Citoyen du monde à Montrouge
numéro 10
Juin 2004
Que faire ?
Les principales considérations qui doivent nous guider pour orienter l’action publique sont les suivantes :
-
la question écologique (avec la menace de changement climatique due
à l’effet de serre, c’est la survie de l’humanité qui est en jeu ;
l’épuisement des ressources fossiles et en particulier du pétrole nous obligent
à remettre en cause notre conception du « développement » et de la
« croissance ») ;
-
la question altermondialiste (de la misère et de la
frustration se nourrissent l’obscurantisme et le fanatisme, mettant le monde en
danger : il faut rechercher une répartition des richesses plus équitable
entre les peuples ) ;
-
la question sociale (le chômage massif, la précarité croissante, en
particulier pour les jeunes, sont à l’origine de la plupart des maux de notre
société).
A partir de tels attendus,
peut-on imaginer des futurs acceptables,
ou même, mieux, désirables ? OUI !
Mais ce n’est pas en « laissant
faire » le marché : le libéralisme économique, incapable d’anticiper,
ne peut que conduire à des inégalités accrues, la misère pour le plus grand
nombre, la violence et la guerre.
Nous devons adopter une démarche
volontariste, prospective, démocratique. Dessiner ensemble notre
avenir : quels sont nos besoins ? (santé, éducation,
transports, logement, alimentation, habillement, culture ; mais aussi
considération, emploi, temps libre) ; quelles sont les contraintes ?
(matières premières et sources d’énergie limitées, nécessité de réduire la
production de gaz à effet de serre).
Pour que ces contraintes
ne nous gâchent pas la vie, nous devons rechercher dès aujourd’hui toutes les
économies d’énergie possibles, et développer l’utilisation des énergies
renouvelables. Cela a des conséquences concrètes au sujet des principales
sources de pollution et de consommation d’énergie que sont les transports
et le logement. Eviter les déplacements inutiles : en limitant la
dispersion de l’habitat (réhabilitation des centres villes, en y acceptant une
plus grande densité de population) ; en développant partout où c’est
possible le travail à distance ;
en évitant d’importer de pays lointains des marchandises disponibles
localement ; en faisant payer aux transports un « juste prix »
qui prenne en compte à la fois le coût des nuisances générées sur
l’environnement, et la spoliation des générations futures par la consommation
de ressources non renouvelables. Privilégier
les transports économes en énergie : bicyclette, transport maritime
ou fluvial, transports en commun. Inciter à une meilleure isolation des
logements, développer l’utilisation d’énergies douces pour le chauffage et
l’eau chaude, développer l’utilisation d’appareils électriques plus économes .
Ces politiques sont
créatrices d’emploi. En outre, le renchérissement des transports diminuera l’intérêt (pour
les entreprises) des délocalisations et donc, en freinant la
désindustrialisation, maintiendra sur place des emplois qui sinon seraient
menacés.
Mais la question de l’emploi
doit être vue plus globalement. La satisfaction de nos besoins (nouveaux
logements, nourriture, soins, vêtements, etc) nécessite des matières premières
(dont certaines ne sont pas renouvelables : la question de la récupération
va prendre une importance grandissante), de l’énergie, de la science et de la
technologie (qui devraient être gratuites, comme « biens communs de
l’humanité », une fois faite la part de la légitime rémunération des inventeurs), et du « temps de
travail ». L’élaboration démocratique d’un plan pour les cinq et
les vingt années à venir devrait permettre d’estimer le temps de travail total nécessaire, et d’ajuster ainsi la
durée de travail de tous, afin que
chacun trouve effectivement un emploi, et ainsi sa place dans la société. Nul
doute que cet exercice permettrait de constater que la durée hebdomadaire de
travail pourrait être abaissée bien au dessous des 35 heures, et que l’on
pourrait permettre à tous les travailleurs qui le désirent de prendre leur
retraite bien avant soixante ans.
Cette démarche, redonnant
pleinement à chacun ses droits de citoyen, peut se décliner à tous les
niveaux de décision : mondial, Européen (il est important que les pays
riches montrent aux pays pauvres la voie d’un développement plus respectueux de
la planète), national, régional, départemental, communal.
Le monde nous appartient,
il sera ce que nous en ferons. La société du temps
libéré est à notre portée.
Bonnes nouvelles : démocratie vivante en Inde, une victoire pour les
pays pauvres producteurs de coton, …
L’Inde, la plus grande démocratie du monde, a,
contrairement aux pronostics, renvoyé les nationalistes hindous dans l’opposition, et assuré la victoire de
Sonia Gandhi et du Parti du Congrès, qui annoncent un gouvernement fort, stable
et laïque, qui veut agir pour les oubliés de
la croissance.
25000 producteurs de coton états-uniens se partagent
3 à 4 milliards de subventions. Les Etats-Unis sont le deuxième producteur
mondial, et alors que leur coton n’est absolument pas compétitif, ils exportent
68 % de leur récolte, et inondent ainsi, grâce à ces subventions, le marché
mondial dont ils tirent les prix vers le bas. En face, les producteurs
brésiliens et africains n’ont plus qu’à vendre leur production au rabais. En
Afrique, le coton fait vivre 15 millions de personnes. Les Africains ont
demandé en septembre dernier à la conférence de Cancun, la fin des subventions
au Nord et le paiement de compensations.
Le 26 avril, un rapport intermédiaire de
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) leur a donné raison et a condamné les subventions accordées par les Etats-Unis
à leurs producteurs de coton. (Alternatives Economiques, juin 2004)
La cour d’appel de Santiago vient de lever l’immunité parlementaire de M. Pinochet.
L’ancien dictateur du Chili a fait l’objet de plus de 300 plaintes
au Chili pour enlèvements,
tortures, disparitions et exécutions. L’opération Condor, plan des dictatures
sud-américaines pour éliminer leurs opposants dans les années 1970 et 1980,
fait l’objet d’enquêtes en Espagne et en Argentine. (30 mai Le Monde)
Fin annoncée de 20 ans de guerre au Soudan (27 mai Le Monde)
Pollution chimique :
« L’espèce humaine est en danger ». A
l’occasion d’un colloque à l’Unesco, de nombreuses personnalités, notamment du
monde de la recherche (Jean Bernard, Jean-Pierre Changeux, François Jacob, ….)
lancent l’ « appel de Paris » et réclament l’application du principe
de précaution avec l’interdiction de produits chimiques qui, en polluant l’air,
l’eau ou l’alimentation, représentent des dangers pour l’homme : « en
Europe, 15 % des couples sont stériles », « un enfant sur sept
est asthmatique ». Des pesticides autorisés en France seraient
dangereux. 92 substances actives utilisées sur le marché sont soupçonnées
d’être cancérigènes. (8 mai
Le Monde)
Fin du pétrole :
Le cours du baril de pétrole brut atteint des records
(41,85 $). Cela n’est bien sûr pas sans incidence sur le transport aérien
et routier: British Airways augmente ses tarifs de 3,7 euros sur ses vols intérieurs, et 3,4 euros hors Royaume-Uni ;
et depuis janvier, le gazole ( qui
représente 21 % du coût d’exploitation d’un poids lourd) s’est renchéri de
11,3%.
Les pays les plus pénalisés sont les pays pauvres.
Ainsi, la pénurie d’énergie menace la croissance argentine. Le
gouvernement a relevé la taxe sur l’exportation des produits pétroliers de 20 à
25 %, et celle sur les exportations de gaz de 5% à 20%. Dans les
stations-services et pour les usines, le gaz a augmenté de près de 40%. Cette
augmentation touche durement les plus pauvres. Plus de 36 % ne disposent pas du
gaz naturel, et près de 60% vivent dans l’extrême pauvreté. Les spectacles et
les matches de football nocturnes seront suspendus, et l’illumination publique
sera réduite. (21 mai Le Monde)
« La Chine a consommé 6,3 millions de
barils par jour en février 2004 : c’est le niveau qu’on anticipait pour
2010, au début de la décennie ! » observe, dans Le Monde du 7 mai
Philippe Chalmin, professeur à Paris IX Dauphine, qui ajoute qu’« il est
dangereux pour l’humanité que le pétrole
soit trop bon marché, car cela incite à le gaspiller au lieu de préparer
son remplacement » (il a
raison, mais malheureusement, dans le cas des transports, on n’a pas vraiment
de solution de remplacement …). Dans le même sens, Jean-Charles
Hourcade, directeur de recherches au CNRS, dans Le Monde du 25 mai,
écrit : « Tant que, au journal télévisé de vingt heures, on
expliquera à chaque hausse que l’Etat s’en met plein les poches, au lieu
de dire que nous payons notre énergie à
un prix bien inférieur à ce qu’il devrait être, on se rapprochera du moment de
la raréfaction du pétrole ».
Cela n’empêche pas Christian Chavagneux, dans Alternatives
économiques de juin 2004 dans un article consacré aux matières premières,
mais surtout au pétrole, de réussir le tour de force de ne pas parler de
l’épuisement programmé des ressources, et de conclure : « pas
(encore) de quoi s’affoler ».
Ni Didier Migaud, ancien rapporteur du budget, PS,
d’écrire (Le Monde du 14 mai ) : « il convient de
stopper l’augmentation de la facture pétrolière subie par les ménages ». Après
nous le déluge !
La CNUCED (conférence des Nations-Unies pour le
commerce et le développement) constate que « la mondialisation a
peu d’effet sur la pauvreté de masse et peut, au contraire, aggraver
la balance commerciale des pays les plus pauvres ». « Ce sont les
pays qui s’étaient ouverts modérément au commerce extérieur, et non ceux qui
étaient le plus ouverts qui ont connu les plus grands progrès en termes de
croissance des exportations et de la consommation. » C’est ce que dit
ATTAC depuis l’origine.
La Cnuced appelle les pays riches à une cessation
rapide des mesures de soutien à l’agriculture qui portent atteinte aux pays les
moins avancés.
L’Organisation mondiale de la
Santé rappelle la nécessité absolue de développer les traitements antisida dans
les pays pauvres : dans le monde, 3 millions de personnes sont mortes
du sida en 2003, et 40 millions vivent avec le Sida (7 %
seulement d’entre elles reçoivent un traitement médical).
La France
se prépare à proposer en septembre, lors des assemblées générales des
Nations-Unies, du FMI et de la Banque Mondiale, une proposition pour l’aide
mondiale au développement. J. Chirac a mis en place une commission,
présidée par Jean-Pierre Landau, pour explorer les pistes susceptibles de
financer la réduction de la pauvreté dans le monde : taxation des
transports aérien et maritime ou des transactions boursières ;
possibilité, en cas d’absence d’un consensus mondial, d’introduire des taxes au
niveau européen sans pour autant affecter la compétitivité de l’Europe.
Selon Henri Rouillé d’Orfeuil,
président de coordination sud, fédération de 120 associations françaises, qui
participe à cette commission (aux côtés de personnalités aussi différentes que
Jacques Cossart, d’ATTAC, et Anne Lauvergeon, présidente d’Areva), « il
manque 50 milliards de dollars pour atteindre les objectifs fixés dans le
programme du Millénaire des Nations-Unies –diminuer de moitié la pauvreté dans
le monde d’ici 2020. » (15 mai,Le Monde)
OMC : les ministres du
commerce de 28 des 148 pays que comptent l’OMC se sont retrouvés à Paris le 14 mai pour fixer les grandes lignes d’un
compromis, avant de parvenir fin 2004 à un accord précis et chiffré sur le
nouveau cycle de Doha, censé profiter aux pays en développement. Les
commissaires européens Pascal Lamy et Franz Fischler, chargés
respectivement du commerce et de l’agriculture, proposent de supprimer les
subventions à l’exportation de produits agricoles. Mais Jacques Chirac
critique cette initiative européenne !... (15 mai,Le Monde)
Jacques Chirac s’apprête, à la réunion du G8 du 8 au 10
juin, à plaider pour une croissance durable et équitable, le
développement, le partenariat avec l’Afrique et la lutte contre le sida ;
ainsi que pour la taxation internationale (dont les américains récusent le
principe). Il insiste sur la nécessité absolue du respect des droits de l’homme
et de la règle de droit (20 mai,Le Monde), ce qui ne l’empêche pas de
dérouler le tapis rouge pour Vladimir Poutine…
Le Soudan, qui massacre
ses propres citoyens dans la province du Darfour, est élu à la Commission des
droits de l’homme de l’ONU ! Selon le directeur du Programme alimentaire
mondial, la situation au Darfour est « l’une des pires crises humanitaires
du monde », ayant provoqué le déplacement forcé d’un million de personnes,
dont près de 100 000 sont réfugiées au Tchad voisin. (6 mai,Le Monde)
Etats-Unis d’Amérique : Déficit commercial record aux Etats-Unis : 46 milliards de dollars en mars 2004
( dont 12 milliards pour la facture
pétrolière ; et 10,4 de déficit commercial avec la Chine). Le Monde du
14 mai
Mépris des droits de l’homme : En Afghanistan
aussi, les familles des personnes arrêtées par les Etats-uniens perdent toute
trace de leur proche, souvent pendant des semaines ou des mois. Les méthodes
d’identification et de fouille corporelle poussée de détenus dénudés, qui sont
pratiqués par l’armée, choquent particulièrement les Afghans. (Le Monde du
27 mai )
Chine : M. Wang, vice-président des industries textiles chinoises :
« notre développement est basé sur la destruction de l’environnement et
l’épuisement des ressources naturelles. Ce modèle n’est pas possible à long
terme. Maintenant nous manquons d’eau, de céréales, de coton, … » (Le Monde du 6 mai )
En 2003, la Chine aura consommé 7 % du pétrole
consommé en tout dans le monde, 25 % de l’aluminium, 27 % de l’acier, 30 % des
minerais de fer, 31 % du charbon et 40%
du ciment. Un déficit commercial est apparu pour la première fois au 1er
trimestre 2004. Pour Pékin, la dépendance accrue à l’égard des
approvisionnements énergétiques est considérée comme un péril
stratégique. Le degré d’économie en énergie est devenu un des critères de
sélection des projets d’investissements étrangers en Chine. Pour ralentir la
croissance des industries les plus gourmandes, Pékin verrouille le crédit pour
les secteurs en surchauffe (immobilier, ciment, sidérurgie). (Le Monde du
25 mai )
Depuis l’été 2003, la Chine connaît des pénuries
d’électricité qui touchent 21 régions sur 31, et la situation ne fait
qu ‘empirer. En 2004, il manquera 30 000 MW au pays. Les mines de charbon,
réactivées, peinent à satisfaire la demande. EDF tente d’être le partenaire
privilégié dans le domaine du nucléaire, mais la concurrence avec les
Américains s’annonce féroce. (Le Monde du 25 mai )
TCL, la grande entreprise chinoise de l’électronique, premier producteur mondial de téléviseurs, amorce son internationalisation. Alcatel lui a confié 55% de sa branche de téléphonie mobile. (Le Monde du 6 mai)
La Chine est devenue en 2002 le premier consommateur
mondial de bière, devant les Etats-Unis. (Le Monde du 13 mai )
Venezuela: Les oligarchies
vénézuéliennes et colombiennes cherchent depuis longtemps à renverser le
président Chavez. Une centaine de
paramilitaires colombiens, venus dans ce dessein, ont été arrêtés. (Le Monde
du 18 mai )
Haïti et République Dominicaine : Les pluies diluviennes font
au moins 500 morts (un effet du réchauffement de la planète ?) (Le
Monde du 27 mai )
Russie : Amnesty international
dénonce la poursuite de « crimes de guerre » en Tchétchénie,
« les enlèvements et exécutions sommaires de civils »perpétrés par
« les forces fédérales et tchétchènes prorusses, pratiquement en toute
impunité ». Vladimir Poutine critique les organisations de défense des
droits de l’homme. Deux jours après l’attentat à la bombe qui a causé la mort
du dirigeant tchétchéne pro-russe, il nomme le fils de celui-ci, qui dirige une
milice de plusieurs milliers d’hommes, vice-premier ministre de Tchétchénie.
Projet de « constitution »: les deux sujets qui divisent le plus le Conseil Européen : la pondération des voix au conseil et l’ éventuelle référence à l’héritage chrétien de l’Europe. Mais il est choquant que l’ Assemblée prochainement élue n’aura pas à se prononcer, et que le traité en cours de négociation ne laisse aucune place à des alternatives au libéralisme, quand bien même elles seraient souhaitées par la majorité des citoyens !
Et comme l’observe un fonctionnaire de la Commission
: les Etats (et en particulier la France et l’Allemagne) « ont laissé
passer le débat sur la Constitution sans y introduire la question de la fiscalité. Ils récoltent ce qu’ils ont
semé. Ils vont avoir à affronter des Etats qui feront cavalier seuls pendant
longtemps ».
En effet, les uns après les autres, les pays de
l’élargissement baissent leur taux de l’impôt sur les sociétés , rêvant de
connaître à leur tour le miracle irlandais, où celui-ci n’est que de 12, 5%. Il
est bien temps pour Paris et Berlin de dénoncer ce dumping fiscal ! « Si les nouveaux Etats membres
maintiennent leur faible fiscalité et font financer leurs infrastructures par
l’UE, il va falloir qu’on discute », a déclaré Gherard Schröder.
La commission européenne a publié un Livre blanc sur
les services publics. Elle précise qu’il
appartient aux autorités compétentes, sur le plan national, régional et local,
de « définir, organiser, financer et contrôler » ces services sans
qu’il soit nécessaire de « conférer des pouvoirs supplémentaires à la
Communauté ». L’évaluation des
services d’intérêt général doit se fonder « non seulement sur des critères
d’efficience économique, mais aussi sur des critères sociaux, économiques et
environnementaux à caractère général ». Bonnes intentions sans guère de
portée ? selon les traités , leur financement, en effet , ne doit
pas fausser la concurrence…
L’Union Européenne n’a pas atteint les objectifs
fixés en 1997 sur les énergies renouvelables :
produire en 2010 12 % de sa consommation d’énergie, à partir d’énergies
renouvelables. Cette part, qui était de 5,4% en 1997, n’est montée qu’à 6% en
2001. Seule la progression de l’éolien a été supérieure aux attentes. L’éolien
produit 2,4% de l’électricité en Europe et 16 % au Danemark. Les Européens sont
leaders de ce secteur, qui emploie 72 000 personnes – 3 fois plus qu’en 1998-
et a permis de diviser par deux le coût du kwh en 15 ans. L’Allemagne, l’Espagne et le Danemark
représentent 84 % des capacités éoliennes. La France est très en retard.
L’Union Européenne a fixé un objectif de 2% de biocarburants en 2005, 5, 75 % en 2010. La
Confédération paysanne est favorable aux biocarburants, mais en soulignant
qu’ils « ne doivent pas entrer en concurrence avec l’alimentaire »,
ni se développer à grands renforts d’insecticides et d’OGM. L’agence de
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie observe que « compte tenu
des zones cultivables disponibles et de la rotation des cultures, le potentiel
des biocarburants est aujourd’hui limité à 4, 5% de l’utilisation de
carburants, loin des 5,75 % de la directive ».
La commissaire européenne à l’environnement
s’apprête à lancer des procédures d’infraction contre les six Etats membres
–dont la France- qui n’ont pas transmis
à temps leur plan national d’allocation de quotas d’émission de gaz à effet de serre.
L’Union Européenne et la Russie
resserrent leurs liens : notamment en négociant un accord commercial (qui ouvrirait à la Russie la
voie de l’adhésion à l’organisation mondiale du commerce), l’Union Européenne
insiste pour que la Russie ratifie le protocole de Kyoto, et appelle à un
processus négocié en Tchétchénie (tentative « insensée » selon
Moscou).
L’Union Européenne a trouvé avec la Suisse un accord de coopération sur la fiscalité. Le compromis ménage la tradition de
secret de la finance helvétique. Berne accepte de taxer à la source (35 % à terme) les intérêts de l’épargne
entreposée dans les coffres de ses banques par des non-résidents installés dans
l’Union , et de reverser une partie de ces recettes aux Vingt-Cinq. Cette
retenue s’appliquera aussi au Luxembourg, à l’Autriche et à la Belgique. La
Suisse intégrera en 2006 l’espace Schengen.
La France a
été autorisée par la commission européenne à utiliser les terres en jachère pour faire
pâturer les animaux (il faut pour cela l’accord de
Bruxelles !)
Devinette : quel est l’homme le plus
riche du monde ? (solution en page
4)
Slovaquie : le ministre slovaque de
l’économie a laissé entendre que son pays pourrait construire deux nouveaux réacteurs nucléaires à Mochovce, à 140 km à l’est
de Vienne, afin de compenser la fermeture des deux vieux réacteurs de la centrale de Bohunice, considérés comme trop
dangereux par l’union européenne. Ce
projet suscite un rejet unanime de tous les partis politiques autrichiens. La
Slovaquie souhaite rester exportatrice d’énergie électrique.
France : Galère des
jeunes :
Forte recrudescence des emplois non qualifiés,
surtout parmi les jeunes, les femmes et les immigrés : 2,5 millions en
1996, 3 millions en 2002. Avec les temps partiels, ces effectifs
atteignent près de 5 millions, soit près de 25 % de l’emploi
salarié. Au bout de trois ans dans le monde du travail, six jeunes sur dix,
titulaires d’un CAP ou d’un BEP, occupent toujours un emploi non qualifié, pour
un bachelier sur deux, et un « bac +2 » sur trois .
En 1992, l’année la plus noire pour le chômage des
jeunes, un jeune sur deux, au sortir de l’école ou de l’université, a démarré
sa vie professionnelle par un emploi non
qualifié. Entre 1998 et 2001, malgré une période plus faste, 38 %
d’entre eux étaient toujours contraints d’en passer par ce « sas ».
Trois ans après leur entrée dans la vie active, en 1995 comme en 2001, 50 %
étaient toujours dans ce type de poste.
Les jeunes sans acquis scolaire ni diplôme
se heurtent à la concurrence, sur des emplois de leur niveau, des plus
diplômés qu’eux. Plus souvent au chômage et privés de « petits
boulots », ils se retrouvent souvent aux frontières de la marginalité.
Les handicapés et les Maghrébins sont les premières
victimes des discriminations à l’embauche,
selon une enquête menée à l’université Paris- I , pour le compte de la société
de travail temporaire Adia.
A lire dans Alternatives économiques de
juin :
Les stages se généralisent parmi les
étudiants de l’Université. Le stage est devenu un passage obligé pour qui veut
décrocher un emploi. Mais peu de stages
débouchent sur une embauche. Peu ou pas rémunérés (cinq fois moins chers qu’un
CDD), ils constituent une opportunité en or pour les entreprises, et pénalisent
l’emploi.
18 % d’augmentation, en moyenne …mais, ne
rêvons pas, seulement pour les patrons du CAC 40 ! Lindsau Owen-Jones,
PDG de l’Oréal, arrive en tête avec un salaire brut de 6,57 millions d’euros,
soit 550 années de SMIC (Politis 13 mai ). Pensez-y quand vous faites vos
achats !
M. Raffarin annonce une amnistie fiscale pour les capitaux cachés à l’étranger, moyennant une taxe modeste. Encore un cadeau pour les riches !
Le gouvernement engage la réforme des statuts juridiques d’EDF et de GDF. On connaît le discours, il a déjà servi pour France Télécom. Par exemple sur les bienfaits de la concurrence. Mais la pluralité des opérateurs n’empêche pas les ententes sur le dos des clients. Comme l’indique l’Union fédérale des Consommateurs, à propos des SMS : « chaque opérateur réalise la marge exorbitante de 80 % sur chaque mini-message, qui ne lui coûte en fait que 0,02 euro ! Avec un SMS au prix unique de 0,15 euro, les opérateurs ont donné l’illusion, à la jeunesse en particulier, d’un juste prix, alors qu’ils maintiennent en dehors de toute concurrence ce prix inique depuis 1999 » !
Trois associations écologistes se sont donné
rendez-vous le 25 mai devant le concessionnaire Mercedes-Benz des
Champs-Elysées, pour remettre au constructeur le premier prix Tuvalu du
dérèglement climatique. (Le Monde du 28 mai ). Ils pourraient nous
donner des idées !…
L’obésité ne cesse de
progresser : elle touche en France près de 12 % de la population, contre
6% en 1990. Elle provoque des problèmes respiratoires, veineux, des risques
accrus de cancer, des maladies cardio-vasculaires. Elle résulte d’une
alimentation déséquilibrée et d’une inactivité physique. C’est la deuxième
cause de mortalité aux Etats-Unis, juste après le tabac.
Ecole : Le redoublement accroît les
risques d’échec scolaire. Une étude confirme l’inefficacité et les effets pénalisants de cette
pratique pédagogique, surtout à l’école primaire : moins de 10 % des
élèves ayant redoublé la classe de CP obtiennent leur bac.
Les pays européens se classent en deux
groupes : ceux qui ont recours au redoublement (Allemagne, Pays-Bas,
Belgique, Luxembourg, Autriche, Italie, France, Espagne, Portugal et Grèce) et
ceux qui l’interdisent pour pratiquer la promotion automatique (Irlande,
Royaume-Uni, Danemark, Suède, Finlande, Islande, Norvège). Au Danemark, par
exemple, l’élève est accompagné, pendant les neuf années que dure la scolarité
obligatoire, par le même professeur principal. S’il rencontre des difficultés,
il bénéficie d’actions de soutien et de
rattrapage, et de l’aide d’un personnel spécialisé (psychologues,
orthophonistes). La Finlande figure en tête du palmarès établi par l’OCDE, pour
les résultats obtenus par les élèves (alors que la France se situe juste
au-dessus de la moyenne, sauf pour les mathématiques). (Le Monde du 28 mai ).
Jacques Chirac souhaite que la Charte de l’environnement soit inscrite dans la
Constitution : chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré
et favorable à sa santé . Toute personne a le devoir de prendre part à la
préservation et à l’amélioration de l’environnement (…) principe de précaution
(….) les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable (…). L’insertion
du droit à la protection de l’environnement dans la Constitution constitue,
dans son principe, une évolution positive. Bien sûr, le MEDEF n’est pas
favorable…
La France attire les investisseurs
internationaux : elle se situe pour 2003 au deuxième rang européen
derrière la Grande Bretagne. Et pourtant, que n’entend-on sur les sacrifices
que devraient faire les salariés pour sauvegarder notre compétitivité …
Associations : réunion organisée par ATTAC Montrouge, le mardi 2 juin à 20 h 30 à Montrouge, 6 rue Théophile
Gautier, sur le thème de « l’Europe ».
Toujours
du nouveau sur le site (pertinent et impertinent) de Montbouge le journal local qui tord le
cou aux idées reçues. ( www.montbouge.net)
On peut aussi consulter le site http://perso.wanadoo.fr/citoyens-a-montrouge (et y lire
notamment les anciens numéros, des notes de lecture, …)Si vous souhaitez que
cette lettre mensuelle soit adressée à d’autres personnes de votre
connaissance, indiquez leur adresse électronique à jean-paul.alletru@wanadoo.fr.
Si vous souhaitez ne plus la recevoir, ou si vous voulez faire part de
réactions, commentaires, informations, faites le savoir par un message à cette
même adresse.