
contredite par la classe politique dite « de gouvernement », qui
vante les charmes de la mondialisation. Les pires ne sont pas forcément du côté
qu’on croit. M. Pierret, par exemple déplore que les salariés « n’ont pas
compris ce qu’est ce monde de compétition, d’ouverture, de concurrence. Nous
n’avons pas suffisamment, nous à gauche, fait de pédagogie pour expliquer ça.
Et ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’on a des gens qui refusent de manière
magique la réalité économique, qui, qu’on le veuille ou non, est la réalité,
aussi forte que la loi de la pesanteur »… (propos tenus le … 23 avril
2002 !)
Ile de France
La maîtrise de l’urbanisation, premier dossier du futur
conseil régional d’Ile-de-France : la révision du schéma directeur de la
région de 1994 devrait être lancée cette année. Il s’agit d’organiser la
consommation d’espaces autour de la capitale pour éviter une urbanisation en
tache d’huile : ce « mitage » qui, en éparpillant habitations et
activités, est à l’origine de problèmes sociaux comme des difficultés de
transports.
Frais de bouche : Le maire de Paris
Bertrand Delanoë a décidé de faire appel de l’ordonnance de non-lieu rendue
dans la procédure ouverte sur le fonctionnement de la questure de la Ville de
Paris entre 1987 et 2000. L’enquête portait notamment sur les dépenses
somptuaires d’alimentation et de réception réalisées à l’époque par Jacques et Bernadette
Chirac. Le juge d’instruction a suivi les réquisitions du Parquet, qui avait
estimé les faits prescrits… !
Montrouge : la gauche est majoritaire, mais perd le canton car le conseiller
général sortant n’a pas fait le plein des voix de gauche
Au
deuxième tour des élections régionales, Jean-Paul Huchon (gauche) a recueilli
7983 voix (51,44%), Jean-François Copé
(droite) 6414 (41,33%) et Marine Le Pen (FN) 1121 (7,22%).
Au deuxième tour de l’
élection cantonale, Wilfried Vincent (conseiller général sortant, gauche) a
recueilli 7256 voix (46,73%), Jean-Loup Metton
(par ailleurs maire, droite) 8272 (53,27%).
A Montrouge, une vidéo-surveillance a été mise en place par la
municipalité. Une étude britannique montre les limites de la
vidéo-surveillance. Selon les données recueillies entre 2000 et 2002, cela n’a
jamais permis d’appréhender une personne en flagrant délit, souvent la
délinquance se déplace hors du champ des caméras, tout au plus note-t-on une
légère baisse des agressions physiques (-3%) mais avec une hausse des
délits(+11%). Bref, il s’agit surtout de piller l’argent des contribuables. (Silence, avril 2004)
Associations :
réunion
organisée par ATTAC Montrouge, avec la participation de l’ association Tourisme
et développement solidaire, le jeudi 8 avril à
20 h 30 à Montrouge, 6 rue Théophile Gautier, sur le thème des « rapports Nord/ Sud ». Réunion suivante le 4 mai,
même lieu, même heure, sur « le logement ».
Pour protester contre l’encombrement de vos boîtes à
lettres remplies contre votre gré par les prospectus publicitaires, gardons
tous ces papiers, et, le 5 juin, nous les déverserons ensemble devant la
mairie : manifestation organisée
par RAP, résistance à l’agression publicitaire ,
53 rue Jean Moulin 94300 Vincennes 01 43 28 39 21 internet : antipub.net
(info communiquée par une Montrougienne)
Le CNIID (centre national d’information indépendante
sur les déchets, 01 55 78 28 61, info@cniid.org,
www.cniid.org), qui a lancé une campagne
contre les emballages jetables, sources de gaspillage et de pollution, organise à travers la France des actions de
déballage dans les supermarchés.
« L’âge de faire » est une association qui
vise à créer un journal national mensuel, indépendant, grand public, au service
de la nature, de l’Etre humain et des Peuples. Parmi les membres du comité de
parrainage, Gus Massiah, Jean-Marie Pelt, Pierre rabhi, Jacques Testart, …(journal@lagedefaire.org; http://www.lagedefaire.org)
Mathématiques modernes. « Prenez un cercle,
caressez-le : il deviendra vicieux » (Ionesco, La Cantatrice
chauve)
Réponse à la devinette de
la page 2 : Aucun des trois … L’auteur de ces propos est Charles de Gaulle, à
Alger en novembre 1943… !(Politis, 11 mars)
Toujours
du nouveau sur le site (pertinent et impertinent) de Montbouge le journal local qui tord le
cou aux idées reçues. ( www.montbouge.net)
On
peut aussi consulter le site http://perso.wanadoo.fr/citoyens-a-montrouge
(et y lire notamment les anciens numéros, des notes de lecture, …)
Si vous souhaitez que cette lettre mensuelle soit
adressée à d’autres personnes de votre connaissance, indiquez leur adresse
électronique à jean-paul.alletru@wanadoo.fr.
Si vous souhaitez ne plus la recevoir, ou si vous voulez faire part de
réactions, commentaires, informations, faites le savoir par un message à cette
même adresse.