Citoyen du monde à Montrouge
numéro 9
Mai 2004
Démonstration
par l’absurde
En mathématiques, on connaît
bien le mode de raisonnement qui consiste, pour démontrer la fausseté d’une
proposition, à faire « comme si » la proposition était vraie, et à en
déduire les conséquences inéluctables, jusqu’à une proposition manifestement
absurde.
Tous les éditoriaux nous le serinent : il nous
faut gagner la bataille de la compétitivité. Compétitivité de l’Europe par
rapport à l’Asie. Compétitivité de la France par rapport aux nouveaux entrants
dans l’Union européenne. Faute de quoi, les « entrepreneurs », les
« capitaines d’industrie » (on ne dit plus les patrons), n’auront
d’autre choix, les pauvres, ils le regrettent pour nous, que de délocaliser.
C’est pourquoi il faut que les salariés consentent à travailler plus et à
gagner moins. C’est pourquoi il faut que les entreprises soient déchargées des
insupportables « prélèvements obligatoires », ces charges fiscales et
sociales qui les écrasent et qui les pénalisent par rapport à leurs
concurrents, ce qui ne peut que leur faire perdre des parts de marché, et donc
finalement amène à des suppressions d’emplois. C’est pourquoi il faut
démanteler le droit social : limiter le droit de grève, mettre à la raison
ces syndicats tout-puissants qui prétendent faire la loi dans l’entreprise.
Tout cela est incontestable, inéluctable. D’ailleurs
les Français l’ont bien compris, ils veulent, c’est le sens que selon M.
Raffarin, il faut donner aux résultats des élections régionales et cantonales,
les Français veulent que l’on accélère le rythme des « réformes » qui
adaptent notre pays à son environnement…
Et jusques à quand cet implacable raisonnement
va-t-il s’appliquer ? C’est bien simple : tant qu’il y aura, en Chine
ou dans un pays du Sud, des travailleurs plus pauvres que nous qui accepteront
de faire le même travail pour moins cher… Comme il y en a des milliards, on le
voit, il y a de la marge…
Ce n’est que lorsque la France sera devenue un océan
de misères, qu’elle sera guérie de son insuffisance de compétitivité.
Conclusion manifestement absurde : c’est donc
qu’il faut prendre le problème autrement.
Comment ?
Envoyez vos propositions à jean-paul.alletru@wanadoo.fr
« Citoyen du monde à Montrouge » publiera les meilleures.
Bonne nouvelle : L’Union européenne s’élargit à dix nouveaux pays. Elle compte désormais
25 Etats membres, 188 régions, 450 millions de citoyens et 20 langues
officielles. Comment ne pas se réjouir de l’entrée dans l’Union de ces dix
nouveaux entrants, en particulier de ceux qui ont été sous la domination
soviétique ? Espérons que ces pays rattraperont bientôt notre niveau de
vie , comme avant eux l’Espagne, le Portugal, la Grèce, anciennes dictatures.
Songeons que l’Irlande, qui fut longtemps un pays arriéré, une terre
d’émigration, est désormais le deuxième pays, derrière le Luxembourg, de l’Union européenne, par le PIB par
habitant !
Le Gulf Stream transporte les eaux chaudes d’origine
tropicale vers le nord de l’océan atlantique. A mi-chemin, il laisse place à la
dérive nord-atlantique, qui file vers le nord-est de l’Atlantique et l’Europe,
ce qui explique les conditions climatiques clémentes de nos côtes.
Or, selon une étude publiée en ligne par la revue
Science, les océanographes observent un ralentissement de cette circulation au
cours de la décennie 1990.
Si un tel ralentissement était confirmé sur le long
terme, cela pourrait signifier le début d’un changement climatique lié à
l’effet de serre (Le Monde, 25
avril)
Le Pentagone vient de publier une étude évoquant
l’éventualité d’un arrêt du Gulf Stream en 2020 suite au réchauffement
climatique. (La revue durable numéro 10 avril-mai 2004, en kiosque ; CERIN Sàrl, rue de
Lausanne 91, 1700 Fribourg, Suisse)
Or les énergies produites dans le monde sont dans
leur très grande majorité sources de gaz à effet de serre, qu’il s’agisse du
pétrole (35%), du charbon (23%), du gaz
naturel (21%), de la biomasse, du bois, des déchets (11%) (chiffres de 2001). Le reste se répartit
ainsi : le nucléaire 7% , l’
hydraulique 2% , autres 0,5%.
Chine et Etats-Unis extraient à eux deux la moitié
des 4 ,7 Gt de la production mondiale de charbon (l’Inde est le 3ème
producteur)
Les techniques de capture et de stockage du CO2 existent mais coûtent cher : elles
alourdissent les coûts de construction des centrales électriques de 30 à 120%,
estime l’AIE (agence internationale de l’énergie) (Le Monde, 24avril)
Fin du pétrole : Le cours du baril de brut a
atteint à New York son niveau d’octobre 1990 à 38, 21 $ (Le Monde, 5 mai). Shell (3ème groupe
pétrolier mondial) et ses dirigeants savaient, depuis 4 ans déjà, que ses
réserves prouvées étaient largement surestimées. Il a revu à la baisse de plus de 20% le montant total de ses réserves.
Les estimations des autres groupes pétroliers
sont-elles dignes de confiance ?
Mais une bonne nouvelle pour les personnes
pressées : même quand il n’y aura plus de pétrole, elles pourront foncer. Une voiture solaire a
traversé l’Australie (3010 km) en seulement 31 heures, soit à une vitesse
moyenne de 97 km/h. (Silence, mai
2004)
Acier : Les prix de l’acier
augmente. Ce marché connaît une pénurie, en raison de la forte augmentation de
la demande chinoise.
Biodiversité en péril : Les extinctions d’espèces
sont estimées entre 50 et 100 fois plus nombreuses qu’avant l’apparition de
l’homme.
Compétition, ou émulation ? Albert Jacquard, dans Le
Monde diplomatique, mai 2004 : « Le modèle occidental a commis
l’erreur de prendre pour moteur la compétition, c’est-à-dire la lutte de chacun
contre tous. Ramener les rencontres à un affrontement qui désignera un gagnant
et un perdant, c’est perdre toute la richesse d’un échange qui pourrait être
bénéfique à tous. La place démesurée donnée par les médias aux événements
sportifs est l’exemple extrême de cette déformation caricaturale. Il est urgent
de remplacer le modèle de la compétition
par celui de l’émulation, c’est-à-dire de la lutte contre soi avec
l’aide des autres. »
1,1 milliard d’hommes vivent avec moins de1dollar
par jour. Ils étaient 1,5 milliard en 1981. 840 millions de personnes sont
sous-alimentées de façon chronique dans le monde. En fait, les pays pauvres ont
connu des évolutions contrastées. Alors qu’en Chine, le Produit Intérieur Brut
a été multiplié par 5 depuis 1981, en Afrique
subsaharienne, le nombre de pauvres est passé de 164 à 314 millions.
Les pays riches consacrent 300 milliards de dollars
par an aux subventions à l’agriculture, ce qui
empêche les pays pauvres d’être compétitifs. Les dépenses militaires atteignent
environ 800 milliards de dollars par an, tandis que l’aide au développement se
situe entre 50 et 60 milliards de dollars chaque année dont la moitié seulement
versée en argent frais (Jim Wolfensohn,
président de la Banque mondiale)
Les pays à faible revenu et les pays à revenu
intermédiaire consacrent aux dépenses militaires une part encore plus
importante que les pays à revenu élevé ( 12,3 pour les premiers, 11% pour les
seconds ; 27 % pour le Burundi ; 43 % pour l’Ethiopie) (Le Monde
24/4)
La répartition des droits de
vote au Fond Monétaire International se fait en fonction de la
puissance économique des Etats : les Etats-Unis disposent à eux seuls
de 17 % des droits de vote (et du droit
de véto), le Japon de 6 %, de même que l’Allemagne , la France de 5%, l’Arabie
Saoudite de 3%, la Chine de 3 % , comme la Russie …
Qui a dit : « je crois que la vague
intégriste a commencé de refluer . (…) Les mouvements intégristes (…) n’ont
rien à offrir » (réponse en page 4)
Etats-Unis d’Amérique : La question des
délocalisations est devenue l’un des principaux thèmes de la campagne
présidentielle: John Kerry a accusé Georges Bush d’avoir fait perdre des
millions d’emplois aux Etats-Unis en ne luttant pas contre les délocalisations.
(Le Monde 14/4)
Aux USA seuls 45 % des hommes et 30 % des femmes de
plus de 60 ans ont droit à une retraite. Les vieux sans famille et sans argent
meurent dans la misère (Silence mai 2004)
Chine : En 2003, les importations ont augmenté de 40%, et les exportations
de 35 %. La Chine devient le 3ème importateur mondial de marchandises
derrière les Etats-Unis et l’Allemagne.
Le
rédacteur en chef d’un quotidien cantonais érigé en modèle du nouveau
journalisme en Chine a été inculpé pour « corruption » (en fait, pour
s’être opposé en 2003 aux autorités cantonaises).
Japon : Tokyo investit massivement
dans l’enseignement supérieur et la recherche, qui représente 3, 18 % du PIB en
2003 (contre 2,12 % en France et 2,79 aux Etats-Unis). La loi de
restructuration de l’université supprime tous les postes de fonctionnaires
dans les universités d’Etat, pour les remplacer par des contrats à durée
déterminée (Le Monde 3/4)
S’il
convient de se réjouir de l’élargissement de l’Europe, qui prouve ainsi sa
capacité d’attraction, comment ne pas regretter l’absence
d’une véritable démocratie à l’échelle européenne ? Pour l’essentiel, les débats se passent au
sein de chaque pays, les différents courants politiques ne cherchent pas à
construire des projets communs au niveau de l’Union (sauf les Verts). Et les Etats membres, la France en tête,
cherchent à diminuer les moyens budgétaires
alloués à l’Europe, pourtant déjà très réduits
(plafonnés d’après les traités à 1,24 % du PIB européen pour la période 2007
–2013). 46 % des dépenses vont à la politique agricole et l’environnement. Et
l’Europe ne dépense même pas tout son budget…
Suisse : Consultés par référendum
sur l’opportunité d’un projet qui demandait la construction de nouvelles autoroutes, et le percement d’un deuxième tunnel au
Gothard, les Suisses l’ont repoussé par 63% des
voix. (La revue durable numéro 10 avril-mai 2004)
Allemagne : temps de
travail : Le
patronat allemand s’est saisi du débat
sur les délocalisations pour demander des efforts à leurs salariés, notamment
une hausse du temps de travail. Siemens a indiqué qu’il a des projets concrets
de délocalisation, pouvant concerner 5 000 emplois; il a fait état de coûts de
production de certains sites de production de téléphones mobiles qui seraient
30 % plus chers que ceux de la Hongrie. Selon le patron de SAP « si nous
ne participons pas au mouvement, alors nous ne sommes plus compétitifs, nous
perdons des parts de marché et finalement aussi une part des postes de travail
en Allemagne » (Le Monde 14/4)
C’est le thème du « dossier spécial écologie et
emploi » de La revue durable numéro 10 (en kiosque ; CERIN Sàrl, rue de
Lausanne 91, 1700 Fribourg, Suisse)
Taxer moins le travail, davantage
l’énergie : Entre 1985 et 2001, alors que le coût du travail a augmenté de 66%,
celui de l’énergie a baissé, pour l’électricité, de 48%, pour le gaz naturel,
de 41 %, pour le mazout, de 54%. Ce qui ne favorise ni l’emploi, ni les
économies d’énergie. Pour contrebalancer cet effet néfaste et à courte vue des
marchés, il est possible d’utiliser la fiscalité. Il s’agit de faire en sorte
que le financement de l’Etat social repose moins sur les salaires et plus sur
l’énergie.
C’est ce que fait , avec succès, l’Allemagne.
Depuis le 1er avril 1999, une taxe est appliquée à l’électricité,
aux combustibles et aux carburants, avec une charge fiscale dix fois plus
lourde sur les carburants. Chaque année la taxe augmente pour atteindre, en
2003, 2% du prix de l ‘électricité, 2% du prix des combustibles et 15,3 %
du prix des carburants (avec des dérogations). Les recettes servent à abaisser
les contributions des employés et des employeurs au système de retraite, et à
promouvoir les énergies renouvelables.
Résultats : la consommation d’énergie recule,
d’ici à 2005, les émissions de CO2
auront diminué de 2 à 3%, 250 000 emplois ont été créés
entre 1999 à 2003.
Réduire l’utilisation de la voiture au
profit des transports en commun…
En 1997, en Grande Bretagne, le bureau d’études Ecotec avait
montré que réduire de 10 % en 2010 par rapport à 1990 l’utilisation de la
voiture au profit du train, du bus et du vélo induirait une création nette de 87000 à 122 000 emplois (en tenant compte des
43 000 emplois supprimés liés à la voiture). La remise en état et l’entretien
des infrastructures ferroviaires et des trains – il est vrai mis à mal par
la privatisation - en créeraient à
eux seuls 90 000.
Une étude allemande de 1998 montre que le doublement, à l’horizon 2010,
du nombre de kilomètres parcourus par personne et par an en train et en vélo en
Allemagne, sans affecter la mobilité globale par
personne, amènerait à créer 200 000 emplois nets (répartis sur tout le
territoire, et non délocalisables)
Aux Etats-Unis,
l’organisation Surface Transportation Policy project montre
qu’entretenir et rénover les routes et les ponts engendre 9 % de postes de
travail de plus par dollar dépensé que de construire de nouvelles
infrastructures. L’Association états-unienne des transports publics calcule
que, comparés aux nouvelles routes, les transports publics créent 19 %
d’emplois en plus.
… ou du télétravail L’Union européenne promeut le télétravail comme politique de
l’emploi et de développement. En 1999, 10 millions de personnes pratiquaient le
télétravail de façon régulière ou non en Europe, soit 6% des salariés Et d’ici
à 2005, ils seraient 16 millions à travailler à distance. La Finlande arrive en
tête avec 17 % des salariés qui télétravaillent. La
France figure en bas de liste avec 2,9%.
Economiser l’énergie crée des emplois. Dans le cadre d’un programme
de recherche européen, 44 expériences
de promotion des économies d’énergie menées dans 9 pays de l’Union européenne
ont été étudiées sur quinze ans: un gain net d’emplois est quasi systématique.
Il s’agit d’emplois peu qualifiés, de métiers manuels, répartis sur l’ensemble du territoire. Ce sont les campagnes
d’information et d’éducation, ainsi que les programmes institutionnels
innovants comme la promotion de services énergétiques qui semblent combiner le
mieux de fortes augmentations d’emplois directs, de faibles dépenses publiques
et un bon rapport coût/efficacité en matière d’économie d’énergie.
Grande Bretagne : le gouvernement a imposé aux entreprises fournisseurs
d’électricité et de gaz de promouvoir les économies d’énergie auprès de leurs
clients : travaux d’isolation, de remplacement d’appareils électriques et
de chaudières ; pour chaque livre dépensée, les ménages économisent 4
livres sur leur facture d’énergie.
Allemagne : rénovation de 300 000 habitations, 200 000 emplois créés,
2M T de CO2 en moins, coûts de chauffage réduits pour les habitants
France . « Econome de flux » : ce
nouveau métier consiste à aider les entreprises et les collectivités à
maîtriser leurs flux d’eau, d’énergie et de déchets. Une variante de ce métier,
conseiller en environnement domestique, s’adresse aux ménages. On estime en
France qu’ils sont entre 500 et 1000 détenteurs d’une formation technique
courte -BTS ou DUT- ou d’un titre
d’ingénieur à exercer ce métier. Ces hommes énergie ont profité du dispositif
« emplois-jeunes » , qui, entre 1999 et 2002 , a créé 25 000 emplois
subventionnés dans le domaine de l’environnement. Tout l’enjeu est maintenant
de convaincre les collectivités de prendre le relais. Il s’agit de pérenniser à
la fois les emplois et les bénéfices, souvent spectaculaires, de l’intervention
des économes de flux. Directeur de l’association Maîtrisez votre énergie, qui
emploie 4 « hommes énergie » pour conseiller la population et les
administrations de Montreuil et de Vincennes, Guillaume Porcher est confiant :
« ce métier ne peut que s’imposer, car pour maîtriser la consommation, il
faut un travail de longue haleine auprès de la population ».
L’agriculture biologique peut freiner l’hémorragie
des emplois agricoles. La production céréalière et maraîchère biologique peut
exiger jusqu’à 40 % de main d’œuvre en plus. Si la France rattrapait son retard
sur l’Autriche (9,3 % des fermes en
bio), près de 60 000 exploitations travailleraient en agriculture biologique
(au lieu de 11 000 ), générant plus de 90 000 emplois
Associations, syndicats :
militons ! Trois regroupements européens d’organisations militent activement
auprès de la Commission européenne pour réclamer des emplois
« verts » : le Bureau européen de l’environnement (160
associations écologistes de 27 pays), la Plate-forme sociale (30 fédérations
européennes d’organisations sociales), la Confédération européenne des
syndicats (77 syndicats de 35 pays, représentant 60 millions de travailleurs).
Ils ont publié un manifeste Investir dans un avenir
durable, comportant de nombreuses propositions , telles que : privilégier la rénovation des centres
urbains plutôt que l’essor de la périphérie, améliorer l’efficacité énergétique
des logements de 50% dans les vingt prochaines années, assurer 20 % du transport
de marchandises par le train, …
France :
Chirac désavoue Raffarin II : M. Borloo rétablit les
chômeurs « recalculés » dans leur droit. L’Etat suspend sa créance de
1,2 G euros sur l’Unedic. Une solution devra être trouvée au problème des
intermittents du spectacle, et aux revendications des chercheurs. Le projet de
« CDD de longue durée » est abandonné. Dominique de Villepin renonce
aux « peines plancher » chères à Nicolas Sarkozy ( le nombre de
détenus dans les prisons françaises atteint déjà le record de 62 600 pour
49 300 places. Au passage, Citoyen du monde à Montrouge lance un Concours d’idées : quelles peines substituer à la
prison, école du crime, qui devrait être réservée aux délinquants non malades
psychiatriques et véritablement dangereux
pour la société ? quelles réparations pour les victimes ?)
Santé : osons remettre en cause le
paiement à l’acte (Jean Matouk, professeur honoraire des universités)
Sans être littéralement à l’origine du dérapage
systématique des dépenses, il le rend tellement aisé qu’il en devient presque
inévitable.
Le paiement à l’acte favorise la médecine curative
au détriment de la préventive.
La prévention gagnerait beaucoup au passage du
paiement à l’acte au paiement par capitation, c’est-à-dire l’abonnement chez le
généraliste – ou spécialiste en cas de pathologie chronique- de son choix, avec
possibilité symétrique de rompre le rapport. Les autorités de la Sécurité
sociale fixeraient une sorte de « charte » des relations entre
médecins et malades indiquant, par exemple, le nombre « normal » de
consultations par mois, trimestre ou année. Le médecin recevrait chaque
trimestre, ou semestre, de
l’assurance-maladie, la capitation de ses malades. La capitation serait
calculée pour comporter l’obligation de garde.
Les économies réalisées grâce à la prévention et à
cette vraie réforme pourraient être
largement supérieures au déficit constaté. Ensuite, la croissance des
cotisations, liée à la croissance économique, même faible , à 1,5 % ou 2%,
devrait suffire a à faire face au surcroît annuel de dépenses liées au
vieillissement et aux nouvelles techniques. (Le Monde 25-26 avril)
Emploi : la France est lanterne
rouge de l’Europe avec l’Espagne pour le taux de chômage : 9,8%. 435 000 jeunes de moins de 25 ans, soit le taux considérable
de 20,6 %, sont à la recherche d’un
emploi. Que penser d’une société qui ne sait pas faire de place à ses
jeunes ?
La Chine investit en France
Le géant chinois de la tomate Chalkis a acquis la majorité (55%) de Conserves de Provence, le leader
français de la tomate transformée. Conserves de
Provence transforme 60 000 tonnes de tomates produites par les agriculteurs de
la coopérative provençale Le Cabanon, qui reste propriétaire des 45 % restants. Dans un premier temps, la société
française importera les tomates chinoises transformées, généralement sous forme
de concentré, les transformera et les vendra en Europe. La production chinoise
représentera d’abord les 2/3 de l’activité de Conserves de Provence, donc le
double de la production française (soit quelque 120 000 tonnes). Puis la part
chinoise progressera sans doute davantage, a laissé entendre M. Bernard, ex
–président de Conserves de Provence. En échange, la société française a obtenu
la garantie pendant dix ans de maintenir la production des agriculteurs
français de la coopérative
Des Chinois montent une usine de recyclage dans le Lot. Ils entendent profiter des gisements de plastique de la région de Cahors pour se
délocaliser. « La France produit 2 millions de tonnes de déchets thermoplastiques
par an et n’en recycle qu’à peine 100 000 tonnes », explique Gérard
Vilair, ancien de la branche plasturgie de Saint-Gobain, devenu le porte-parole
des investisseurs chinois qui n’ont pas hésité à débourser 6 millions d’euros
pour s’implanter dans le Lot . La totalité de la production de l’usine sera
exportée vers Pékin pendant au moins cinq ans. L’usine doit recevoir plus de 40
000 tonnes de plastiques par an qu’il faudra trier, laver et réduire en poudre.
A terme, elle produira 36 000 tonnes de plastique en paillettes et emploiera
une soixantaine de personnes. Selon l’Agence de l’environnement et de la
maîtrise de l’énergie, le seul gisement de la « plasticulture »
(tunnels de maraîchage et bâches d’ensilage) représenterait 75 000 tonnes par
an en France.
(Le
Monde, 13 avril)
Raffarin a annoncé le lancement du réacteur nucléaire EPR. Loin de répondre à une
nécessité, ce projet n’est en réalité qu’une opération de valorisation
boursière pour Areva, avant sa prochaine privatisation , au détriment de la création d'un véritable secteur industriel des
énergies renouvelables ...) ! (Politis 8-4)
La France tente de développer son parc d’éoliennes après avoir été longtemps à la
traîne : 253 MW installés à la fin 2003 (Allemagne : 14 609 ;
Danemark : 3110 ; Espagne 6
411, Italie 904 ); elle est loin de l’objectif qu ‘elle s’est
fixée : produire, en 2010, 21 % de ses besoins en électricité à partir de
ces sources renouvelables
Un mauvais point pour Evian : « Nos clients, les gros
distributeurs, nous imposent de travailler de plus en plus avec le transport
routier », déclare la Direction des eaux d’Evian. Conséquence : à
terme, le transport par la route des 6 millions de bouteilles d’eau d’Evian qui
quittent chaque jour l’unité de production devrait être privilégié aux dépens
du rail. Les syndicats prévoient un flux de 220 camions par jour dans chaque
sens pour assurer la livraison des bouteilles d’eau. Soit un camion toutes les
2 minutes sur la D 903 ou les N5 puis 206. Le rapport actuel (70 % des
livraisons par le rail et 30 % par la route) serait inversé à terme. Or la voie
ferrée Annemasse-Thonon ne semble rentable que grâce au trafic généré par les
eaux d’Evian…Cette politique porterait un coup sérieux à l’unique liaison
ferroviaire internationale (avec la Suisse). Buvons
plutôt de l’eau du robinet ! (Le Monde, 11-12 avril)
Plus
généralement, les transports sont, en France, avec 28 %
des émissions de CO2 la première source d’émissions de gaz à effet de serre.
Or, cinq ans après le terrible accident dans le
tunnel du Mont Blanc, la situation dans la vallée de Chamonix ne fait
qu’empirer : depuis 1985, le transport routier a presque doublé tandis que
le transport par rail diminue. Jusqu’à 1500 poids lourds s’engouffrent chaque
jour dans le tunnel. L’Association pour le respect du site du Mont Blanc
réclame l’introduction d’une taxe sur les poids lourds à l’image de la RPLP en
vigueur en Suisse, l’interdiction de circuler la nuit et le renforcement des
contrôles des camions. (La revue durable numéro 10) Et nous, à Montrouge, on fait quoi, avec nos
70 000 véhicules /jour sur la N 20, et nos 15 000 véhicules /jour sur
l’avenue Marx Dormoy et autant sur la rue Gabriel Péri ?
Avec 25 % des émissions de CO2, les bâtiments sont, en France, la deuxième source
d’émissions de gaz à effet de serre. Huit industriels de la construction ont
créé le collectif Isolons la terre contre le CO2. Ils proposent un plan en 4 points :
renforcer tous les cinq ans les normes pour ramener, d’ici à 2015 la
consommation d’énergie pour le chauffage et le rafraîchissement des nouveaux
bâtiments à 50 kwh/m2/an contre 100 selon la norme actuelle ; rénover
chaque année 400 000 logements pour réduire leur consommation à 50 kwh/m2/an
(les bâtiments d’avant 2000 consomment en moyenne de 200 à 375
kwh/m2/an) ; rendre obligatoire, lors de travaux de rénovation,
l’application des techniques et des produits exigés pour les constructions
neuves; imposer l’affichage de la consommation énergétique des bâtiments.
La revue
durable numéro 10
Incinérateurs : Une étude réalisée par l’Institut national de santé et de recherche médicale sur les 70 incinérateurs de la région Rhône-Alpes et leur incidence sur la naissance d’enfants malformés conclut que « les risques significatifs pour les populations exposées sont observées pour les anomalies chromosomiques et autres malformations majeures ». Et, à Besançon, le risque de développer un lymphome malin (cancer) est 2,3 fois plus élevé pour les individus résidant dans la zone la plus exposée aux retombées de dioxines que pour ceux habitant la zone la moins exposée ». (Centre national indépendant d’informations sur les déchets, CNIID, 21, rue Alexandre Dumas 75011 Paris (01 55 78 28 60) Silence mai 2004
Le service public de la poste
menacé : L’association
des maires ruraux de France réclame au gouvernement un moratoire sur la
réduction de la présence de La Poste dans les zones rurales « tant que les
nouvelles règles de concertation entre La Poste et les élus locaux ne seront ni
connues ni mises en œuvre ». « Le point au delà duquel le service
public postal ne sera pas assuré dans un grand nombre de communes rurales est
atteint ». Ségolène Royal , présidente (PS) de Poitou- Charente, juge
« inacceptable le chantage que subissent les communes pour maintenir leur
bureau de poste ». Martin Malvy, président (PS) de la région
Midi-Pyrénées, estime qu’ « avec la disparition du rail, de l’hôpital ou
de La poste disparaissent tous les espoirs de développement des petites villes ».
Ile de France
Annonces de JP Huchon, président de région :
avènement d’une démocratie participative avec un observatoire des engagements
et conseil régional des jeunes ; conseil des territoires ; réduction
de la tarification de la carte orange pour les habitants de grande banlieue,
gratuité pour les chômeurs, extension des horaires des transports publics la
nuit et le week-end ; agence foncière pour stopper la spéculation sur les
terrains en particulier autour de Paris ; aide aux constructeurs, prêts à
taux zéro ; construire ou réhabiliter 240 000 logements en 6 ans ;
demander la présence de représentants des usagers au conseil d’administration.
Paris veut adapter la voirie aux motos et aux scooters. Pour faciliter le
stationnement, 1000 points d’accroche seront installés.
Les
motos, cyclomoteurs et scooters , qui ne représentent que 8% du trafic, sont
impliqués dans 56 % des accidents à Paris ; 48 % des morts et 50 % des
blessés graves sont des utilisateurs de ces deux-roues motorisés. Denis Baupin,
adjoint du maire de Paris, a annoncé l’élaboration d’une charte des
comportements où seront spécifiés les droits et devoirs de l’usager.
Montrouge :
Selon le Plan local d’urbanisme, la
population de Montrouge connaît des changements rapides et considérables. Sur
une population totale de 42 000 habitants au 1er janvier 2004, on
compte 13 000 nouveaux habitants entre 1999 et 2003 (et 9000 départs environ).
De
moins en moins de montrougiens travaillent sur place, sans quitter la
ville : 30 % en 1990, 20 % en 1999, 12 % en 2003.
Le
nombre d’emplois à Montrouge est en baisse : 23 000 emplois en1999 (baisse
de 12 % depuis 1990).
On
compte 21 742 logements en 1999, soit 1200 de plus qu’en 1990 ( en immeuble
pour les 9/10 ; 885 pavillons ou maisons de ville).
Les
logements sociaux représentent 21 % des résidences principales, et près
d’un quart des programmes en cours .
Associations : réunion organisée par ATTAC Montrouge, le mardi 2 juin à 20 h 30 à Montrouge, 6 rue Théophile
Gautier, sur le thème de « l’Europe ».
Pour protester contre l’encombrement de vos boîtes à
lettres remplies contre votre gré par les prospectus publicitaires, gardons
tous ces papiers, et, le 5 juin, nous les déverserons ensemble devant la
mairie : manifestation organisée
par RAP, résistance à l’agression publicitaire ,
53 rue Jean Moulin 94300 Vincennes 01 43 28 39 21 internet : antipub.net
(info communiquée par une Montrougienne)
Toujours
du nouveau sur le site (pertinent et impertinent) de Montbouge le journal local qui tord le
cou aux idées reçues. ( www.montbouge.net)
On
peut aussi consulter le site http://perso.wanadoo.fr/citoyens-a-montrouge
(et y lire notamment les anciens numéros, des notes de lecture, …)